CHAPITRE XVIII
princijies que tout peuple, redevenu catholique, pourra et devra puiser dans sa Foi, et, chose non moins grave, ils condamnent ainsi tacitement le pouvoir temporel du Saint-Siège, pouvoir catholique par excellence, obligé par son titre même d'appliquer ces principes immuables.
Insensé qui voudrait encore lier les intérêts de l’Église aux utopies du passé ou aux utopies du présent! Ce serait précisément mettre obstacle à la paix, qui ne se fera que sur le terrain de la vérité. Aussi, au milieu du torrent qui nous emporte, ne nous rattachons ni aux branches fragiles de l’ancien régime, ni à celles de la révolution. Restons ce que nous sommes, c’est-à-dire catholiques avant tout, et mettons toute notre confiance dans la barque de saint Pierre, vraie planche de salut et seul lieu de réconciliation des âmes.
Cette tentative de pacification , si elle était l’œuvre de quelques hommes isolés, serait la plus chimérique qui se puisse imaginer. Sa raison d’être, c’est qu’elle répond à un besoin de notre temps. Les partis les plus violents ne croient plus en eux-mêmes. Les masses poursuivent et veulent l’unité morale , et aristocraties, dynasties, constitutions, gouvernements seront brisés s’ils ne satisfont pas cette aspiration invincible.
Au point de vue de la politique générale, comme à celui de la politique intérieure, Rome seule peut apaiser les haines et les rivalités qui consument
VKHITÉ POLITIQUE.
l’Europe. Rien de grand, rien de généreux ne réussira que par l’union intime des nations catholiques. Tout effort de l’ancien régime ou de la révolution tournera au profit de l’Angleterre ou de la Russie, jusqu’au jour où les peuples désabusés reconnaîtront l’impuissance et la stérilité de ces deux despotismes.
Quel enseignement que celui de la Pologne! Ce qui l’a perdue, c’est la poursuite d’une fausse liberté politique et religieuse. Sous prétexte d’indépendance, les nobles polonais n’ont pas su se donner un pouvoir fort, respecté, indiscutable. Ils ont usé en guerres civiles, en élections de souverains, l’énergie à employer contre l’ennemi. Sans nul doute, une bonne république eût mieux valu que cette monarchie perpétuellement en question, que cette nation condamnée, comme la Grèce moderne, à mendier des princes à l’étranger. Mais une république suppose précisément une aristocratie sage, calme, unie, des jnœurs simples, des lois respectées. Quand on ne possède pas ces éléments, il faut être trop heureux d’avoir une dyna.stie, quelle que soit son origine, et de la rendre nationale en la faisant durer. La Russie et la Prusse avaient la leur. Au lieu de demander des consultations à Rou.sseau, il fallait demander un prince ou un général à la France, et marcher avec lui comme un seul homme.
Même lumière sur la question religieuse. La Pologne ne restera Pologne qu’en restant catholique.