I. Prop
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LIIJERTÉ POmiyiiE DAiNS L’ÉGLISE. 137
enfin , l’on sait et l’on ose dire, sans rougir, que les Papes ont été le boulevard de la civilisation contre les musulmans et les empereurs d’Allemagne , contre les barbares et les despotes de tous les siècles, depuis saint Léon et saint Grégoire le Grand jusqu’aux temps modernes. Maniant des milliards et des millions d hommes pour les croisades, ils n’ont jamais songé à étendre leur propre territoire; ils ont disposé, en faveur de nouvelles dynasties, des couronnes mises à leurs pieds par les guerriers chrétiens; ils n’ont gardé, comme leur domaine, que ce qui était indispensable à leur indépendance et à leurs libres communications avec le monde catholique.
Le Saint-Siège n’évitait pas seulement les conflits entre les princes et les peuples, il était le tribunal où se jugeaient souvent les querelles des nations entre elles. Tandis que les religions diverses les séparent d’ordinaire par d’infranchissables barrières, la foi catholique en faisait des nations sœurs, grandissant côte à côte, puisant leurs forces aux sources de la même civilisation. Au lieu de s’entre-déchirer, elles semblaient destinées à verser, d’un commun accord, leur trop-plein sur les vastes contrées encore vouées à la solitude ou à la barbarie. De là un droit des gens nouveau, dont l’antiquité n’avait même pas eu la notion. La guerre entre les peuples chrétiens devint plus rare et moins cruelle, et il leur fut permis de s’unir, autour d’un drapeau commun , pour la défense de la civilisation et pour la conquête du reste du monde.