CHAPITRE VII
Avant l’Église, la liberté sociale n’existait plus. Chez les Romains aussi bien que chez les barbares, la propriété était le plus souvent le fruit de la conquête, du pillage ou de la délation. Les femmes des vaincus appartenaient aux vainqueurs. N’ayant plu§ ni patrimoine, ni famille, ni autels, les captifs et leurs enfants étaient, comme des bêtes de somme, condamnés à un labeur que les hommes libres dédaignaient pour les plaisirs de la guerre ou de la chasse. Fruit des sueurs de l’ouvrier, la richesse appartenait ainsi à ceux qui travaillaient le moins, et qui pourtant auraient dû travailler le plus, c’est-à-dire aux plus forts. Philosophes et législateurs reconnaissaient là un droit naturel, une nécessité sociale : nécessité, en effet, de toute société qui repousse la loi du travail et du renoncement. Autant de propriétaires, autant de petits tyrans, ayant chacun droit de vie et de mort sur sa femme, sur ses enfants et sur ses serviteurs.
Chacun sait comment la femme chrétienne reprit