CHAPITRE IV
la justice incarnée; il avait pour le prouver la raison du plus fort, et on le voyait renaître, plus dur et plus impudent, de toutes les révolutions.
Jadis, les peuples vivaient séparés par les montagnes et par les mers. Sous la garde de la simplicité et de la pauvreté primitives, les anciennes religions avaient pu, quoique imparfaites, préserver, dans une certaine mesure , la propriété , la famille et l’indépendance nationale. Aujourd’hui tout était confondu , réuni. La lutte du bien et du mal était concentrée sur un seul champ de bataille. Il n’y avait de salut possible que dans la vérité pure et sans alliage, rendue aux hommes par Dieu et donnant les gages les plus certains de son origine divine. Une société parfaite , instituée par Dieu , pouvait seule rallier les forces éparses, les consciences disséminées, les âmes égarées, et verser à flots l'huile delà vertu dans la lampe prête à s’éteindre. Et si. au contraire, la Providence abandonnait les hommes en une pareille extrémité, il n’y avait plus, comme le crurent Caton et Thraséas, qu’à s’ouvrir les veines, en maudissant la loi qui gouverne ce triste monde.
Ainsi, bien avant l’Église , l’histoire a imprimé un stigmate ineffaçable aux erreurs radicales, signalées par Pie IX. 11 a été établi, de manière à n’en jamais plus douter, que là où , n’ayant aucun égard à Dieu , et étant elle-même sa loi, la raison ‘ est l’unique