‹ L'encyclique du 8 décembre 1864 et les principes de 1789;Chapitre 8 sur 219 · L’KNCYCLIQIIE ET LA CONVENTION · texte numérisé non relu

L’KNCYCLIQIIE ET LA CONVENTION

L’Église est loin de condamner les aspirations larges et généreuses qui marquent si bien la supériorité des temps chrétiens sur l’antiquité païenne. Mais ce qu’elle ne peut admettre, c’est de ne pas être elle-même à la tête de ce grand mouvement libérateur. Elle seule a pu réveiller au cœur de l’homme le désir du bien universel ; elle seule peut le satisfaire.

Ainsi , d’un côté , forte de sa foi et de ses dix-huit siècles de vie, l’Égli.se proclame que, portés au mal dès leur naissance, les hommes et les peuples ont besoin de son secours et de son autorité pour se soutenir et pour progresser dans l’ordre temporel, aussi bien que dans l’ordre spirituel. Elle proteste contre ce naturalisme politique et .social , qui prétend organiser le gouvernement et la vie des sociétés en dehors de toute religion positive, d’après les lumières de la raison , et qui conteste à l’Église le droit d’éclairer et de contrôler l’autorité politique, à l’État le devoir de protéger et de défendre la vérité catholique. Elle déclare que cette funeste séparation aboutit forcément au triomphe de la force brutale, au déchaî-' nement des appétits matériels et à la perte, non-seulement de la Foi , mais de toute civilisation et de toute liberté. A ses yeux, le socialisme et le communisme, qui menacent la famille et la propriété, ne sont que la conséquence logique et nécessaire du naturalisme en politique et du rationalisme en théologie. La vérité catholique, dans la plénitude de ses droits et de sa

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liberté , peut seule arrêter les peuples sur cette pente rapide.

D’un autre côté, la raison, fière des conquêtes qu’elle croit avoir faites sans l’Église, et qu’elle a placées sous la garde de l’État , méconnaît les périls qui menacent cette œuvre éphémère. Elle prétend se suffire à elle-même pour atteindre les vérités de tout ordre, et avant tout pour gouverner, sans aide et sans contrôle , les affaires de ce monde. Sécularisation de la politique, de la science, de l’industrie, du travail, voilà le but qu’elle poursuit, et qu’elle proclame comme la condition première du progrès et de la véritable civilisation.

On le voit, l’Église et la société moderne, chacune à son point de vue , regardenrcomme l’essence et la garantie fondamentale de la liberté , précisément ce qui pour l’autre en est la négation et la ruine. 11 est impossible d’être plus nettement et plus radicalement en contradiction , et cela sur la question vitale de l’humanité.

C’est là le point brûlant qu’ont touché l’Encyclique et la convention. Là se concentre l’intérêt du moment présent. C’est de là que la P’oi dépend moralement et matériellemeat dans un grand nombre d’âmes, et, d’une façon plus générale, dans la société tout entière.

Que si nous voulions remonter plus haut à la source de cet antagonisme , il serait facile de le voir, c’est, comme toujours, sur la réalité et les conséquences de la déchéance originelle, et partant sur la

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