‹ L'encyclique du 8 décembre 1864 et les principes de 1789;Chapitre 18 sur 219 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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la fonder ? Au nom de quelle autorité réunir le congrès qui réparera toutes les injustices, et fera taire toutes les convoitises? Comment arracher à ses bourreaux la Pologne, lien sanglant et vivace de la néfaste Sainte-Alliance? Comment délivrer l’Italie des passions qui la livrent tantôt à l’étranger, tantôt à la révolution? En Allemagne, ne suflit-il pas que l’Autriche ait un désir pour que la Prusse le paralyse? La France peut-elle avoir une velléité de légitime agrandissement sans trouver l’Angleterre sur son chemin?

Ainsi la paix est l’ennemie de la liberté ; car elle n’est que le maintien d’iniquités monstrueuses et l’accumulation de périls croissants. La liberté est l’ennemie de la paix; car ejle n’est que la cohabitation stérile de systèmes également nuis et inoffensifs, ou que le déchaînement de passions acharnées et irréconciliables.

Quant à fonder la paix et la liberté sur la nécessité des économies, c’est le renversement du sens commun. Tant que le désordre des esprits n’aura pas cessé , il est évident que la plaie financière sera sans remède. Bien plus, elle ne fera que hâter la crise. En effet, les États, qui par leurs dépenses excessives devancent la marche de la prospérité publique, sentent qu’il faudra, un jour ou l’autre, trancher par le glaive le nœud qui les enserre. Les plus obérés, les plus voisins de la banqueroute , sont par cela même les plus pressés de tirer l’épée. Le Piémont a beau vendre ses chemins de fer, vendre les biens du clergé, emprunter à gros

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intérêts, faire argent de tout ; il ne peut entretenir son armée de quatre cent mille hommes qu’à condition de la lancer au plus tôt sur l’.àutriche.

La France n’en est pas là. Pourtant son équilibre budgétaire, comme celui de toutes les grandes puissances, réclame le désarmement. Or, comment désarmer avant d’avoir atteint le but que l’on poursuivait en armant, c’est-à-dire avant de s’être battus? Fst-ce pour remettre l’épée dans le fourreau sans avoir rien fait, que nos arsenaux regorgent de canons, nos armées de soldats, et que nos dépenses militaires s’élèvent à sept cents millions par an? Est-ce pour entamer toutes les questions sans en résoudre aucune, que nous avons planté notre drapeau en Crimée, en Italie, en Syrie, en Cochinchine et au Mexique? Au lieu de faire des économies, ne sommes-nous pas ainsi fatalement condamnés à dévorer nos ressources et à grossir notre dette, jusqu’au jour où la France dira ce qu’elle veut, et l’exécutera quoi qu’il en doive coûter?

Pendant que les grandes guerres et les armées permanentes réduisent à néant l’espoir de la paix, que la balance des pouvoirs et d’une sage liberté est bouleversée par des révolutions périodiques, et que les dépenses emportent chaque année les digues de la sagesse financière ; en dépit des traités , des constitutions et des budgets, la démocratie, dont on parle beaucoup, mais qu’on Reconnaît pas, poursuit l’idéal ; et, pour elle, l’idéal , ce n’est pas l’immobilité stérile

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