‹ L'Encyclique: Les Principes de 1789Chapitre 9 sur 51 · L’ÉTAT AVANT L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

L’ÉTAT AVANT L'ÉGLISE

qui l'avaient mutilée et perdue, que dans une doctrine unique Gonnant les gages les plus certains de son origine divine, que dans une societé parfaite ralliant les forces éparses, les consciences disséminées, les âmes égarées, et versant à flots l'huile de la vertu dans la lampe prête à s’éteindre. Et si, au contraire, Dieu abandonnait les hommes en une pareille extrémité, il n’y avait plus, comme le crurent Caton et Thraséas, qu’à s'ouvrir les veines, en maudissant la loi qui gouverne ce triste monde.

Ainsi, bien avant l’Église, l’histoire a imprimé un stigmate ineffaçable aux erreurs radicales signalées par Pie IX. II a été établi, de manière à n’en jamais plus douter, que là où, n'ayant aucun égard à Dieu, et étant ellemême sa loi, la raison‘ est l'unique arbitre du vrai et du faux, du bien et du mal, elle est impuissante par ses forces naturelles à procurer le bien des hommes et des peuples.

Dans des temps assez malheureux pour tomber dans cette illusion, l’État, la seule autorité que la raison parvienne à constituer ?, devient l’origine et la source de tous les droits; il jouit d’un droit qui n’est circonscrit par aucune limite, c’est-à-dire que, réunissant en ses mains le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel, il constitue un despotisme sans frein et sans limites.

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