‹ L'Encyclique: Les Principes de 1789Chapitre 23 sur 51 · Prop. 23, — 2. Prop. 21. — 3. Prop · texte numérisé non relu

Prop. 23, — 2. Prop. 21. — 3. Prop

L'ÉGLISE SELON L'ÉTAT. 183 sous prétexte d'affranchissement, un plan commun d’exploitation et de falsification aristocratiques du christianisme.

La civilisation avait marché. Ge n'étaient plus des brigands vivant dans leurs donjons de crimes mystérieux, mais de beaux esprits, pétris de latin et de philosophie, des chevaliers galants, des marchands riches etaventureux, pensant que leur jour était venu, et qu’à eux appartenait le droit de régir le monde selon leur bon plaisir. Ne pouvant tout changer à la fois (le bon peuple aurait encore pu se révolter), on convint de garder la Bible, mais à condition de l'interpréter à son gré, d’en déduire le divorce, la bigamie , voire même la polygamie. Tout moine défroqué, tout prêtre sans mœurs devint un petit prophète infaillible, au service de son seigneur, ou parfois seigneur et pontife luimême. Nobles et sectaires s'entendirent pour partager les biens de l'Église, au nom du pur Évangile. Entre ces mains choisies, le libre examen était un instrument précieux; mais si, par malheur, quelque pauvre diable s’avisait d'y toucher lui-même, gare la torture et le bûcher. On fit voir aux paysans d'Allemagne que la réforme n’était pas faite pour gens de leur espèce, et qu'ils devaient se tenir pour honorés de suivre la religion de leur seigneur. Il est sur les bords du Rhin tel village qui en cinquante ans a dix fois changé de con-

fession. Quiconque résistait était banni, saisi, brülé, et

ses biens confisqués, toujours au nom de la liberté de conscience.

En vérité, à ces inventeurs de religions, qui se connaissaient entre eux, il a fallu toute la gravité anglosaxonne pour prêcher, sans rire, ici la confession d’Augsbourg, là celle de Calvin, plus loin celle de Henri VIH ou d'Élisabeth, partout leur propre infaillibilité. Et,

quant aux malheureux peuples qui les subissaient, les distances, les barrières, les entraves et les violences de toutes sortes n’ont pas été de trop pour leur faire accepter comme paroles de l’Esprit-Saint ces mille et une interprétations diverses. Car, ou bien il y avait une véritable Église, une véritable doctrine révélée par Dieu, et alors la liberté de conscience exigeait que ce dépôt fût sacré pour tous et, avant tout, pour les grands intéressés à le falsifier; où bien la religion n’était qu'une invention humaine pour exploiter la foule en compagnie du pouvoir, et alors que gagnait-on à fuir l'autorité du Pape pour se jeter tête baissée sous le joug de quelque mauvais prêtre repoussé du sein de l’Église?

Si l'hérésie a vécu en dépit d’une si étrange inconséquence et d’une atteinte si manifeste à la liberté religieuse des masses, c’est que d’un côté elle reconnut bientôt la nécessité de conserver et de maintenir par la force une portion importante de la morale catholique, et que de l’autre elle garda, pour se soute-

nir, l'appui de quelques grandes passions satisfaites.

L'ÉGLISE SELON L'ÉTAT. 185 De là une sorte d'équilibre et de stabilité. Le schisme avait été le triomphe de l’autocratie, le protestantisme fut celui de la féodalité territoriale, intellectuelle et surtout financière.

