CHAPITRE IX
tant à la face des gouvernements toutes les questions philosophiques, politiques et sociales. Pour les fonder et pour les rendre accessibles aux pauvres comme aux riches , l’Église prodiguait ses trésors et ses dévouements. A côté de ces universités, merveilles de liberté et d’indépendance intellectuelles, s’élevaient les cathédrales, se surpassant les unes les autres, et portant jusque dans les nues les élans de l’art chrétien. La peinture et 1a sculpture multipliaient leurs ressources pour décorer ces voûtes magiques, où bientôt le peuple tout entier était invité à jouir des chefs-d’œuvre de l’éloquence, de la poésie et de la musique catholiques. Grâce à cette puissante éducation, les intelligences ont peu à peu mûri au soleil de la liberté. Ne relevant en rien des princes de la terre, elles ont exploré la carrière sans bornes du vrai , du beau et du bien, sans autre guide que l’Église, c’est-à-dire que les plus grands et les plus solides esprits, adhérant librement à la vérité divine.
En vain cherche-t-on à ridiculiser* les méthodes et les principes d’après lesquels travaillaient les patriarches de la science, les Albert le Grand, les Thomas d’Aquin et les autres. En vain prétend-on que ces moyens ne sont plus en rapport avec les nécessités et avec les progrès de notre temps. Sans doute, il est permis de sourire des connaissances imparfaites qu’avaient nos aïeux du monde matériel , et des con-