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DIT VERBE (SUITE

Remarque. — La décomposition d'un verbe attribulir en verbe substantif et en attribut, trèslogique au point de vue do l'analyse des opérations de l'esprit bumaiD, cesse de l'être si l'on considère les faits en eux-mêmes, et la manière dont les langues ont du se former. Tout a dù être spontané dans celle formation, et jamais les bommes d'alors n'ont pu songer a amalgamer ensemble lo verbe substantif et un qualificatif pour on composer un seul mot constituant le verbe attributif.

A leurs yeux, tout verbe exprimant un état, une situation, comme dormir, ou indiquant une action, comme manger, ne formait qu'un tout indivisible, inséparable. On voit encore une fois par cet exemple que la gnimmairo générale, utile parfois quand il s'agit d'établir dos classifications, est souvent fausse quand il s'agit de retrouver les procédés mis en œuvre au moment de la création des langues.

Moyens mécaniques de reconnaître le sujet, le complément direct, et le complément indirect d'un

verbe.

Pour reconnaître le sujet d'un verbe, il fout placer devant ce verbe les mots qui est-ce qui ou qu'est-ce qui ; il en résulte une interrogation.

Eh bien, la réponse à cette interrogation fait précisément connaître le sujet du verbe. Dans celle phrase : Le général romain atteignit l'ennemi qui battait déjà en retraite, si l'on pose cette question : qui est-ce qui atteignit? on aura pour réponse : le général romain; en conséquence général est le sujet do atteignit.

Pour reconnaître le complément direct d'un verbe, on fuit suivre ce verbe du mot qui ou du mol t/uoi. Il en résulte une interrogation, et la réponse à cette interrogation apprend quel est le complément direct du verbe. Dans l'exemple cité plus haut, si l'on pose la question atteignit qui ? on aura pour réponse : l'ennemi; ennemi est par conséquent le complément direct de atteignit.

Pour reconnaître le complément indirect d'un verbe, il faut placer à la suile de ce verbe l'un dos mots suivants : ci qui, à quoi, de qui, de quoi, par

qui, par quoi. Il en résulte une interrogation, et la réponse à celle interrogation fait connaître le complément indirect du verbe. Dans celle phrase : Une personne diaritable a donne des vêtements uux pauvres, pauvres forme le complément indirect de a donné, parce qu'il est le mot qui répond à celle question : «ne personne cJiantable a donné à qui?

Manière de faire représenter à un terle les idées accessoires ajoutées à l'idée principale. — Tout verbe a été spécialement créé pour rappeler à l'esprit un certain état, une certaine action ; mais, pour plus de clarté et de précision dans le langage, il importe que le verbe, oulre cette idée principale, en rappelle d'autres relatives au temps dans lequel a eu lieu l'action principale rappelée par le verbe, à la manière dont celte action s'est accomplie, ainsi qu'à l'individu qui l'a accomplie. On y parvient en moditiaul convenablement la forme du verbe. Les diverses modifications de forme que l'on emploie pour cela sont connues sousles noms de temps, de modes, île persounes, de nombres, el même de genres, dans certaines langues.

Des temps. — Il est plus facile de so faire une idée instinctive du temps que de le définir ; mais tout le monde sait qu'il y a trois espèces principales de temps : le passé, le présent elle futur. Lo passé s'emploie pour exprimer une action déjà ac complie ; le présent pour en exprimer une qui so fait actuellement, et le futur pour en représenter une qui doit avoir lieu. Le passé et \e futur sont en quelque sorte indéfinis, cl divisibles en un grand nombre de périodes et d'époques différentes; de là pour ces deux temps la possibilité d'établir un certain nombre de subdivisions désignées aussi elles-mêmes sous le nom de temps. Mais l'instant où l'on est étant indivisible, il ne peut exister qu'une soûle espèce de présent.

La langue française admet cinq sortes de passés, savoir : L'imparfait, le passé défini, le passé indéfini, le passe antérieur, el le plus-que -parfait.

L'imparfait ou passé simultané s'emploie pour représenter une action passée qui a eu lieu en mémo temps qu'une autre également passée. Exemple : Je sortais au moment où votre frère est arrivé pour me voir. Le passé défini représente une action qui s'est accomplie pendant une période de temps complètement écoulée. Exemple : Je visitai Home l'année dernière.

Le passé indéfini représente une action passée quelconque, qu'elle ait eu lieu dans une période de temps qui dure encore, ou dans une autro qui est entièrement achevée. Exemple : J'ai travaillé beaucoup la semaine dernière ; mais je n'ai rùm fuit cette semaine.

Le passé antérieur représente une action passée qui a eu lieu avant une autre également passée. Exemple ; Quand j'eus fini ma besogue, j'allai me promener.