Sensuelle à son début, la réforme se voua définitivement à l'attrait plus austère de l’argent et du pouvoir. Douée au plus haut degré du génie mercantile qui avait fait la fortune des juifs au moyen âge, elle accapara et transforma le commerce, l’industrie et la banque, et fonda à Genève, en Hollande et en Angleterre, cette puissance jusqu'alors inconnue des capitalistes, qui devaient partout supplanter et ruiner les corps de métiers, c'est-à-dire le capital uni au travail, et ensuite propager et exploiter le prolétariat, c’est-à-dire le travail dénué de capital. La même influence aristocratique s’exerça en politique. En France, les grands rêvaient le morcellement du territoire; en Allemagne, ils brisèrent l'unité de l'empire et commencèrent les longues luttes d’où est sortie la Prusse; en Angleterre, ils décapitèrent Charles I‘, et réalisèrent le type le plus achevé de la féodalité protestante. Chose digne de remarque, c’est de la même époque que data, malgré les résistances et les réclamations de l'Église , le rétablissement de l’es- ‘clavage par la traite des noirs, et en même temps l’aggravation du servage en Russie et en Pologne. Comme la défense de tant d’orthodoxies contradic-

toires n’était possible que grâce à la plus âpre intolé-

rance, et n’était nullement compatible avec un véritable mouvement intellectuel, le clergé protestant chercha dans la jouissance des biens de l'Église, habilement sauvés du naufrage, un moyen de recrutement et une consolation à la servitude, et dans l'appui du bras séculier un argument sans réplique pour fermer la bouche à la critique. Sous l’oppression des sectes, devenues partout religions d'État, les anciennes universités perdirent leurs priviléges, leur indépendance, et durent renoncer aux explorations hardies de la pensée pour concentrer leur activité sur les sciences naturelles. Cette nouvelle liberté n’était donc pas autre chose que celle des plus forts, concentrée, non plus dans une seule main comme en Russie, mais dans une certaine classe de la société. De là, au premier abord, certaines apparences plus brillantes et la nécessité, chez les grands au pouvoir, de l'esprit de conduite et du patrioüisme intelligent, qui ont fait l'éclat des républiques antiques. Au fond, c’est le même génie politique qu’en Russie. Mêmes principes pour s'agrandir, où plutôt nul autre principe que le fait accompli et l'intérêt bien entendu ; en religion, même intolérance chez soi, même hypocrisie de libéralisme chez les autres; au résumé, réunion dans quelques mains privilégiées de tous les pouvoirs, spirituel et temporel, de la terre et des capitaux, exploitation habile d’un peuple auquel 6n laisse

des prêtres et un culte pour le contenir, et auquel on

L'ÉGLISE SELON L'ÉTAT. (87 donne à son tour le monde entier à exploiter par le commerce et par l'industrie, voilà la féodalité protestante dont l'Angleterre étale à nos portes la puissante domination.

Mais, à côté des vainqueurs justement fiers des succès d’une habileté consommée, il faut voir et compter les victimes, les populations ouvrières conduites à la misère par un travail abrutissant, l'Irlande appauvrie et incapable de nourrir ses enfants, et l'Inde tout entière se débattant dans la barbarie sans recevoir de ses dominateurs le moindre secours moral.

Le reste de l’Europe nous offre le même spectacle. L'Allemagne a été pour longtemps ruinée par la guerre de Trente ans, et paralysée par le dualisme fatal qu’y à sanctionné le trop célèbre traité de Westphalie. Grâce à cette impuissance, la Pologne est restée comme une victime, livrée d'avance à la Russie. À demi protestante, ia noblesse polonaise était elle-même en proie à la fièvre d'orgueil qui poussait partout à mépriser le paysan et à ébranler le pouvoir. Aussi frondeuse que dépourvue

d’esprit politique, elle se séparait de plus en plus du reste de la nation, et réduisait la royauté à n’être plus qu'un hochet. Il en résultait une double cause de faiblesse, et cela, en présence de la Russie et de la Prusse unies et avides de s’agrandir. Soutenus par ce voisinage et protégés par une liberté de conscience poussée jus-

qu'à la folie, schismatiques et protestants étaient autant

d'agents de l’étranger développant peu à peu son influence souterraine. Le jour vint où la Pologne épuisée tomba sans défense aux mains de ceux qui la convoitaient. En réalité, c’est la réforme qui l’a livrée aux Russes, comme le schisme a livré Constantinople aux Turcs.

