‹ L'encyclique du 8 décembre 1864 et les principes de 1789;Chapitre 175 sur 219 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

Non. C’est au grand jour, par la persuasion , par l’amélioration pacifique , régulière et légale des constitutions et des gouvernements établis. En demandant' qu’ils fassent un bien plus grand à la société et à eux-mêmes, nous ne faisons point un acte d’hostilité contre eux. Nous leur obéirons dans tout ce qui ne consistera pas à faire le mal, et, quand nous leur aurons prêté serment, nous le tiendrons plus fidèlement que personne. Les chrétiens n’ont pas refusé de se rendre utiles à leur pays sous les Césars païens. Depuis lors, ils servent, avec honneur et dignité, des gouvernements protestants pu schismatiques. A plus forte raison , peuvent-ils respecter et défendre des pouvoirs qui leur laissent une liberté plus grande , et que les nuages d’un vague rationalisme séparent seuls de la vérité complète.

Ainsi , le triomphe de la justice et de la liberté ne doit être obtenu que par des moyens justes et libres. Toutefois, qu’on ne l’attende pas d’un simple remaniement de nos lois, de la volonté d’un homme, ou de je ne sais quel coup de baguette magique. Un peuple qui croirait trouver, dans une constitution catholique, le moyen d’être heureux sans peine, vertueux sans effort, libre sans sacrifice, ne se tromperait pas moins que ceux qui ont cru décréter ces merveilles par la déclaration de 1791. La promulgation d’une législation en pleine harmonie avec la doctrine de l’Église n’est que la partie secondaire du triomphe de la vérité. C’est donner aux hommes une liberté illimitée

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CONCLUSION. 385

de faire le bien; mais ce bien, lui-même, ne se réalisera que par leur adhésion généreuse et spontanée.

Pour que le règne de la vérité soit réel , sérieux, durable, il faut qu’à l’abri de la protection qui lui sera donnée, les catholiques se dépensent, se dévouent, s’immolent à son service. C’est en vain qu’on encouragera le repos du dimanche : si des apôtres infatigables ne prodiguent pas au peuple les flots de l’éloquence chrétienne ; si les arts, inspirés par la Foi, ne lui refont pas des temples et des fêtes dignes de lui, ce n’e.st pas Jésus-Christ, ce sont les dieux du paganisme qu’il continuera d’adorer.

On aura beau maintenir la loi de 1807 sur l’intérêt de l’argent, favoriser les associations ouvrières ; si des hommes de cœur ne les aident pas de leur intelligence, si des capitaux, généreusement offerts, ne reconstituent pas le patrimoine des déshérités de la fortune, le travail restera exploité par le capital, et, sur le champ de bataille des affaires, des spéculations, du libre échange, du produit net, les catholiques seront battus par les juifs et par les protestants.

F.n politique , ce n’est ni par des protestations , ni par des discours, que les chaînes des opprimés tomberont. Pour sauver la Pologne , pour émanciper les chrétiens d’Orient, il faut d’autres arguments. A l’intérieur, il n’est pas de combinaisons qui puissent dispenser les honnêtes gens d’activité , de dévouement, de courage, d’indépendance. C’e$t en étant sans cesse sur la brèche, et çn sacrifiant ses intérêts à ceux de

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