CHAPITRE II
clin d’œil , le tour du monde. Il y a soixante-quinze ans, le seul espoir de cet avenir faisait déjà battre le cœur de nos pères. Aujourd’hui , ne jouissons-nous pas des splendeurs de la réalité? Les forces de la civilisation ont décuplé en nos mains. Les idées modernes sont appliquées partout, en Autriche comme en Italie, en Espagne comme en Belgique, en France comme en Amérique. Et c’est à une pareille puissance que le Pape ose jeter un défi! C’est cette activité colossale qu’il prétend soumettre aux lois de l’Église! C’est cette immense fièvre de richesse et d’indépendance qu’il espère calmer en n’ayant à lui offrir pour type de perfection que le plus chétif et le plus pauvre des États! Pour qui ne va pas plus avant, cela peut paraître une tentative désespérée.
Ainsi , à la surface , tout est éblouissant. Mais, que l’on perce cette première écorce : l’aspect change tout à coup. Le malaise des esprits, les souffrances de l’Europe et du monde contrastent singulièrement avec la magie des progrès matériels. Comme le père Lacordaire l’écrivait, il y a déjà longtemps : « La guerre’ est en Europe, quoique les armes soient pendues aux murs, et que l’araignée semble y avoir tendu dans la poussière un fil paisible. »
Partout la foi religieuse et le sentiment national, ces deux sources premières où l’homme puise ses joies et sa dignité, sont troublés par de cruelles violences.