L'ENCYCLOPEDIE II ES ÉCOLES
l'on ii ainsi nommé les dénis qui nous occupent; car, itoii->eulemcnl elles remplissent l'office de meules, en triturant les aliments, niais encore elles usent peu ù peu, comme ces dernières, leurs aspérités; cl jl vient un moment où il y aurait lieu de les repiquer comme elles, si l'ojwraliou était praticable. Ces cinq molaires se partagent en deux classes, savoir : les fausset molaires, au nombre de deux, plus petites que les autres, pourvues d'une seule ravine ;e[ les vraie» molaires, plus grosses, au nombre de trois, possédant deux ou trois racines, cl quelquefois même davantage. Chaque mâchoire étant garnie de </i> molaires , cinq de chaque côté, il y en a donc en tout vingt .
Les figures de 10 à 17 de la première planche, représentent le* différentes soi tes de dents dont il vient d'être question : la fig. 10, une incisivel moyenne; la lig. 1 1, une incisive latérale; la fig. 12, une canine; la fig. 13, la première petite molaire.; la fig. U, la seconde petite molaire. Toutes ces dents n'ont qu'une seule racine, h l'exception des petites molaire* qui en ont quelquefois deux. Les fig. lii, 10 et! 7 représentent respectivement la première, la seconde et la troisième grosse molaire. La couronne de chacune des petites molaires est inclinée d'avant en arrière et porte deux petites éminences, l'une intérieure, l'autre extérieure, séparées par une rainure. Ces eminenecs sont appelées tubercules. Les couronnes des deux premières grosses moluircs portent quatre tubercules séparés par deux rainures en croix. Pour ce qui est de la dernière gros?e molaire, que l'on nomme vulgairement dent de sagesse, à cause de son apparition tardive, sa couronne n'est munie que de trois tubercules, deux externes et un iulerue.
Les dents de l'homme présentent : 1» Une enveloppe solide ; t° un cavité centrale. L'enveloppe solide n'est pas liomogèno : elle est formée de deux substances de nature différente ; ces deux substances sont Y ivoire B, fig. 1», cl l'émau" A, même figure. L'ivoire forme, à lui seul, presque toute la masse de la dent, il est d'un blanc jaunâtre, proroptement altérable. En l'examinant au microscope, on vqU qu'il est composé de tubas flexueux et rameux, d'un diamètre excessivement petit, qui débouchent tous dans la cavité centrale. Leur intérieur est rempli de petits grains de matière calcaire. L'ivoire contient de la gélatine, beaucoup de phosphate do chaux, du carbonate de chaux, et une quantité très-pelite do phosphate de magnésie. L'émail A recouvre toute la couronne. C'est une substance d'un blanc bleuâtre, extrêmement dure, faisant feu au briquet à la manière d'un caillou, formée do prismes hexagonaux très-fins, perpendiculairement implantés sur l'ivoire. L'émail psi presque uniquement composé de phosphate de
La cavité C de la denl renfermait une substance nommée tissu cellulaire, dont il sera parlé plus lard, des vaisseaux sanguins cl de» filets nerveux; elle possédait une ouverture située à sa partie inférieure. Avec le temps, celte ouverture s'est oblitérée et toutes les matières contenues dans la cavité centrale ont fini par disparaître.
Indépendamment de l'ivoire et de l'émail, on rencontre dans lesdcnls de certains animaux, dans celles du bfjcuf, par exemple, une troisième matière nommée cernent ou subît ouïe corticale. Le cément est plus semblable à l'os qu'a l'ivoire; il recouvie ordinairement l'émail,et remplit les lac unes que les replis de ce dernier corps laissent entre eux. 11 jouit quelquefois ensemble des dents différente?. Le çénient est très-abondant sur les mo*laires de l'éléphant.
Chez beaucoup d'animaux, l'ouverture qui existe d'abord à la partie inférieure de la dent ne se ferme jamais. Dans ce cas, la cavité centrale est loujour* remplie de tissu cellulaire, de vaisseaux sanguins sans cesse alimentés, el de Ciels nerveux, il résulte de cette disposition que la denl s'accroit continuellement, et qu'elle parviendrait à une taille dd-> mesurée, si elle ne s'usait par son, extrémité libre. C'est là ce qui s'observe sur les incisives du lapin.
