SUJET A TRAITER. — NARRATION
ATcninrea d'Attalr.
SOMVAWE.
LesdemroisraérovingiensThierryetChildebert, qui régnaient, le premier a Metz, le second à Paris, avaient fait la paix et s'étaient donné réciproquement des otagos, pris dans les plus illustres familles gallo-romaines. S'élant brouillés de nouveau, ils employèrent ces otages aux travaux publics : beaucoup de ces malheureux parvinrent à s'enfuir; mais quelques-uns demeurèrent en servitude. Parmi ces derniers, Attale, neveu du bienheureux Grégoire, évêque de Langres, avait été livré aux services publics et était employé à par der les chevaux : il servait un barbare des environs de Trêves. Grégoire, après bien des rocher ches, apprit où était son neveu. Il demanda sa li berlé à son maître, qui exigea une rançon de dix livres d'or. Grégoire se désolait de ne pouvoir la payer, quand un employé do ses cuisines, nommé Léon, s'offrit pour tirer Attale de sa captivité. N'ayant pu réussir à enlever le jeune homme, Léon engagea un de ses compagnons à le vendre lui-môme, comme esclave, au maître d'Atlale : le barbare apprécia bientôt les talents culinaires de son nouvel esclave : Celui-ci fut as-ez heureux pour gagner sa confiance, et être mis à la tète de tous ses serviteurs. Une fois dans celte position, il se rendit un jour dans la prairie où Altalo gardait les chevaux, cl se couchant à terre à quelque distance en lui tournant le dos, il lui proposa de fuir la nuit suivante. Le même soir, le chef barbare avait offert un festin à son gendre. Ce dernier demanda en riant à Léon quand est-ce qu'il comptait s'enfuir de chez son maître et s'en retourner dans son pays. « Cette nuit mémo, répondit Léon sur le même ton. » Léon entra dans la chambre do son maître, et lui prit son. bouclier et sa framéedonl il arma Attale. Tousdeux s'enfuirent sur des chevaux appartenant au barbare ; ils galopèrent trois jours et trois nuils sans prendr de nourriture. Us étaient déjà arrivés en Cham pagne, quand ils entendirent un bruit de chevaux qui s'approchaient. A peine avaient -ils eu le temps de se cacher derrière un buisson, qu'ils en tendirent le maître d'Atlale qui les poursuivait dire à ses compagnons : si nous le reprenons, l'un sera pendu et l'autre sera haché en morceaux. Mais le barbare continua sa route sans les avoir découverts. Cette même nuit, ils arrivèrent mourants de
Grégoire, qui leur offrit à manger et les cacha chez lui. Le prêtre interrogé par le chef barbare louchant les fugitifs, parvint à lui faire perdre leur trace. Ceux-ci arrivèrent bientôt chez le saint évêque qui pleura de joie en revoyant son neveu, cl récompensa généreusement Léon de l'important service qu'il venait de lui rendre.
HvimoN jeune.
GÉOGRAPHIE ÉLÉMENTAIRE
f.KOGRAFHIB POLITIQUE (SUITE).
La faune de la Russie d'Europe offre cert espèces inconnues à l'Europe occidentale. Il on est parmi elles qui sont d'une grande utilité pour les habitants des contrées où elles vivent. En premier lieu, nous citerons le renne, que l'on rencontre à l'état sauvage dans les régions septentrionales de la Russie et dans les monts Ourals.
Les Lapons l'ont réduit à l'étal domestique et les troupeaux de rétines constituent leur seule richesse. Los plus riches Lapons possèdent quatre ou ci|u| cents de ces quadrupèdes et quelquefois mille, tandis que les pauvres n'en ont que dix ou douze. Les lapons se nourrissent do la chair du renne, du beurre et du fromage qu'ils confectionnent avec lo lait do cel animal. Ces deux derniers produits sont do très-bonne qualité et beaucoup plus nourrissants que le bourre et le fromage que l'on fabrique dans nos campagnes avec le lait de vache. Les Lapons se font avec la peau du renne des fourrures très-chaudes, qui les garantissent des froids excessifs qui sévissenfc pendant la plus grando partie de l'année dans les contrées qu'ils habitent. Ces peuples se servent aussi du renne pour transporter des fardeaux d'un poids assez considérable. Ils les attellent en outre à leurs traîneaux. Comme bêles de somme, ils prennent ceux qui sont nés à l'étal domestique, tandis qu'ils préfèrent ceux qui sont nés à l'état sauvage pour les atteler à leurs traîneaux. Ce9 derniers animaux ne sont pas toujours très-dociles à leur maître, et il arrive souvent qu" celui-ci est obligé de renverser son traîneau, de se blottir dessous, et d'attendre dans celte position que la colère du renne soit pnsscV. Les traîneaux dont se servent les Lapons soi.t d'une très-grande légèreté. Le dessous de ces véhicules est formé par des peaux déjeunes rennes.