Liberté intellectuelle et religieuse, vie nationale et droit des gens, liberté politique et sociale, tout avait donc recu une nouvelle et profonde atteinte. En présence de ces farouches novateurs qui, sous prétexte de ramener l’Église à sa pureté primitive, massacraient les prêtres et les religieux, pillaient les églises, jetaient les reliques aux vents, exterminaient les populations catholiques, et exerçaient la plus impudente tyrannie, il est des gens qui s’étonnent que les catholiques se soient défendus, qu'ils n’aient pas de suite donné droit de cité aux propagateurs du bouleversement universel, qu'ils aient repoussé la force par la force, et que, dans l’ardeur de la lutte, il y ait eu des excès et de tristes représailles. ;

En ce monde, il n'y a point de guerre sans malheurs à sa suite, et pourtant rien n’est plus grand ni plus sacré que la guerre faite pour sauver à la fois la religion, la patrie et la liberté de ses pères. Violents par nature plus qu'aucun autre peuple, les Espagnols l’ont été parfois jusqu'à la férocité, et il y a eu de leur part de lamentables excès; mais ils étaient aux prises avec

L'ÉGLISE SELON L'ÉTAT. 189 la race la plus perfide et la plus hypocrite, l’Arabe assisté du Juif et baptisé pour mieux trahir. Si cruels qu'ils aient été, les Espagnols valaient encore mieux que leurs ennemis. |

En France, la bourgeoisie et le peuple, profondément catholiques, étaient à la fois attaqués par les huguenots et trahis par le gouvernement, qui, avec une astuce italienne, jouait à la bascule, favorisait les rebelles, les laissait se fortifier, et qui, tout en les caressant, préparait contre eux l'horrible guet-apens de la Saint-Barthélemy. Certes on ne saurait trop flétrir les infâmes machinations de Catherme de Médicis. Mais faut-il en rendre responsables ceux qui ne demandaient qu’à défendre au grand jour, les armes à la main, la foi, l'unité et les véritables intérêts de la France ? Quelle que soit à son égard l'injustice préméditée de nos historiens, la Ligue en est-elle moins une des pages les plus glorieuses de notre vie nationale ? Et les torts qu'on peut lui reprocher, sont-ils comparables au sanguinaire apostolat de Calvin, d'Élisabeth et de Gustave-Adolphe, dont elle a sauvé notre patrie?

En résumé, pendant la guerre, les catholiques ont été beaucoup plus modérés et plus généreux que leurs adversaires. La paix faite, ils se sont montrés plus justes et plus tolérants, et, s’il y eut encore contre les protestants des rigueurs excessives, telles que les dra-

gonnades, elles venaient précisément, comme la Saint-

Barthélemy, de ce pouvoir absolu qui continuait aux dépens du Saint-Siége ses envahissements traditionnels, qui ne voyait dans la Foi qu’un instrument politique, et qui, en affaiblissant systématiquement l'autorité de l'Église, préparait les esprits à la rejeter bientôt tout entière.

Qu'on n’établisse donc nulle solidarité entre la doctrine catholique et l'absolutisme qui ne cessa de la miner, entre le droit public chrétien et la politique de Philippe II ou de Catherine de Médicis, entre l’inquisition romaine , sentinelle vigilante de la Foi, et l'inquisition espagnole, instrument de passions politiques ou nationales.

Loin d’accuser l’Église des abus qu’elle n’a pu empêcher, et qui, du reste, furent beaucoup moindres que du côté de Ja réforme, il faut se rendre compte de ce que serait devenue sans elle la race latine, l'Italie amollie et dégénérée, l'Espagne orgueilleuse et sanguinaire, la France voluptueuse et sceptique, et il faut savoir être justes pour nos pères, qui ont eu à combattre à la fois et contre les tendances autocratiques inaugurées par Philippe le Bel, et contre les attaques non moins perfides de la féodalité protestante.

