‹ L'Encyclique: Les Principes de 1789Chapitre 10 sur 51 · Syllabus. Prop. 3. — 2. Prop · texte numérisé non relu

Syllabus. Prop. 3. — 2. Prop

Sous quelque forme qu’elle se déguise’, cette autorité n’est plus autre chose que la somme aveugle du nombre et des forces matérielles.

L'injustice de fait? couronnée de succès prend, sans obstacle, la place de la sainteté du droit.

Les lois de la morale*, se passant de la sanction divine et ne recevant plus de Dieu le pouvoir d’obliger, arrivent à méconnaître les principes les plus simples du droit naturel.

On ne reconnaît‘ plus d’autres forces que celles qui résident dans la matière, et, à la fin, tout système de morale, toute honnêteté ne consiste plus qu’à accumuler et qu'à augmenter à tout prix ses richesses et qu'à se procurer des jouissances.

Le droit’ ne consiste plus que dans le fait matériel; tous les devoirs des hommes deviennent un mot vide de sens, et tous les faits humains ont force de droit.

Les atteintes les plus criminelles et les plus honteuses portées à la justice et à la morale naturelle, la violation des serments les plus sacrés, non-seulement ne sont plus blâmées, mais, sous le manteau du patriotisme, elles ont la prétention d’être tout à fait licites et dignes des plus grands éloges.

L'indissolubilité du mariage’ n’est plus reconnue

1. Prop. 60, — 2. Prop. 61. — 3. Prop. 56. — 4, Prop. 58. — >, Prop. 59, — G. Prop. 64. — 7. Prop, 61.

L'ÉTAT AVANT L'ÉGLISE. 87 comme un lien de droit naturel, et le divorce est sanctionné par les lois.

En présence de tels abus‘, on en vient à ne plus croire à aucune action de Dieu sur les hommes ni sur le monde. |

Et, pour couronner son œuvre, la raison? proclame qu'il n'existe aucun Être divin.

Certes, on a peine à comprendre que la raison moderne tente de renouveler la douloureuse et concluante expérience faite par l'empire romain, et que l'Encyclique soit obligée de signaler encore comme un péril réel ces erreurs monstrueuses. Mais, du moment qu’elles renaissent, il est naturel que l'Église, qui les attaque sans ménagements, et qui démasque ainsi dans son principe la confusion du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel, l'asservissement des âmes, le despotisme religieux, politique et social, en un mot le césarisme, soit accusée précisément d'être favorable aux erreurs qu’elle combat, et que les ennemis de toute liberté essayent de rejeter sur elle l’odieux de leurs plans égoiïstes et tyranniques. De leur part, c’est une tactique qui n’a jamais changé.

La liberté est l'idéal de la vie publique, comme l'amour est l'idéal de la vie privée. Amour! liberté! qui n’a senti battre son cœur à ces noms si doux, mais

aussi qui ne les a entendu profaner par d'indignes sé-

L Prop. 2 — 2. Prop. 1.

ducteurs? Ce sont des biens si chers que, pour les ravir aux hommes, il faut invoquer leur nom, et que, pour discréditer leurs défenseurs sacrés, il faut les faire passer pour des traitres.

C’est ainsi qu’on accuse l’Encyclique de nier la conscience, la raison, le droit naturel, les lois éternelles gravées au cœur de tout homme, alors que son seul but est de les affirmer et de revendiquer pour l’Église le privilége de les préserver, de les purifier et de les

sauver.

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