I Les poils en sont appliqués contre la neige et couchez un bon prêtre, ami de l'évéquc I chés en arrière, alin que le traîneau glisse plus
facilement en avant, et ne recule pas tant lorsque l'on monte des côles. Pour atteler le renne, on se sert d'un collier formé par un morceau de peau qui n'a pas été dépouillé do ses poils. Un trait descend de l'extrémité de cette sorte de collier, passe sous le ventre de l'animal, et vient s'attacher au traîneau par un trou placé à l'avant de co véhicule. Une seuto cordo sert de guide; elle est attachée à la racine du Lois du renne, et, pour diriger son attelage, le Lapon jette sa guide sur le dos de l'animal, à droite ou à gauche, selon qu'il veut se diriger d'un côté ou d'un autre. Les rennes ainsi attelés peuvent faire cinq lieues à l'heure et trente lieues dans leur journée. Mais ce moyen de transport n'est pas commode, et il importe d'en avoir l'habitude, car il faut faire continuellement de grands oITorts pour se tenir en équilibre et ne pas renverser l'équipage.
Le renne ne coûte rien pour sa nourriture. En hiver, il écarte la neige de ses pieds et de son bois, et mange les lichens qu'il a mis ainsi à découvert ; en été, il broute les jeunes pousses des arbres. Les rennes sauvages changent de séjour avec les saisons. En hiver, on les rencontre dans les plaines et les vallées; en été, ils se retirent sur le sommet des montagnes. On trouve encore dans les régions septentrionales l'ours blanc, dont la peau est employée pour faire des tapis ou des fourrures. Les phoques et les morses y sont très-abondants. On voit aussi dans le nord de la Russie la martre libcline, recherchée pour sa fourrure qui est noire en hiver et plus précieuse que la fourrure d'été, laquelle est plus ou moins brunâtre etmal fournie. Les marchands russes la soumettent à une préparation qui leur permet do la faire passer pour la fourrure d'hiver. Les régions septentrionales ;de la Russie fournissentencorerfccrmiHe, dont le pelage d'été est d'un beau marron, et celui d'hiver d'un blanc éclatant, et le renard noir tout aussi recherché. Le sol de la Russie nourrit en outre le yak ou bceuf grognant, le bison, le buffle, plusieurs raoes de moutons qui lui sont propres, des chevaux sauvages de petite taille, mais robustes et très-agiles. Le chameau habite le sud de l'empire, et le Caucase entend souvent les rugissements du tigre. Le gibier est très- abondant dans les immenses forêts et dans les plaines qui se partagent le sol. Les fleuves, les rivières et les lacs sont très-poissonneux, et la pêche, qui se trouve être très producive, est une grande ressource pour les habitants.
La Russie est riche en céréales; clic fait avec le inonde entier un immense commerce, do blé. On y cultive Je chanvre et le lin vivace. Lo nord donne du houblon, tandis que l'on plante la vigne sur les côles de la mer Noire. Les forêts fournissent des produits résineux. On trouve dans les monts Oural* des mines de cuivre, d'or ot de platine. Les mines
de fer sont aussi très-abondantes en Russie; mais l'exploitation en est encore insuffisante, car on parcourt souvent des distances très-longues avec des chevaux non ferrés et des voitures dont les roues ne le sont pas davantage. Le sel est extrait des lacs salés et des mines de sol gomme d'Hetzk.
Jusqu'à ces derniers temps, la population de la Russie était divisée en trois grandes classes : la noblesse, la bourgeoine et les paysans.