Comme toujours, ce triomphe n'était que le signal d'une nouvelle lutte. Ghose remarquable, pendant que les pays du Nord demeuraient comme immobilisés par le

schisme et par le protestantisme, c'était dans les pays

catholiques que l'esprit humain continuait l’évolution logique de ses révoltes contre la vérité, et tandis que, stationnaire dans son triomphe, l'erreur se livrait à de paisibles expériences à la tête de la race slave et de la race anglo-saxonne, c'était au sein de la race latine qu'elle allait grandir et porter ses fruits. C'était là que le principe russe et le principe anglais, l’autocratie et la féodalité, devaient arriver à leurs conséquences logiques, démontrer leur impuissance finale, et ramener les esprits à Ja vérité après leur avoir fait épuiser toute la série des erreurs possibles.

Nous avons vu déjà qu’aveugles héritiers du passé, les princes catholiques, au lieu de s’unir autour des Papes pour guérir le mal dans sa racine, persistaient à reprendre, chacun sur le terrain qui lui restait, leur vieux système de domination universelle et d’asservissement de l’Église. Ils ne virent dans l'anarchie religieuse qu'une merveilleuse occasion de concentrer leur pouvoir, et de faire payer plus cher au clergé la protection qu'ils daignaient lui conserver. Au lieu de triompher comme en Angleterre, la noblesse disparut sous la main de Richelieu et de Louis XIV, et se réduisit bientôt à un essaim de courtisans, vivant de faveurs et ‘ de pensions, spéculant avec Law, riant de tout avec Voltaire. La bourgeoisie des villes perdit ses franchises municipales. Les évêques et Bossuetlui-même méritèrent

les éloges sanglants de nos impies, en proclamant le

pouvoir royal indépendant du Saint-Siége et juge en dernier ressort des décisions doctrinales de l’Église. Les vieilles abbayes furent livrées aux gens de cour, les Jésuites sacrifiés comme des ennemis dangereux. Plus d'indépendance spirituelle, plus de principe électif, plus même de principe héréditaire, sinon dans un seul homme, qui niait tout principe en disant : L'État, c’est moi.

Toutefois, par les soins de ce pouvoir autocratique qui, sous le nom de joséphisme ou de gallicanisme, avait systématiquement réduit le catholicisme à une ombre de liberté et d'influence, et qui croyait en avoir gardé assez pour contenir les masses, assez peu pour être débarrassé lui-même de toute entrave, une réaction plus terrible et plus radicale que le protestantisme se préparait dans les esprits. La religion, que l'État tenait en si étroite captivité, et qu’il forçait d’être si docile à ses volontés, était-elle autre chose qu'un instrument politique, qu'une organisation humaine inventée pour amuser et pour exploiter les peuples? Proclamer le roi supérieur au Pape, n’était-ce pas constater que l’autorité des successeurs de saint Pierre, que l'infaillibilité de l'Église, que la divinité de Jésus-Christ lui-mème, étaient choses fort douteuses? Et si Dieu était venu sur la terre, était-ce pour y faire une œuvre incomplète, pour y laisser une doctrine mal définie à la merci des

pouvoirs humains, et pour courber la tête des petits

L'ÉGLISE SELON L'ÉTAT. 193 sous la main des potentats, sans faire sentir à ces derniers le poids de sa justice et de son autorité? Au lieu d’asservir la Foi comme Philippe le Bel, ou de la: modifier comme- Luther, pourquoi ne pas l’examiner d'un œil plus hardi et la supprimer si elle était fausse, ou sinon lui rendre sa véritable place en ce monde?

Un philosophe, populaire au même titre que Bossuet, Descartes, érigea en méthode ce doute systématique. La raison se déclara, comme l’État, égale ét supérieure à la Foi, et traduisit à son tribunal la révélation tout entière. Par un enchainement d'erreurs étroitement liées entre elles, on admit successivement que la philosophie doit agir ‘ sans tenir aucun compte de la révélation surnaturelle; que l’Église doit tolérer ? les erreurs de la philosophie et la laisser se corriger elle-même: que la philosophie ne peut ni ne doit se soumettre à aucune autorité; que, d'après ses principes et par ses forces naturelles, la raison peut et doit‘ parvenir à la connaissance de tous les dogmes, même les plus cachés, et qu’elle en est elle-même le juge souverain; enfin qu’il est libre à chacun d’embrasser et de professer la doctrine, dont sa seule raison aura établi la vérité.

