‹ L'encyclique du 8 décembre 1864 et les principes de 1789;Chapitre 54 sur 219 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

par ses vices incorrigibles. Et, s’il est une merveille dans l’histoire, c’est qu’au milieu de la plus effroyable catastrophe qui fut jamais, en pleine invasion, il n’est pas possible de découvrir la moindre interruption, le moindre ralentissement dans l’édifice de liberté sociale, politique et religieuse, que l’Église élevait pour les peuples chrétiens.

Cette œuvre d’émancipation est bien connue. 11 est inutile de la raconter, et il suffira d’en rappeler ici les principes, communs à tous les temps, immuables comme l’Église, et, aujourd’hui encore, invoqués par Pie IX, à l’exemple de ses prédécesseurs.

Et d’abord, le christianisme ne s’est pas contenté de donner, en la personne de son fondateur, un type dont les plus grandes âmes passeront leur vie à se rapprocher sans l’atteindre jamais. Nous verrons qu’après lui, la pauvreté, la chasteté et l’obéissance parfaites, pratiquées sans interruption par les premiers fidèles et par les grandes familles monastiques, ont été et sont encore le foyer où la famille naturelle retrempie ses vertus , la source où le travail et l’association peuvent puiser leur indépendance, l’avantgarde qui défend la famille et la propriété. En un mot, elles sont la base de la liberté sociale.

De même, dans son organisation, dans sa hiérarchie et dans son unité, l’Église offrira à l’imitation des peuples et des pouvoirs politiques un modèle sans défauts, application vivante des principes d’autorité et de liberté.

Toute erreur n’étant que l’exploitation et la conQscation de la vérité au profit de quelques privilégiés et aux dépens de la multitude, c’est dans l’infaillibilité et dans l’immutabilité doctrinale de l’Église que les âmes trouveront la plus grande et la seule garantie. non-seulement de liberté politique et sociale, mais de liberté religieuse. Elles jouiront ainsi de libres rapports avec Dieu, tel qu’il est réellement, sans être victimes de falsifications intéressées.

En même temps, cette doctrine donnera à la science humaine une base certaine, sur laquelle elle pourra librement élever l’édifice de ses découvertes. Ce divin flambeau, que réclamait la raison égarée, l’éclairera à l’avenir dans son essor le plus hardi comme dans ses plus humbles abaissements, et lui fera rencontrer dans l’univers entier la confirmation de sa foi et l’affermissement de sa certitude.

Enfin , pour assurer la durée de cette immense édifice, l’Église possède, en elle-même, pour sa doctrine et pour sa hiérarchie, un principe d’immutabilité qui, depuis dix-huit siècles, n’a pas reçu la moindre atteinte, pour les hommes et les institutions qui la composent un principe de réforme perpétuelle et spontanée. Sans invoquer le secours des interventions ni des révolutions humaines, elle rejette hors de son sein les membres rebelles et indociles, et ramène sans cesse à la perfection ceux qui lui restent soumis.

Ainsi, tout nous apparaîtra complet dans cette seconde création plus admirable que la première, dans

ee pian du monde surnaturel restaurant et soutenant le monde naturel. L’ordre social et l’ordre politique ne feront plus qu’un avec l’ordre religieux, et leur expansion simultanée justifiera cette parole trop peu méditée : «Cherchez le royaume de Dieu et sa justice, et vous aurez tout le reste par surcroît. »

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