ModedeformationdesdenU.—TouleàeuldoiliQn origine à un organe appelé germe ou follicule ilentaire el lo.eé dans l'épaisseur de l'os de ta mâchoire. La follicule dentaire peut être comparé à un petit sac. On y distingue deux parties : une enveloppe dite capsule dentaire C, fig. VJ, composée de deux feuil» lots, l'un externe, formé de petites fibres ou ^/oinents de chair entrelacés, l'autre interne, de la paroi duquel suinte une humeur qui, en se solidifiant, devient l'émail. L'intérieur do la capsule dentaire contient une matière charnue, do consistance pulpeuse, sillonnée de vaisseaux sanguins et de filets nerveux. Cette matière charnue B , fig. Itt, est ce que l'on nomme le bulbe dentaire. C'est a sa surface que se montre d'abord l'ivoire ; il est produit par une sécréliou du bulbe. Quand une première couche d'ivoire s'est formée el recouvre toute la surface du bulbe dentaire, il ne larde pas à s'en déposer une seconde en dedans de la première, puis une troisième à l'intérieur de la seconde, et ainsi de suite. La denl continuant à s'accroître par ce moyen, il arrive un moment où elle | perce la gencive et parait au dehors.
Les dents qui apparaissent les premières après la naissance, ne doivent pas durer toute la vie; elles tomberont avant l'âge adulte pour être reui- | placées par une dentition plus complète, plus nombreuse el plus conforme au développement des mâchoires, à la force de l'iudividu et aux usages de la mastication.
La première dentition est ai)oeJ<-e aUntiîio» de
lait ; l'autre. lUntiiion permanent*, adulte ou de I matière pulpeuse diminue peu à peu de volume et ivMpiiiceiitcvt. C'est celle dernière que nous avons finit par disparaître. Ce moment arrivé, la dent
décrite. Quant à la dentition de lait , elle ne se compose que de vingt dents, dix à chaque mâchoire, savoir : quatre incisives, deux canine.-, et une paire de molaires de chaque coté. Du quatrième au dixième mois après la naissance, apparaissent tes incisives moyennes inférieures; et bientôt après, les incisives moyennes supérieures; du huitième au seizième mois, les incisives latérales inférieures, puis les incisives latérales supérieures ; du quinzième au vingt-quatrième, les premières molaires inférieures ; du vingtième au trentième, les canines inférieures, puis le» supérieures ; du vingtième au quarantième mois, naissent les seseeondes petites molaires qui complètent les vingt dents de la première dentition. On voit, par ce qui précède, que l'éruption des dents de diverses sortes commence toujours par la mâchoire inférieure.
Les follicules dentaires appartenant a la dentition permanente sont placés comme il suit par rapport à ceux des dents temporaires : <° Les follicules des trois nouvelles dents, c'est-à-dire des trois dernières molaires, sont sur la même courlw qur- les dents de lait , courbe qu'elles prolongent et dont elles forment les extrémités; 4° les Follicules
des dents de rcmplacemtnteonl situas exactement
derrière les dents à remplacer. Ces follicules sont d'abord contenus dans les mêmes alvéoles que les dents provisoires; mais plus tard, ils en sont séparés par une cloison incomplète, qui s'élève du fond de l'alvéole. A un certain moment, les dents permanentes commencent à s'accroître beaucoup par la face qui regarde les dents provisoires correspondantes; alors les alvéoles de la première dentition s'amincissent, se perforent, puis disparaissent. En même temps, les dents de lait s'unent par leurs racines, deviennent vacillantes et tombent, do six à huit ans, dans l'ordre de leur apparition. Les premières dents permanentes qui surgissent forment la première paire des grosses molaires ; celles-ci coexistent pendant quelque temps avec les dents de lait. L'éruption des dénis de remplacement se fait dans le même ordre que celles des dents provisoires. Les incisives moyennes inférieures se montrent je six à huit ans; les incisives moyennes supérieures de sept à neuf; tas incisives latérales de huit à dix ; la première paire de petites molaires de neuf à onze; les canines de dix à douze ; la deuxième paire de petites molaires de onze à treize; la deuxième paire de grosses molaires de douze à quatorze, et la dernière paire de grosses molaires de vingt ù trente. Pendant la durée de la vie, les dents permanentes sont le siège des phénomènes suivants : l'émail s'use par ta frottement ; l'ivoire continue à se former ; la
tombe: mais il n'en naîtra plus de nouvelle pour la remplacer.
