CHAPITRE XX
tané de toutes les libertés, fondées sur la liberté de tous les cultes et de toutes les croyances. Au sein de cette société choisie, protestants, juifs, philosophes de diverses nuances , donnent la main aux catholiques pour combattre l’athéisme et le matérialisme. Cependant, les uns et les autres oublient que le mal n’est pas dans ces doctrines , repoussantes par leur propre abjection , mais bien dans les sentiers fleuris et glissants qui y conduisent insensiblement. Par les ménagements qu’ils gardent, par les concessions qu’ils ne craignent pas de faire , les catholiques perdent leur avantage et leur puissance, qui est de posséder la vérité pleine, entière, sans alliage et sans mélange. Dans les éloges qu’ils reçoivent, les incrédules trouvent des prétextes spécieux pour ne pas changer, et pour se croire utiles en restant ce qu’ils sont. Chaque membre de cette petite coalition spiritualiste , qui croit sauver le monde, taille à plaisir dans le Credo de ses pères ; chacun choisit , selon sa fantaisie , les idées qu’il juge encore nécessaires, le§ dogmes devant lesquels sa raison daigne encore s’incliner. Mais, à leur insu, ces grands esprits ne sont plus, dans leurs méditations, que les naufragés de la pensée humaine, faisant des efforts surhumains pour se suffire dans la solitude où le doute les a jetés. Pendant ce temps-là, sourde à leurs décisions nuageuses , qui n’ont ni autorité , ni infaillibilité, ni popularité, la foule leur échappe, et roule, sans guide, vers l’abîme.
11 est temps d’ouvrir les yeux et de renoncer à ces
US palliatifs. Ne pressez pas tant ceux qui ne sont . catholiques, d’être, avec vous, tolérants, libéraux, is défenseurs des intérêts populaires. Sans doute, n est qui se préoccupent sérieusement de résoudre grands problèmes. Mais, quand ils le voudraient, ne le peuvent pas, et ne le pourront qu’en redeveît catholiques. C’est là ce qu’il s’agit de leur déntrer. Au lieu de poursuivre avec eux un but chirique , il faut leur faire toucher du doigt leur onséquence, leur impuissance, leur stérilité, et les ttre en demeure de revenir à la Foi. Plus d’équi- ]ues, plus de compromis , plus de cette religion iteuse d’elle-même, renfermée dans ses temples et is ses .sacristies, laissant la politique, la science, îonomie sociale sans contrôle et sans direction, ’iglise est le flambeau de la vie publique comme de vie privée. Libératrice des esprits et des consciences,
3 combat tous les égoïsmes, toutes les tyrannies, lies les oppressions, toutes les théocraties, puisque, lie, elle ne prend pas la place de Dieu pour domir et pour asservir les peuples, mais qu’au contraire e rend à la justice et à la morale éternelles leur léime suprématie, et respecte, même chez ses enneis, la part de liberté que Dieu s’est imposé de lai.sser X hommes.
Cet affranchissement des âmes, fondé sur la vérité mplète, restera le privilège d’une poignée de riches de beaux esprits , il ne sera qu’un vain mot pour s pauvres, pour les ouvriers, pour la multitude in-