‹ L'encyclique du 8 décembre 1864 et les principes de 1789;Chapitre 28 sur 219 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Pour régner sur les intelligences et sur les cœurs, il sent qu’il doit être, sur la terre, le représentant de la justice et de la vérité éternelles. Il doit s’obliger le premier à observer ces lois immuables, dont il s’établit, vis-à-vis des autres, le protecteur et le gardien.

Voici un grand fait constaté. L’État parle au nom de la force morale; mais il est incapable de la créer. Où donc réside-t-elle? Quelle est sa source mystérieuse ?

Sans doute, la justice éternelle trouve dans l’àme de chacun je ne sais quel écho secret : sous tous les climats , dans tous les temps , la conscience et la raison répondent tout bas à son appel. Mais à qui sera-t-il donné de poser ses règles et d’écrire ses lois? Au milieu du tumulte des passions , des luttes qu’elles provoquent, des erreurs dont elles se couvrent, des abaissements et des folies où elles réduisent l’intelligence , qui osera leur tracer nettement la limite où elles doivent s’arrêter , et où commence le devoir ? Point d’illusion. Jaloux de son indépendance vis-à-vis de Dieu lui-même, qui la respecte, l’homme ne reconnaîtra jamais à un autre homme, quel que soit son prestige ou son génie, ou à une réunion d’hommes, quel qu’en soit le nombre, le droit de lui définir la vérité, de lui imposer des devoirs, en un mot, de lier sa conscience. Il se méfie surtout, et avec raison, de ceux qui seront plus forts, plus intelligents que lui, et par suite plus disposés à abuser de sa faiblesse. Pour le décider à obéir, il faut la voix de Dieu, par-

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