Lettre sur le Saint-Siège
OPPOnrUMTK DE L’ENCYCLIQÜE. TJ
Ij’Jtalie, depuis des siècles la proie de l’étranger, aspire à réaliser la pensée traditionnelle des papes, et à se liguer contre les barbares du Nord ; mais c’est au prix de sa foi et de son autonomie que le Piémont prétend lui faire acheter sa délivrance. Brisée par la réforme, l’unité allemande n’existe plus qu’en rêve. L’Irlande s’épuise lentement, pressurée par l’Angleterre. La Pologne ne compte plus ses années que par ses essaims de martyrs. A la honte du xix® siècle, le croissant plane encore sur la tête des cbiétiens d’Orient, qui souffrent comme au moyen âge, sans plus exciter l’élan des croisades. L’Asie croupit dans la barbarie. Jusqu’à ce jour l’Amérique s’est déshonorée par l’esclavage, et sa liberté même est mise en péril par les violences d’une guerre fratricide. Les nations chrétiennes consument, à se surveiller mutuellement, des trésors et des armées dont la dixième partie suffirait à conquérir et à civiliser le monde entier.
Ce n’est pas tout. Au sein des peuples les plus vivaces, les libertés locales disparais.sent. Communes et provinces font place à une bureaucratie raffinée, qui dispense chacun de penser et d’agir, et qui accumule au centre de quelques grands États le soin et la responsabilité de tout. Appliquée au travail, cette centralisation supprime les petites industries, assure le triomphe des gros capitaux , et, créant d’un aôté une véritable féodalité financière, de l’autre augmente de plus en plus la multitude des prolétaires.