VARIÉTÉS
cours kl km un t aire darchkologie nationale
Le mot archèologù est formé de deux mois grecs : archaios, ancien ; et hujnt, discours.
L'archéologie est donc d'après lu signification même du mol, la science des antiquités.
Par antiquités, on entend les monuments, les objets de toutes sortes, armes, bijoux, parures, monnaies, meubles, ustensiles, etc. ete., qu une génération d'hommes, qui a disparu depuis un temps plus ou moins long, a laisses après «llo comme témoignage do son existence , et comme indice de son degré de civilisation. Complètement négligées au moyen âge, les études archéologiques ne datent que de la Renaissance; encore l'attention des premiers écrivains qui s'en occupèrent ne se porta-t-clle point sur nos monuments nationaux \ c'était l'époque où les esprits, passionnés pour lart antique, nourrissaient d'injustes préjugés contre tous tas édifices élevés depuis la décadence «le l'empire romain. Toutes tes constructions postérieures à ce temps étaient regardées avec dédain ,• et avaient reçu la fausse et injurieuse dénomination de gothique*. Ce n'est que de nos jours, et depuis une cinquantaine) d'années à peu près, qoe l'on est revenu à une appréciation plus saine des beautés artistiques d'une époque que l'on jugeait incapable d'atteindre a la perfection, en quelque genre que ce fut. Des homme* émineats se sont adosnés à l'étude des édifices de style roman et de style ogival qui couvrent de tontes paris le sol de la France Leurs savantes recherches ont créé l'archéologie nationale.
11s ont payé leur tribut à la science. A nous tous maintenant de continuer leur œuvre et de propager les connaissances qu'ils ont acquises au prix de tant de labeurs A présent que la route est frayée, il est possible d'apprendre en peu de temps et sans beaucoup de |>eine les notions fondamentales de l'archéologie. Un bien immense en résulterait. En effet, que de monuments dignes d'attirer l'attention demeurent encore tout à fait inconnus! S'il y avait plus d'à ma leurs de l'archéologie, ces vénérables reliques d'un autre âge né tarderaient pas à être soigneusement décrites et analysées. De plus, fi tas adeptes de la science archéologique étaient plus nombreux, n'y aurart-fl pas plus do chances d'arracher w% mains du
If,
l.'KNt'YCLOPKDl E DES ECOLES
<ierne une foule de monuments historiques', dignes à tous les joints de vue d'être conservés? Qui pourrait sous ce rapport rendre de plus grands services que les instituteurs? Dans les communes qu'ils habitent aucuuc trouvaille de quelque importance ne serait ignorée d'eux; une fois leur aptitude bien constatée, leurs concitoyens s'empresseraient à l'envi de leur signaler les découvertes qui pourraient survenir. Eux, à leur tour, les mettant eu lumière , il en résulterait un double profit : pour eux d'abord, qui ne manqueraient pas de gagner en considération ; et ensuite pour le pays, qui, s'inlércssanl davantage aux gloires nationales, trouverait dans la contemplation de ces gloires un nouvel élément de tnoralisation. Courage donc, Lecteur, abordez résolument une étude qui vous paraîtra bientôt pleine d'attraits, qui animera pour vous la pierre et le marbre, et vous fera dire : les murs mêmes sont éloquents.
Dans l'étude à laquelle nous allons nous livrer, nous suivrons l'ordre chronologique, le seul qui soit admissible dans une science intimement liée à l'histoire. El d'abord, empruntant à la linguistique moderne les précieux documents qu'elle nous fournit, disons un mot de l'élat de l'Europe pendant les temps antéhistoriques.
