DU GROS INTESTIN (SCITE
Du caxum. Caecum vient d'un mot latin qui signifie aceugU. Le cœcum est la partie du gros intestin située au-dossousdu point I (pl. 7, fig. 4 4), où vient s'ouvrir l'intestin grêle. Le cœcum se termine en cul-de-sac : de là, son nom. Sa direction formo un angle droit avec celle de l'iléon! Tous les mammifères ne possèdent pas un cœcum.
Parmi les carnassiers, l'ours, le blaireau, la martre en sont dépourvus. Chez les insectivores,
le hérisson, la taupe, les chauves-souris en manquent également. Il en est de même des loir» parmi les rongeurs, ainsi que du marsouin, du dauphin et de la baleine parmi les cétacés. Chez tous ces animaux, le gros intestin se continue en ligne droite avec l'intestin prèle et ne s'en distingue que par son volume plus considérable.
Le cœcum est petit et très-régulièrement calibré chez les carnivores ; il est au contraire grand et bosselé chez les herbivores, les frugivores et les rongeurs. Chez ces derniers animaux, il atteint quelquefois des proportions si considérables, qu'il remplit la plus grande partie do l'abdomen. Le cœcum du lièvre, entre autres, est remarquable par la valvule spirale dont il est intérieurement revêtu dans toute son étendue. Bien que chez les oiseaux, les reptiles et les poissons, l'axe du gros intestin soit le prolongement de celui de l'intestin grêle, il existe généralement un ou deux cœcums ou du moins une valvule intérieure séparant l'intestin grêle du gros intestin. Pendant la vie embryonnaire, le cœcum de l'homme offre des dimensions relativement supérieures à celles qu'il possède plus tard. Ensuite sa partie inférieure s'atrophio peu à peu, et se rétrécit au point que son diamètre ne dépasse pas celui d'une plume à écrire. Celle partie inférieure K (pl. 7, fig. 4 4), ainsi réduite, ù un état tout à fait rudimentaire, forme ce qu'on appelle Vappendice du cœcum ou appendice cœcal. Cet appendice n'existe que chez l'homme et chez les quadrumanes; encore même tous les singes n'en sont-ils pas pourvus, les orangs et les gibbons étant les seuls qui le possèdent.
Au niveau de l'embouchure de l'iléon dans le cœcum, on aperçoit un repli considérable nommé i'<i/cM/f ilêo-cœeale ou valmle de fiauhin, du nom de l'anatomisle qui l'a découverte. Celte valvule, constituée par un repli des parois du gros intestin, so ferme de dedans en dehors. Elle a pour usage de s'opposer au reflux des matières solides, liquides ou gazeuses du gros intestin dans l'intestin grêle.
Du côlon. Le mot côlon vient du verbe grec Aétau, j'arrête. Le côlon est ainsi nommé, parce que c'est surtout dans sa cavité que séjournent les matières fécales, avant leur expulsion au dehors. 11 forme à lui seul la presque totalité du gros intestin; son diamètre varie beaucoup sur les divers points de son trajet ; on le partage en côlon ascendant IH (pl. 7, fig. 41), qui s'étend de la valvule iléo-cœcale à la hauteur du foie; en côlon transverse MN, allant du foie à l'extrémité inférieure de la rate ; en côlon descendant NB; enfin il se termine par une partie contournée appelle la portion iliaque ou l'S iliaque du côlon. Le côlon présente dans toute son étendue des bosselures bien marquées, séparées les unes des autres
LE N C Y C L O V K I) I F. f)KS ICCOLKS
par des sillons ou étranglements assez proronds.
Du rectum. Ls rectum BA (pl. 7 fi£. 4 1 ) e^l ainsi nommé d'un mot latin qui signifio droit, parce que sa moitié supérieure, !a seule ordinairement apparente, suit une direction à peu près rectiligne. Le rectum constitue la partie terminale du gros intestin, et par conséquent celle du tube digestif tout entier. Sa conformation, tant intérieure qu'extérieure, ne présente aucune particularité qui mérite d'être signalée. Disons seulement que sa surface externe est unie dans toute son étendue et ne présente pas ces bosselures si apparentes sur toute la longueur du côlon.
Le résidu de la digestion des aliments s'avance peu à peu depuis le cœcurn jusqu'au rectum, où il s'accumule et séjourne pendant un temps plus ou moins long avant d'être expulsé au dehors. A mesure qu'ils s'avancent dans le gros intestin, les excréments deviennent plus consistants, d'une couleur plus foncée, et prennent une odeur fétide toute spéciale. En même temps, il se développedans la cavité du gros intestin une quantité considérable de gaz d'une nature différente de ceux qui se produisent dans l'intestin grêle. Parmi ces gaz, se trouve constamment de l'hydrogène carboné; la présence d'un peu d'acide sulfhydrique y est aussi très-fréquente. Le séjour plus ou moins long des matières fécales dans le rectum est dû à la constriction de fibres circulaires qui entourent l'anus, et dont 1'ensemhie constitue le muscle spliincter. Ce n'est que quand ce muscle se relâche, que ces matières peuvent être expulsées. Pour cela, ce relâchement ne suffit pas : il faut en outre que la contraction du diaphragme, jointe à celle des muscles de l'abdomen et des fibres circulaires du gros intestin, vienne coopérer à cette expulsion.