‹ L'encyclique du 8 décembre 1864 et les principes de 1789;Chapitre 160 sur 219 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

En France, l’immense majorité offre le curieux spectacle d’hommes baptisés, ayant fait leur première communion , qui ne voudraient pas mourir sans se confesser, mais qui, tout en ayant la foi, seraient bien aises, pendant qu’ils sont jeunes et bien portants, de se persuader, provisoirement, que Jésus- Christ n’est pas Dieu. L’attaquer en face et lui contester sa divinité , bien peu l’oseraient. Cependant, sans se l’avouer, ils sont satisfaits que de plus impies qu’eux s’en chargent, et ils accordent succès, popularité, faveurs à ces blasphémateurs, qu’au fond ils méprisent. Par contre, ils déclament contre les prêtres et les religieux, qu’ils estiment. secrètement. Leur inconséquence va si loin que tel voterait aujourd’hui la suppression et l’exil des Jésuites, qui, demain, leur rendra le plus éclatant hommage en leur confiant l’éducation de ses fils. On tient à avoir une femme pieuse, des enfants chrétiens, et, en même temps, on ' se fait un point d’honneur de se retrancher, contre eux, dans une incrédulité factice, qui n’est que l’hypocrisie d’un scepticisme intéressé.

C’est grâce à la foi latente de cette grande majorité d’hommes qu’en France et en Belgique, l’Église a pu, malgré les entraves de la législation, reprendre peu à peu sa liberté d’action, et relever l’édifice de ses institutions monastiques et charitables. Car, jamais une majorité sincèrement incrédule, réellement convaincue que Jésus-Christ n’est pas Dieu, et que la religion est un moyeu d'accaparer le pouvoir et les richesses.

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ne tolérerait le prosélytisme et l’organisation des forces catholiques.

Ainsi, dans les pays protestants, l’hérésie, aux abois, est désarmée par le sentiment de sa propre impuissance ; dans les pays catholiques, le rationalisme, mal affermi , n’ose pas encore se vanter d’avoir pris possession des âmes. Toutefois, partout, la masse si nombreuse des indifférents et des inconséquents , ne demandant qu’à dormir, est placée entre deux courants de plus en plus intenses, qui s’efforcent de les entraîner, et entre lesquels, d’un instant à l’autre, il faudra choisir. D’un côté, les ordres religieux renaissent avec la ferveur de leur berceau, et entre leurs mains se réorganisent de toutes parts la charité, la prédication et l’enseignement. De leurs collèges sort une nouvelle génération tout imprégnée de foi. Les épreuves du Saint-Siège augmentent de jour en jour l’amour et le dévouement de ses enfants, et les réunissent tous à ses pieds dans une union parfaite, qui ne s’était pas vue depuis des siècles. De l’autre côté, l’impiété redouble d’efforts pour pénétrer jusque dans les der- • niers rangs de la société. Abandonnant momentanément à l’Église une portion de l’aristocratie, elle multiplie les mauvais journaux, les publications populaires, où le mensonge et la calomnie se mêlent à la licence et à l’obscénité. La libre pensée, la franc-maçonnerie et les sociétés secrètes dirigent cette propagande avec une unité de vues que le génie du mal peut seul leur inspirer. En face du catholicisme et de Pie IX , se

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