Il est aujourd'hui certain que l'Europe entière, avant l'arrivée des nations indu-germaniques, a été peuplée par do* tribus d'origine lartare. Ces peuplades, dont les Permiens, les Finnois, les Lapons et les Basques sont les derniers débris, se faisaient remarquer par leur petite taille. Les habitants actuels des îles de l'océan Pacifique j>euvent seuls nous donner une idée de leur barbarie. Us vivaient au sein des forêts, avaient des antres pour demeure* et ignoraient l'art de travailler les métaux, ainsi que le prouveul les haches de pierre et les os façonnes en fers de ûècbes dont ils se servaient. Ces nains étaient anthropophages. Il y a quelques années, dans une caverne des bords de la Meuse, en Belgique, on a retrouvé des restes d'un de leurs repas de cannibales. Des femmes, toutes dans la fleur de l'âge et de jeunes enfants, sans doute faits prisonniers par une horde ennemie, avaient été dévorés par leurs féroces vainqueurs. On trouvait mêlés à des traces de feu non équivoques, une grande quantité d'ossements humains. Parmi cesos- .semenU, on voyait une mâchoire inférieurede petite dimension avant appartenu à une femme, et dans laquelle une hache de pierre était encore implantée. On ne rencontrait que des fragments des os longs: tous avaient été brisés pour qu'on pùt en extraire la moelle qui était pour ces sauvagesuu mets délicieux, et sans doute réservé aux chefs, comme cela se pratique encore aujourd'hui chez certaines peuplades de l'Océanie.
Il no faut pas croire que la découverte faite
sur les bords de la Meuse de débris humains indiquant l'existence d'une population do petite taille, soit un fait isolé. Des découverte* analogues ont eu lieu en divers endroits du nord de la France, en Belgique, sur les bords du Rhin; toutes confirment qu'à l'époque reculée dont nous parlons , le sol de l'Europe était habité par des hommes appartenant, comme les Lapons, au rameau mongolique. Les fouilles faites à Black- Brummund, en Écosse, ont également permis de constater l'ancienne présence, dans les Iles Britanniques, d'une race d '-hommes toute différente de celle qui les peuple aujourd'hui.
Pourtant, ce serait une erreur de croire que ces vieilles tribus fussent auloethones: elles-mêmes semblent avoir été précédées d'une première couche dépopulation, analogue aux Endamènes de l'Afrique et aux naturels des districts montagneux de l'Inde et de la Nouvelle Hollande. Quelques vestiges de ces premiers habitants connus de notre Europe ont été retrouvés sur les rives du Danube et dans lus cavernes de Bèze, départelement de l'Hérault.
Pour ce qui est des nains anthropophages dont nous avons précédemment signalé les traces en maint endroit de l'Europe occidentale, et qui paraissent avoir longtemps occupé ce pays, il est impossible de diro à quelle époque ils furent dépossédés et refoulés par les Celtes dans les coins de terre où nous les voyons aujourd'hui. La race des Celtes était l'avanl-garde de la population germanique, partie des bords de la mer Caspienne pour s'abattre sur les régions qui, de nos jours, forment encore son patrimoine. 11 est constant que cet événement mémorable n'est pas postérieur à l'an 4500 avant J.-C. Après avoir longtemps habité la Germanie, les Celtes ou Gaulois vinrent enOn s'établir définitivement sur le sol actuel de la France. C'est là que nous les suivrons, pour recueillir pieusement tous leurs vestiges. Attention et respect, il s'agit de nos pères !
Meblette et Haj vïon aîné.
ANNONCES
Petit livre de maximes, à l'usage de» écoles, en conformité de l'emploi du temps, parM.A. Pinel, officier de l'instruction publique, inspecteur do l'enseignement primaire, drli'guii pre* de l'Administration centrale, I vol. in-iH. pr. cart., 15 c.
Géographie des écoles primaires, par le même, 1 vol. m-18, pr. cart., «0 c.
Chei Dezobry et Tanooc, rue de* École», 78.
U Dirfcteur-Gtrant,
A. MERLETTE
Imprimerie de L. Toimm et O, a SaiDl-Gertwun.
1" Année.