‹ L'encyclique du 8 décembre 1864 et les principes de 1789;Chapitre 32 sur 219 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

enfin son néant, et ils proclameront, par cela même, le triomphe du rationalisme, si l’on n’établit pas, avec évidence, d’un côté la stérilité croissante et partant la fausseté de la religion naturelle , de l’autre la fécondité, la nécessité croissante et partant la vérité du catholicisme. Cette démonstration négligée est précisément celle qui répond directement aux aspirations et aux besoins du temps présent. C’est la seule qui puisse ramener le monde moderne à la Foi et le sauver d’une dissolution imminente.

11 est temps de la faire, l’histoire à la main. Nous verrons qu’avec les plus magnifiques éléments de science, de richesse et même de grandeur morale, l’humanité a mesuré ses forces avant Jésus-Christ, comme elle veut le faire aujourd’hui. Loin d’aboutir au triomphe naturel de la vertu , à l’expansion progressive de la civilisation, cette expérience a conduit au règne de la violence et du vice, et a fait tourner à leur profit toutes les ressources matérielles et intellectuelles de l’antiquité.

L’Église, au contraire, a essayé sa puissance sur cette société avilie et dégénérée. Dans ce cadavre en pourriture, elle a ranimé la vie morale, le sentiment du droit, la liberté du bien et tous les éléments de dignité et de grandeur, d’où est sortie la civilisation moderne.

Devenue maîtresse de la république chrétienne du moyen âge, l’Église nous fournira une preuve encore plus saisissante de sa divinité par la modération, la

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douceur, le désintéressement, avec lesquels elle a usé de sa suprématie. Par ses soins, l’activité et la liberté des hommes ont reçu le plus grand développement po.ssible. Elle ne leur a résisté que pour leur bien, auquel elle s’est toujours dévouée et sacrifiée elle-même. Cette époque est loin d’être le type de la civilisation parfaite. .Mais elle nous montrera comment a fonctionné, en un temps barbare et grossier, le seul véritable instrument de progrès et de réforme, d’autant plus indispensable que les peuples sont plus avancés.

Par contre , nous verrons le despotisme reprendre racine chez les peuples modernes à mesure qu’on en a éliminé Jésus-Christ, et la sécularisation complète, à laquelle on pousse la société actuelle, aboutir au réveil du césarisme. Aujourd’hui plus que jamais, au XIX® siècle plus qu’au xii®, avec rimprimerie, la vapeur et l’électricité, beaucoup plus qu’en pleine barbarie, nous sommes ainsi placés dans une terrible alternative. Ou une religion surnaturelle et divine, modérant et contrôlant tous les pouvoirs, nous offrira la garantie de nos libertés religieuses, politiques et sociales, ou nous irons chercher dans l’absolutisme le plus complet, le plus dur, le plus avilissant qui se soit jamais vu, le salut éphémère de l’ordre et de la tranquillité matériels.

L’industrie et l'organisation du travail ont plus besoin de moines pour les défricher que les forêts de la Germanie. La liberté politique est plus difficile et

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