‹ L'encyclique du 8 décembre 1864 et les principes de 1789;Chapitre 61 sur 219 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

et prêtant à la critique ; qu’on leur permette de bouleverser les institutions fondées sur une longue expérience , et d’en essayer d’imaginaires : c’est ouvrir la porte aux désordres, à l’anarchie, à l’ambition. Les peuples en seront les premières victimes, et ils ne trouveront plus de remède à leurs maux que dans le despotisme. Point de paix ni de liberté possibles sans l'arbitrage d’une puissance morale, à la fois respectée par les peuples et par les princes.

Pour défigurer l’intervention du Saint-Siège, on l’a représentée comme une tyrannie', et l’on a accusé les Papes d’avoir écrasé le moyen âge sous le poids d’un pouvoir tliéocratique, et d’avoir ainsi dominé le monde chrétien à la façon des princes absolus. Il est certain que tel eût été le penchant inévitable d’une religion et d’un sacerdoce humains, et la soif de domination est tellement impérieuse au cœur de l’homme que la modération et l’équité du Saint-Siège sont une des preuves les plus manifestes de la divinité du christianisme.

Le système de dénigrement de nos historiens à l’égard des Papes a été poussé si loin, conduit avec tant de persévérance et de cynisme, qu’il a fallu la conscience des protestants allemands pour nous donner à nous-mêmes le courage de réhabiliter ces grands pontifes, qui ont été la gloire de l’Église et, souvent aussi, la gloire de la France, leur patrie. Aujourd’hui

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