‹ L'encyclique du 8 décembre 1864 et les principes de 1789;Chapitre 124 sur 219 · Prop · texte numérisé non relu

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LIBERTÉ CIVILE SANS L’ÉGLISE. 2ül

leur d’Amérique, qui savait s’enrichir en multipliant ses noirs.

Comme on pouvait s’y attendre, pour qui n’a rien, le droit commun , la liberté sociale , la liberté politique et la liberté religieuse ne sont qu’un leurre. Son corps est à jamais condamné à la fatigue, son esprit à l'ignorance, son cœur à la peine, son foyer à la solitude, ses rares enfants au doute ou à la séduction. Si, heureusement , il n’en est pas ainsi partout , c’est grâce à des vertus et à des traditions tout à fait indépendantes de cette prétendue civilisation, et au sein de la capitale, où elle exerce tout son empire, le mal est aussi le plus grand. 11 est donc permis de dire que le laissez-faire , le laissez-passer, l’abdication de l’Église et de l’État, ne profitent qu’à une nouvelle aristocratie, non moins absolue, non moins exclusive que les précédentes.

Ce n’est pas d’aujourd’hui que la liberté illimitée produit de tels fruits. La vieille féodalité, bardée de fer, s’en allait guerroyant sous un drapeau pareil, quand elle livrait 1e pays au pillage, et ouvrait carrière à toutes les ambitions. Ce fut pour les rois une occasion, commode et populaire, de supprimer la liberté politique et militaire, que ces turbulents seigneurs invoquaient , mais dont ils faisaient un si étrange abus. Un peu plus tard , le libre examen donna naissance à la féodalité des réformateurs et des sectaires, qui, par leurs excès et leurs désordres, forcèrent bientôt le pouvoir de confisquer la liberté de

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