CHAPITRE I
science moderne, à son tour, en demeure de formuler sa foi, si elle en a une. Le pouvoir et la liberté du jour offraient une place à l’Église à l’ombre de leur protection , et Pie IX déclare que ni ce pouvoir ni cette liberté ne sont sûrs de leur lendemain, et qu’il n’y a de salut pour l’un et pour l’autre qu’en acceptant une place au sein de l’Église.
C’est là, s’écrie-t-on de toutes parts, une rupture ouverte. Aux avances de la société contemporaine , le Pape répond par la condamnation formelle et catégorique de ce qu’elle a de plus cher, c’est-à-dire des principes de 1789.
Ni dans l’Encyclique, ni dans le Syllabus, il n’est question des principes de 1789. Comme toutes les formules vagues , ils n’ont de valeur que par le sens qu’on y attache. Or que sont-ils dans la pensée de leurs partisans? Si ce n’est plus, comme chez ceux qui les ont rédigés, le progrès et la liberté sur les ruines de l’Église, il est incontestable que c’est du moins le progrès et la liberté en dehors de l’Égli.se. On voudrait bien se réconcilier et vivre en paix avec elle; maison ne veut, à aucun prix, reconnaître ni sa vérité absolue, ni son autorité souverainement bienfaisante , ni sa prééminence politique et sociale. De là vient que les principes de 1789 servent de drapeau à tous ceux qui se disent eux-mêmes atteints et condamnés par Pie IX. En réalité, ils sont la formule reçue et courante de la doctrine naturaliste opposée à la doctrine catholique.