‹ L'encyclique du 8 décembre 1864 et les principes de 1789;Chapitre 167 sur 219 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

excès de la richesse et de la force , le peuple la méprisera.

De même, pour le peuple, le pouvoir civil est le serviteur-né de la justice et de la morale divines, le protecteur et le défenseur de la vérité, résistant aux intrigues et aux agitations des ambitieux , servant d’arbitre désintéressé entre tous les intérêts. Si le souverain est l’instrument d’un parti, le courtisan des passions et des préjugés du temps, si son langage n’est que l’écho servile ou le sceptique calcul des événements, s’il ne fait pas profession publique de croire à la loi immuable et parfaite, que Dieu lui donne mission de faire respecter, le peuple méprisera le pouvoir.

Ainsi, l’État a besoin de l’Église, seule capable de soutenir la morale publique et privée; et l’Église a besoin de l’État, pour assurer le paisible exercice de son culte et de ses vertus. Pourquoi ne pas convenir franchement de cet échange de services? Pourquoi ne pas proclamer, au grand jour, cette alliance nécessaire à, tous deux?

Autrefois, l'État faisait acheter à l’Église, par mille sacrifices humiliants, le peu de liberté qu’il lui laissait. 11 limitait ainsi, à son propre détriment, les bienfaits qu’elle pouvait lui prodiguer. C’est ainsi que l’ancien régime nous a insensiblement amenés au bord du précipice, où il a Ini-inême disparu. Aujourd’hui, avec le dissolvant de la critique et de l’indilTérence, avec les progrès du luxe et de la centralisation si l’on veut

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