CHAPITRE XVI
collective, le pauvre ne peut plus sufTire à la charge d’élever ses enfants. Les riches lui crient avec Malthus d’en limiter le nombre, et, comme si le fait constituait le droit, ils s’empressent d’abaisser les .salaires dans la même proportion. Non-seulement le petit ouvrier de Paris n’a plus de dimanche; mais, au delà de deux enfants, il est dans l’indigence. Sur cette pente glissante, la tentation naturelle est d’abord de stériliser le mariage, puis de ne plus se marier. Le lien indis.soluble et fécond du droit naturel, consacré par la religion , fait place à d’inconstantes et d’égoïstes unions, et, au lieu du frein de la foi et de la piété, l’État ' n’a, pour lutter contre le malthusianisme et le concubinage, que la fausse et impuissante formule du mariage civil, dont on trouve bientôt plus commode de se passer également. Ainsi se perd , avec les mœurs, le respect mérité de 1a femme. Ainsi , par un système aussi inepte au point de vue économique que coupable au point de vue moral , se tarit peu à peu la population , c’est-à-dire la première richesse d’une société. En effet, l’éducation des enfants est le capital le mieux placé, et les 1,000 ou 1,200 francs que coûte chacun d’eux, ne .sont rien en comparai.son de ce qu’ils produisent eux-mêmes à l'àge viril. Un pays réduit à leur refuser le jour, parce qu’il n’aurait pas de quoi leur faire celte misérable avance, serait, par ses honteux calculs, au-dessous du plan-