‹ L'encyclique du 8 décembre 1864 et les principes de 1789;Chapitre 67 sur 219 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

à l’Église, qui prétend vivre par la libre adhésion des âmes? En essayant de les contraindre, elle se condamne elle-même. C’e.st avouer sa faiblesse, et faire à la vérité de sa mission une inguérissable blessure. Enfin, si elle invoque’ contre ses ennemis les rigueurs du bras séculier, elle arrive fatalement, comme l’empire romain, à la confusion du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel, la pire des tyrannies.

Cette accusation est tout à fait superficielle. L’Église, on le verra, nefait que revendiquer ici la surveillance d’un droit, qui a été et qui sera de tous les temps et de tous les lieux, d’un droit que les gouvernements ont toujours regardé comme l’une des conditions de leur existence. Sous le contrôle supérieur de l’Église, ce droit a reçu l’application la plus modérée, la plus limitée et la plus équitable qu’il puisse avoir en ce monde.

Malgré les colères qu’il soulève, il est facile de prouver que ce droit existe. Comment*, nous dit-on, vous soutenez que l’homme n’est pas libre de prendre la religion de son choix! 11 ne peut pas, au gré de sa raison, accepter, modifier ou rejeter la révélation qui se propose à sorf adhésion ! Mais le chrétien qui se fait musulman, protestant, rationaliste, ou le musulman, le protestant et le rationaliste qui se font chrétiens, n’ont-ils pas la même sincérité, et n’accomplissentils pas un acte également respectable?

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