‹ L'encyclique du 8 décembre 1864 et les principes de 1789;Chapitre 20 sur 219 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

testantisme, l’ancien régime et la révolution ont systématiquement dépouillé de toute action politique et sociale, et séquestré dans un coin de l’Italie. Le Saint- Siège, qu’on a mis depuis trois siècles dans l’impossibilité de rien faire, est le grand criminel qu’on accuse d’avoir tout fait, et sur qui les vrais coupables se vengent de leur impuissance.

En un jour, toutes les passions qui ont agité l’histoire du monde , semblent se réveiller et se donner rendez-vous autour du trône de saint Pierre, attendant de sa ruine la réalisation de leurs vœux si divers. Aux Hongrois, aux Serbes, aux Monténégrins, aux Polonais, l’essor d’une prétendue nationalité italienne est présenté comme le signal de leur propre résurrection ; et , en même temps , la despotique Russie compte que la chute du dernier pouvoir spirituel indépendant lui permettra d’assimiler complètement les peuples rebelles à sa domination. En France et en Angleterre, les amis des libertés modernes se flattent d’implanter au delà des Alpes le libre examen et les principes de 89, pendant que les adorateurs secrets de la centralisation et du césarisme se préparent à y étouffer jusqu’à la dernière trace de vie locale et d’autonomie. D’un bout à l’autre de l’Europe, les socialistes, qui rêvent la félicité des classes déshéritées, sont pressés de voir tomber la clef de voûte de l’ancien ordre social ; et , loin de s’y opposer, les heureux de la fortune seraient bien aises de faire taire, avec la voix de leur conscience , celle du pontife in-

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