Le plus-que-parfait représente, comme le passé antérieur, une action passée qui s'est accomplie avant une autre également passée.

Exemple : Quand j'avais fini ma besogne, j'allais me promener.

Nous verrons plus tard les nuances qui distinguent l'un de l'autre le passé antérieur el le plusque-parfait.

Ainsi que nous l'avons déjà dit, il n'y a qu'une forme unique pour exprimer \e prisent.

Il existe deux sortes de futurs : le futur simple ou absolu, et lo futur antérieur.

Le futur simple s'emploie quand il s'agit de représenter une «iclion qui aura lieu dans un temps plus ou moins rapproché. Exemple : L'année prochaine j'entreprendrai un long voyage.

Le futur antérieur s'emploie pour représenter une action à venir qui aura lieu avant une. aulro également à venir. Exemple : Quand j'aurai terminé mon travail, j'irai me promener.

Modes. — Pour rappeler à l'esprit les idées secondaires qui viennent s'ajouter à l'idée principale que le verbe exprime, on fait prendre à ce dernier certaines formes que les grammairiens ont appelées modes. Le nombre des modes varie dans les différentes langues. 11 y a en français six modes : Vindicatif, le conditionnel, l'impératif, le subjonctif, Y infinitif et le participe.

L'indicatif ne rappelle à l'esprit qu'une seule idée, l'idée du verbe. Le verbe est mis à l'indicatif toutes les fois qu'il se présente sous la forme d'une déclaration précise, affirmative, rigoureuse. Exemple : Vous (tes coupable.

Le conditionnel rappelle à l'esprit deux idées : 1° l'idée du verbe; 2<> l'idée d'une condition. On met un verbe au conditionnel quand on déclare une chose avec uno certaine restriction. Cette restriction est la condition que l'on met à l'accomplissement de la chose. Exemple : Je serais plus généreux si ma fortune était plus grande.

L'impératif rappelle à l'esprit deux idées : 1» l'idée exprimée par le verbe, et, 2» une idée de commandement. En conséquence, on met le verbe au mode impératif dans une proposition qui exprime lo commandement. Exemple : Aime Dieu.

Le subjonctif rappelle à l'esprit deux idée* : 1° l'idée exprimée par le verbe; î» une idée de subordination, de dépendance. Le mol subjonctif vient du lalin sub, sous, au-dessous de, el de junyere, joindre. Lo mode subjonctif lie donc une proposition avec une autre en la plaçant sous la dépendance de celle-ci. Exemples : Je doute que

vous soyez heureux ; je crainî que la journée ne soit pluvieuse.

Reman/ue. — Les quatre modes dont nous venons de parler ont un sujet, c'est-à-dire qu'ils sont susceptibles de nombres et de personnes. On les désigne quelquefois à cause de cela sous le nom de moites personnels.

L'infinitif n'est pas autre chose* que le verbe changé en substantif; il exprime le fait s;ins indiquer le nombre ni la personne. Exemples : Savoir, devoir, etc.

Le participe n'est pas autre chose que le verbe changé en adjectif. Exemples : Manycanl, vu, etc.

De la personne. — Le ver be prend des formes différentes appropriées à l'un de* trois rôles que «on* sujet |>eut jouer dans le discours. Ces trois rotes sont celui d'interlocuteur, celui d'auditeur et celui de patient. De là, dans les verbes, la première, la seconde et la troisième personne, tant au singulier qu'au pluriel. Exemple : Je joue, (h joues, il joue, etc.

Dm nombi-e. — Le nombre est la forme que prend le verbe pour indiquer si son sujet est an singulier ou au pluriel.

Remarque. — Il n'y aurait rien do déraisonnable à ce que le verbe prit une forme différente pour indiquer que son sujet est du masculin ou du féminin. Si cela avait lieu, le verbe serait susceptiblo de genre. Mais il ne présente pas en français cette particularité. Il ne la présente pas non plus dans les autres idiomes de la famille indo-européenne. Au contraire, dans les langues sémitiques, le verbe est susceptible du genre masculin ou du genre féminin, selon que son sujet est de l'un ou de l'autre sexe. Il en est ainsi , par exemple, en hébreu cl en arabe, et rien ne choque plus les Arabes que fie voir les Européens négliger, par manque d'habitude, de mettre le \erbe à la forme féminine quand ils s'adressent à une femme arabe dans l'idiome dont elle se sert habituellement. Eux, si graves d'ordinaire, no peuvent alors s'empêcher de rire aux écials.

Conjugaison. — Conjuguer un verbe, c'est énoncer dans un ordre méthodique toutes les différentes formes qu'il peut prendre pour indiquer le temps, lo mode, le nombre et la personne, l'our conjuguer un verbe, on comment e par passer en revue toutes les formes que prend !e pré.-onl poulies mx modes du verbe. Ensuite, on énonce de la même manière toutes los formes des six modes qui correspondent aux t inq formes du passé et aux doux du futur. Dans chaque temps, on range les deux nombres, et dans chaque nombre, les trois personnes.