U\ propriété territoriale était presque entièrement dans les mains de la noblesse. Le noble pouvait disposer à son gré des paysans, leur imposer des peines corporelles, excepté la mort; les vendre ou les céder avec le territoire qu'ils habitaient. Chaque paysan devait à son seigneur trois jours de corvée par semaine. Les quatre autres jours lui étaient abandonnés. Le temps dont il pouvait disposer, il l'employait à cultiver le champ qui devait le fairo vivre lui et sa famille. Les nobles pouvaient établir des usines ou des manufactures sans payer aucun impôt à l'État. Mais toutes les dispositions relatives à la propriété foncière ont été modifiées par un ukase de l'empereur Alexandre IL Le tzar Nicolas I«r âvait déjà établi que tout noble doit à l'État un servico personnel. Si trois générations viennent à s'écouler sans qu'on so soit acquitté de ce servico dans une famille, la noblesse est immédiatement retirée à celle-ci.
La bourgeoisie est constituée par les habitants des villes. Kilo est divisée en plusieurs classes, dont les privilèges sont plus ou moins étendus. La première classe se compose dos roturiers qui ont rempli un emploi dans les services publics. La second» est formée par les négociants. Ceuxci payent l'impôt d'après le capital dont ils disposent. La troisième classe renferme les artisans ; la qnatrième, les étrangers qui se sont établis dans la ville, et la cinquième, ceux qui vivent de leur industrie.
Les paysans étaient répartis en trois catégories. La première do ces catégories comprenait les colons ou fermiers étrangers, ceux qui étaient astreints au service militaire et dont la Couronno disposait à son gré, et enfin ceux qui ne payaient pas la dime et étaient attachés au sol. La deuxième renfermait les paysans de la Couronne, payant un impôt par tête et soumis aux corvées. Dans la troisième, étaient les paysans soumis aux soigneurs cl complètement à leur disposition.
En Russie, toutes les religions sont tolérées, mais la liberté de conscience n'est pas reconnue en droit. L'Église russe so rattache à l'Église grecque par des liens étroits ; elle ne s'en sépare que sur quelques points de discipline. Depuis Pierre le Grand, l'empereur est le chef suprême de la religion. H nommo les dignitaires de son
Église; il en règle la discipline. Le saint-synode, établi par Pierre le Grand, on 1728, siège à Saint- Pétersbourg. Nommé par l'empereur lui-môme, il n'est que l'interprète de ses volontés. Il dirige les affaires spirituelles de l'empire el a la haute main sur les finances de l'Église. Son autorité s'étend sur tous les prélats, les prêtres et les églises. La surveillance des traités religieux lui appartient, ainsi que la censure ecclésiastique. Son autorité s'étend aussi jusque sur les affaires de l'ordre civil ; il jouit d'une grande puissance dans les questions matrimoniales. Après le saint-synode, viennent les évoques, dont les sièges ont été divisés en trois ordres. On compte quatre métropoles, qui sont Kicw, Novogorod et Saint-Pétersbourg, Moscou et la métropole de la Lilhuanie. Il y a vingt-quatre archevêques et trente-sept évoques, dont onze suffragants. Puis, viennent les prêtres inférieurs, les archimandrites, les supérieurs et les prieurs des couvents. Le clergé inférieur se subdivise en deux classes : le clenjè blanc, comprenant les desservants des villes et des campagnes, les curés, les diacres et le* sacristains; le clergé noir, formé par les moines. Ces derniers religieux appartiennent à l'ordre de saint Basile. On distingue deux sortes de couvents : ceux qui sont soutenus par l'État et que l'on désigne sous le nom de couvent» ordinaires, et ceux qui sont soutenus seulement par des dons volontaires. Ces derniers sont appelés couvent» extraordinaire». Les moines ont une instruction solide et possèdent une véritable érudition théologique. Le clergé noir est astreint au célibat, et c'est dans ses rangs que sont pris les évêques et les autres dignitaires do l'Église. Les prêtres séculiers sont, au contraire, obligés de se marier; mais s'ils deviennent veufs, ils ne peuvent plus contracter une nouvelle union. Le clergé jouit d'assez grandes prérogatives. Il ne paye pas l'impôt, et on ne peut lui imposer aucune punition corporelle. Tous ses membres sont exempts du service militaire, mais il n'a sur les masses aucune autorité morale. Il est d'ailleurs peu payé par l'État, et no vit presquo uniquement que des dons des fidèles.
IIauvios aiué.
ARITHMÉTIQUE