II1STOIBK DE FRANCK
Nous avons vu précédemment que Marseille doit son origine à une colonie de Phocéens, à qui Nanti, chef dos Ségobriges, avail donné des terres sur les bords de la Modilenanco. Lo nombre dtfii colons phocéens s'accrut assez rapidement, car Euxène envoya quelques-uns des siens raconter en Grèce l'accueil qui leur avait été fait à leur arrivée dans les Gaules. La nouvelle ville prit donc, en peu de temps, une grande extension, cl sa |>osition, ainsi que son commerce, qui devenait chaque jour plus important, en liront uue rivale de Carthage, et, par suite, une alliée do Rome. Marseille faisait tous ses efforts pour étendre son territoire; aussi, les Gaulois, ses voisins, se liguércnl-ils entre eux pour repousser ses empiétements. A peine les Massalioles euront-ils connu les desseins des Gaulois, qu'ils demandèrent des secours au Sénat romain. Heureuse de trouver une occasion de mesurer ses forces avec un peuple qu'elle haïssait tant, Rome envoya une armée pour secourir Marseille menacée. Les Osybes et les Dédales, habitants des environs de Nice cl d'Antibes, furent vaincus cl dépossédés. Rome, jugeant que le moment de s'établir dans les Gaules n élait pas encore venu, donna à Marseille les lerres que ses légions avaient conquises. Cette générosité apparente lui concilia do plus en plus l'esprit des Massaliotes, qui protestèrent à plusieurs reprises de leur fidélité envers les Romains (454
avant J.-C). La paix ne dura que quelques andonl le sol est imprégné de sel. La population de I nées : les Salycs, peuple des environs de la ville ce pays est d'origine turque; deux peuplades seu-Jd'Aix, attaquèrent à leur tour la colonie pho-
céenne. Vnc armée romaine débarqua à Marseille et repoussa les agresseurs, qui, comme lesOxybes et les Décéales, furent dépossédés do leur territoire. Celle fois, Rome jugea à propos de garder le» terres qu'ello avait conquises, et so créa une nouvelle province comprise entre le Hliùuc et les Alpes. Ln proconsul Sextius fonda, en même temps, non loin d'une source thermale, une ville qui prit le nom iVAqtur Sextia- , aujourd'hui Aix. Les Educs, dont les terres s'étendaient enlrn le Kliôneet la Loire, firent alliance avec Home; mais les Allobroges (Savoie et Dauphiné) , plus clairvoyants, craignirent pour eux-mêmes, et voulurent se débarrasser de leurs incommodes voisins. Ils levèrent aussitôt une armée et marcheront contre la nouvelle province. Ils eurent le même sort que les Salves, et laissèrent plus de 20,000 des leurs sur le champ de balaille(1 2! avant J.-C). L'année suivante, les Rounins prirent le rôle d agresseurs et franchirent l'Isère. A cette nouvelle, Bituit, roi des Arcemes (Auvergne), envova au général romain une ambassade qui, par sa magnificence, remplit d'éloiinemenl ceux qui furent témoin de sa réception. L'ambassadeur était environné de tout ce que la nation Arveinc avait de plus illustre, l'n barde se tenait à ses côtés et chantait, en s'accompagnant sur la rolte. la gloire de sa nation, ainsi que celle de son roi et de l'ambassadeur.
Au reste, Bituit était connu dans les Gaules pour son faste et ses prodigalités. Lorsqu'il apparaissait en public, il était toujours monté sur un char d'argent : il avait coutume de donner alors des repas splendides, pour lesquels le vin était placé dans des citernes creusées à cet effet. Son père, Luern, jouissait de la même réputation. On raconte qu'un jour un bàrdo manqua l'heure du festin, cl n'arriva que quand Luern avait déjà repris sa place sur son char pour regagner 8a demeure. Le barde fit alors retentir les airs d'un chant triste et grave, dans lequel il déplorait amèrement son malheur. La musique et les proies touchèrent l'âme du roi, qui jeta uno poignée de pièces d'or nu poète. Celui-ci chanta aussitôt la gloire de son bienfaiteur. L'ambassadeur de Bituit se présenta donc dans un appareil magnifique devant le général romain, et demanda, ou nom de son maître, que les Salycs fussent rétablis dans leurs possessions. Cette demande fut rejeléc, ot ta guerre aussitôt résolue. Bituit, à la tète d'une armée de plus de 200,000 hommes, marcha sur la province romaine, et alla passer le Rhône à Valence. Il so trouva bientôt en présence d'une armée romaine commandée par Cuèius Domitiut et Fuliius Maximus. Le jour du combat, Bituit, monté sur son char d'argent, parcourut le front de ses troupes et contempla l'armée romaine qui s'é-
tait déjà rangée en bataille. Il fut grandement étonné du petit nombre de ses adversaires, et pensa qu'il y en avait à peinu pour un des repas de sa meule. Le combat s'engagea. Les Gaulois furent, vaincus, et Bituit se sauva chez les Allobroges, d'où il implora la paix. Il so laissa attirer dans une conférence par Domitius, qui le ût prisonnier et l'envoya à Rome. Le Sénat désapprouva cette conduite, mais trouva bon de garder le captif, qui mourut quelques années après dans la villa d'Albe.
La défaite de Bituit donna aux Romains toute |a contrée comprise entre le Rhône et les Alpes, contrée qui fut réunie à la province romaine. Rome lança ensuite ses légions au delà du Rhône, et s'étendit jusqu'aux Pyrénées. Les Romains fondèrent, d.ins celle nouvelle possession, une ville à laquelle ils donnèrent le nom do Xarbo-Martius (Narbonne). Cette colonie eut un sénat, un forum et des comices. Kilo- établit un port qui servit de station navale à la flotte romaine, et éclipsa bientôt la puissance de Marseille.
La province romaine se souleva plusieurs fois pour recouvrer son antique indépendance; mais, toujours vaincue, elle fut obligée de garder ses chaînes. L'invasion des Cimbrcs et des Teutons réveilla uno dernière fois le désir do la liberté chez les habitants de la Gaule méridionale; mais co fut encore sans succès, et, à dalcr de cette époque, les Romains n'eurent plus à réprimer un seul soulèvement.
Hauvion aîné.
ARITHMÉTIQUE
TIIËOBiÈJIES SUR LA MULTIPLICATION (suite).
Théorème V. — Quand une somme e*t compoposèe de deux parties, pour la multiplier par un nombre entier quelconque, il suffit de multiplier séparément charnue des parties par ce jwmbre, et d'ajouter les deux protluile.
En effet soit (44 2 + 357) X 629. D'après la définition de la multiplication des nombres entiers, multiplier (412 -f- 3.Ï7) par 629, c'est faire une addition dans laquelle lu quantité (412 4-367) sera écrite 629 fois. Figurons ici cette addition :
Nous pouvons la décomposer en doux additions partielles, telles que dans l'une 412 soit, écrit HÎ9 fois, et que dans l'autre 357 soit écrit ce môme
nombre de fois. Il est évident qu'on réunissant les totaux de ces deux dernières additions, on aura le produit domandé. Dans la première addition partielle, on ajoute 412 à lui-mémo 639 fois : cela revient à multiplier 412parG29. Dans la seconde, on ajoute 357 à lui-même 629 fois; cela revient à multiplier 357 par 629. Ajoutant ensemble ces deux résultats, on a le produit demandé, qui est :