N'avanl point assez de terminaisons propres dan» notre langue pour indiquer les modifications qu'un verbe subit dans lo cours de sa conjugaison,

nous avons recours dans certains temps à des verbes auxiliaire*, et dans ce cas le participe passif du verbe que l'on conjugue se trouve joint a la forme du verbe qui aide à le conjuguer. Nos deux verbes auxiliaires sont être et avoir. Ce sont eux que l'on emploie pour la conjugaison de tous les autres verbes. Le plus usité des deux est ncotr. Avant tout, il faut apprendre la conjugaison du verbe avoir, car il se trouve être à luf-même son propre auxiliaire. Outre l'auxiliaire être et l'auxiliaire avoir, nous nous servons encore parfois d'autres verbes auxiliaires, mais qui ne sont pas indispensables pour la conjugaison. Nous nous oc* cuperons de ces derniers dans la syntaxe.

La conjugaison du verbe tl re est irrégulière en français, comme dans la plupart des langues connues. Du reste, ello est tirée presque tout entière de la conjugaison latine du même verbe.

l'our conjuguer un verbe, il suffit d'ajouter au radical la terminaison qu'exigent lo temps, lo mode, le nombre et }a personne. Il y a on fronçais qualre conjugaisons. On les distinguo par la terminaison de l'infinitif.

Tous les verbes dont l'infinitif se termine par tr appartiennent à la première conjugaison.

Tous les vertes dont l'infinitif se termino par tr appartiennent à la seconde conjugaison.

Tous les verbes dont l'infinitif se termine par oir appartiennent à la troisième conjugaison.

Tous les verbes dont l'infinitif se termine par re appartiennent à la quatrième conjugaison.

Les verbes des qualre conjugaisons se partagent vulgairement en verbes rkjvliers et en verbes irré'jutiers.

On peut dire qu'un verbe est régulier quand son radical ne subit aucune altération dans tout le cours d> sa conjugaison.

On peut dire qu'un verbe est irrégulier quand son radical subit des altérations dans le cours de sa conjugaison Ces altérations du radical, qui affectent les verbes irréguliers, ne sont pas l'effet d'un hasard capricieux, comme semblent le croire la plupart des grammairiens. Les altérations du radical sont sgumiscsàdes lois parfaitement rigoureuses, lesquelles no sout jamais enfreinte*. Nous no saurions trop ré[>éter que «les lois bien déterminées président à la conjugaison des verbes irréguliers, absolument do la ui-iine manière que, dans un autre ordre d'idées, il existe des lois pré» skia ut à révolution des phénomènes qu'embrassent la tératologie animale et la tératologie végétale.

Nous irons même plus loin : nous dirons qu'il y a dos langues dans lesquelles la forme la plus parfaite do la conjugaison appartient au verbe dont lo radical subit, dans le cours de cette conjugaison, des altérations systématiques. C'est ce qui a

lieu en sanscrit, en allemand eldans plusieurs autres langues encore. Dans les idiomes dont nous venons de parler, on appelle conjugaison forte ou primitive, celle dans laquelle le radical subit certaines altérations, et on appelle conjugaison faible ou moderne celle dans laquelle le radical demeure intact dans toute la conjugaison. Loin que la conjugaison forte paraisse défectueuse, c'est elle que l'on regarde comme la plus parfaite. La conjugaison faible est considérée comme appartenant en quelque sorte à une langue moins épurée et commençant a tomber en décadence.

D'après les considérations qui précèdent, on voit quo l'on pourrait également admettre dans la langue française une conjugaison forte et une conjugaison faible. La conjugaison forte serait celle des verbes dits irréguliers. La conjugaison faible embrasserait les verbes que Ion considère comme réguliers.

Ajoutons que, dans quelques cas extrêmement rares, nous avons en français des \erbes aux formes véritablement irrégulières. Ce sont ceux dans lesquels les terminaisons s'écartent du type ordinaire.

Sous le rapport de la conjugaison, certains verbes présentent des particularités qui les distinguent des verbes ordinaires. Par exemple, il existe des verbes défectifs. On appelle de ce nom ceux dont certains temps ou certaines personnes de quelques temps ne sont jamais employés ni dans la langue parlée, ni dans la langue écrite. Une classe particulière de veibes défectifs constitue les verbes uuipersonnels, ainsi nommés parce que dans tous leurs temps ils ne se conjuguent qu'à la troisième |>ersonno du singulier. Tels sont les verbes pleuvoir, neiger, etc.

Merlette.

EXERCICES FRANÇAIS

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