‹ L'encyclique du 8 décembre 1864 et les principes de 1789;Chapitre 68 sur 219 · Prop. 24. — 2. Prop. 1.“), 16 et · texte numérisé non relu

Prop. 24. — 2. Prop. 1.“), 16 et

LIBEiriK UKLIGIKLSE DANS L’ÉGLISE. lin

Ne jouons pas sur les mots. Si la révélation est réellement divine, par conséquent vraie et nécessaire comme elle l’alTirme, elle doit avoir un caractère de certitude tel qu’elle soit accessible à tous les esprits de bonne volonté, et, une fois en possession de cette lumière, l’homme ne pourra la rejeter que par un acte coupable et par un étrange abus de sa liberté. Les choses sont ainsi, ou Jésus-Christ n’est pas Dieu.

Pour celui qui n’est pas né dans la vérité , par quels longs circuits et par quelles épreuves arriverat-il à la découvrir? Quelle sera, même après sa mort, la condition exceptionnelle d’ignorance invincible qui pourra l’excuser? Dieu seul en est juge. Aussi, infiniment plus libérale que les autres religions, l’Église a toujours posé et maintenu, comme un principe inviolable, le respect et la tolérance de ceux qui ne sont pas nés dans son sein, et elle les laisse libres d’élever leurs enfants dans leur propre culte. Mais il n’en est pas de même pour elle de celui qui, après avoir vu, ferme volontairement les yeux à la lumière, de celui qui, après avoir plané dans les hauteurs du monde surnaturel, redescend et se confine, par sa faute, dans les basses régions du monde naturel. A ses yeux, cette chute n’est jamais désintéressée. Si c’est le dévouement, l’humilité, l’abnégation, qui préparent à la Foi , c’est l’orgueil , l’égoïsme ou quelque autre vile passion à satisfaire, qui cherche un refuge dans le scepticisme.

Ce qui est, au jugement de l’Église, une faute

CHAPITHE IX.

personnelle, devient un crime politique et social, quand, sortant du sanctuaire de la conscience, l'hérésie ou l’incrédulité s’étale au grand jour, et exerce autour d’elle un dangereux prosélytisme. En effet, non-seulement les novateurs trompent la multitude en lui présentant une vérité mutilée, et en entravant ses libres rapports avec Dieu ; mais, en même temps, ils exploitent ceux qu’ils ont trompés; ils ne leur parlent de liberté que pour leur ravir leurs biens les plus chers et les conduire à la servitude. Toute falsification de la vérité, n’ayant d’autre but, d’autre raison d’être que de trouver une façon plus commode d’user de la fortune et du pouvoir, est un moyen déguisé d’en prendre une plus grande part pour soi et par conséquent de diminuer celle des autres. C’est un stratagème des plus forts pour s’emparer des biens, des femmes ou de l’autorité d’autrui ; par conséquent, c’est une atteinte à la morale, à la justice, au droit, et avant tout à la liberté générale.

On peut dire, réciproquement, qu’au fond de tout conflit politique et social il y a une question de justice ou de morale, partant, une question religieuse engagée. Tant qu’une foi commune règle les rapports des hommes entre eux, tout procès, toute guerre est facile à éviter ou à terminer, en appliquant les principes sur lesquels on est d’accord. Pour avoir chance de succès, une attaque contre la propriété, la famille f ou le pouvoir, est donc condamnée à s’abriter .sous [

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le manteau d’une religion nouvelle, jetant dans un autre moule les esprits et les consciences. De là vient qu’au sein de la grande république chrétienne, les ennemis de la société s’en prenaient, avant tout, à l’Église.

Alors que l’Europe chrétienne réunissait spontanément ses armées de volontaires pour repousser les musulmans du dehors, fallait-il rester sans défense i contre ces musulmans du dedans, plus dangereux parce qu’ils étaient plus cachés, plus coupables parce qu’ils étaient plus hypocrites, qui, en outrageant la foi universelle, désertaient le drapeau de leur pays, et conspiraient contre toutes les libertés? L’idée même d’une pareille tolérance n’aurait pu venir à ces chrétiens , assez pleinement convaincus de la divinité de Jésus-Christ, et de sa présence permanente au milieu d’eux, pour lui élever les splendides cathédrales du moyen âge. Un outrage à Jésus-Christ ou à l’Église leur était plus difficile à supporter qu’une insulte à leur propre père ou à leur propre mère. Et, quand ils apprenaient que des juifs ou des hérétiques avaient foulé aux pieds la croix ou le corps même de leur Sauveur, il n’y avait pas de puissance humaine qui pût contenir leur indignation ni arrêter leur vengeance.

En effet, si, pour soi, l’homme parfait peut se résigner aux humiliations, aux injustices, à l’oppression, et même renoncer au droit de légitime défense, il ne saurait, sans abdiquer jusqu’au dernier sentiment du

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