‹ L'encyclique du 8 décembre 1864 et les principes de 1789;Chapitre 135 sur 219 · Prop. C5 à · texte numérisé non relu

Prop. C5 à

CHAPrrr.E xvii.

réellement s’unir, et alors le mariage civil, ne pouvant leur faire ni connaître ni respecter la sainteté de leurs engagements, est une vaine formule, un échelon glissant entre le lien religieux et le concubinage.

Cela étant, il serait très-simple de laisser les registres à l’État, la cérémonie aux prêtres de chaque culte, et de ramener ainsi le mariage civil à ce qu’il peut être en réalité, c’est-à-dire la constatation du mariage religieux. Dans la pratique, depuis que le divorce est aboli , cette question renferme beaucoup moins de difTicultés qu’on ne le pense au premier abord. Si le mariage civil avait eu la prétention de s’établir franchement, et de se donner à lui-même ses lois et ses conditions propres, il n’aurait jamais pu pénétrer chez un peuple catholique. Aussi ce n’est que furtivement, en calquant minutieusement les règles de l’Église, et en ramenant les juifs et les protestants, en dépit de leur liberté de conscience, au mariage catholique, qu’il est parvenu à s'insinuer dans la société moderne. 11 en est résulté que le mariage civil crée très-rarement des liens que la conscience ne puisse pas reconnaître plus tard. D’un autre côté, même chez ceux qui sont, en apparence, le moins croyants, on se regarderait comme déshonoré de ne pas se marier ù l’église, et l’on ne reçoit qu’en souriant cette bénédiction du maire, que M. Jules Simon voudrait, en vain, entourer d’une plus grande majesté. L’immense majorité est donc placée d’avance en dehors d’une modification , contre laquelle se révolte à peine une

VKniTÉ SOCIALE.

poignée de légistes et de libres penseurs. Puisqu’il y a si peu de chose à faire, pourquoi persister à maintenir un état de choses faux en principe, attribuant à la loi un droit qu’elle n’a pas, ne changeant rien aux mœurs des campagnes, mais créant, dans les villes, une sorte de moralité intermédiaire, qui mène rapidement du mépris de la foi au mépris de la famille? A quoi bon encourager, par une consécration légale, des unions passagères, que le vent emportera bientôt, en dépit du législateur?

Certes, il ne peut être question d’imposer le mariage religieux à une nation qui s’y opposerait. Mais, sous prétexte de liberté, une telle nation voudrait l’affaiblissement systématique de la famille, et, de l’état de nature qu’elle invoquerait, elle tomberait certainement, peu à peu, bien au-dessous de la nature, dans les vices les plus honteux. Au contraire, rendant au mariage religieux la place qu’il mérite, et puisant la moralité à sa vraie source, la loi verrait certainement diminuer, par le seul re.ssort de la conscience publique, les désordres de tout genre, dont la statistique croissante alarme justement les esprits sérieux, et que les peines coercitives sont impuissantes à réprimer.

La famille constituée, l’éducation est à la fois le premier devoir et le droit le plus sacré des parents. Or, <à moins de vouer les jeunes générations au doute et à l’incrédulité, il est indispensable que la religion ^ soit la base de tout enseignement primaire, secondaij-e

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