De cette superbe indépendance de la raison à l’inciédulité complète, il n’y avait qu'un pas: C'était le libre examen appliqué, non plus seulement à l'interpré-

1. Prop. 14. — 2. Prop. 11. — 3. Prop. 10. — 4. Prop. 4 et 9. 5. Prop. 15 et 16.

tation de la Bible, mais à l’existence du christianisme . lui-même et au monde moral dans son ensemble. L'expérience de la réforme montrait d'avance. où l’on allait aboutir.

Du moment que la raison, par un premier acte de sincérité, ne reconnaît pas qu'elle a besoin du secours d'en haut pour atteindre’les vérités surnaturelles, elle est condamnée à se diviser en mille sectes, en mille opinions diverses, et, justement châtiée de son orgueil, elle arrive, par le chaos de ces contradictions, à la certitude de ne plus posséder la vérité entière, et par l’anarchie des esprits, à la nécessité de subir le joug de l'État, c'est-à-dire à la dépendance la plus humiliante.

Toujours inconséquente, la foule ne s’avouait pas à elle-même cette triste perspective. Quant à l'erreur et à ses initiés, d’une main ils travaillaient à démolir la Foi par un infernal système de railleries, d'insinuations, de calomnies, de dénigrement, et par la falsification la plus éhontée de l'histoire; de l’autre ils s’efforçaient de réunir leurs adeptes sous le drapeau de quelques vagues formules, en attendant qu'ils pussent les conduire ouvertement à la conquête de toute autorité temporelle et spirituelle.

Avec un coup d'œil qui fait honneur à leur habileté, ils avaient compris que chaque envahissement de l’État sur le terrain religieux, que chaque mesure faite pour

restreindre la liberté de l'Église était une conquête pour

L'ÉGLISE SELON L'ÉTAT. 195 eux, et que l'indépendance du Pape et des ordres religieux, ses fidèles auxiliaires, était la forteresse avancée dont il fallait s'emparer à tout prix, pour asseoir sur ses ruines leur propre suprématie spirituelle. De là leur servilité envers le pouvoir civil et leurs intrigues pour obtenir la dispersion de la nombreuse et intrépide milice des Jésuites. Suivant leur tactique habituelle, ils accusaient précisément ces religieux des plans de domination absolue qu’ils machinaient eux-mêmes: et à l'heure où ils déchaïînaient contre eux le courroux des princes et des peuples, dans l'ombre ils nouaient les premiers liens de cette grande association maçonnique qui devait bientôt enlacer l’Europe. Leur œuvre se fonda sur les odieux principes qu'ils reprochaient faussement aux Jésuites, c'est-à-dire sur le secret le plus absolu en dehors des initiés, sur l’obéissance passive même dans le mal, sur la surveillance et la délation mutuelles organisées, et comme sanction dernière, sur le jugement et l'assassinat des traîtres. Ils créèrent ainsi, sous les nuageux auspices de l’Étre suprême et sous le manteau de la philanthropie et de l'émancipation universelle, une vaste société de secours et d'avancement mutuel, une armée recrutée dans tous les cultes et dans toutes les classes, également placée en dehors de l’Église et en dehors de l’État, et prête bientôt à marcher à l'assaut de l’un et de l’autre pouvoir.

Voilà le résultat auquel Bossuet et Descartes avaient

travaillé sans le savoir, et auquel venaient aboutir toutes les tendances schismatiques et hérétiques, gallicanes et philosophiques, autocratiques et rationalistes, cultivées avec tant de soin par nos plus grands rois et par nos plus fameux génies. À la fin du xvim° siècle, la puissance de l’erreur était irrésistible, et une sanglante expérience pouvait seule arracher les esprits au charme

enivrant qui les fascinait.

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