‹ L'encyclopédie des écoles, journal de l'enseignement primaire et professionnelChapitre 14 sur 270 · DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

DÉCEMBRE

Ko 2.

JOURNAL

DE L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ET DE L'ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL

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M. A. MRRLETTE

titre 6*Vt<3U Bornai d« V.:t.-»i:>.% nr.-i.-r rr.jj-.r< rép . r 1 Udo- flcote. intien âir-:c'.«r d'-jr? Étc> primaire suppure

Bureau d'abonnement, à Paris, rue Saint-Jacques, 228, au fond de la cour

t'r.acïîtCi ïïis :ts É-,ni.i5 j-jfj>]t >} 4 .T,:.-ïif s , rr.'-'uo r.u&tto coîiticn'. 16 pagts in-fc <1'ik; .'».;s;o.i à S coU'aoua et un»

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l.< priJ d« ab?M!*mcr.'.r r? oir ftre payé d'avant? «n un rsaoihtîjrlu posta adr-ise par :e;;ra aflrancnio 1 M. Kimm. Clrr.,/,'^r do rtactaors:,.-! t« £;otis. rue :- jUi'.-Jicî :.:s. £89,

Les a.h.'..mijrr.,.-n:s parient du cida de tîérembr-?.

par:;rnr.os qui a-ib03iicr.t dans le cotran: ii* '•année, r«ro.ï-.m j.r.aKdn-.MKtit Ua nuntro» qi:: on: dê;i paru. Ar.r.L.r.tî3 d'eurrlgea das;: ^?. 1 50 la iigr.B.

SOMMAIRE

llrammairt française : Des ci>i>*oi«n« ou articulation*; re- )>rf»tulaUun graphique il» roiisoi ne» rt tl<-$ arlicol.it <>i » ; ilpliilicl. — Premiers exercuei de ityU • Ylrui Crançait i traduire en (ranvai* moderne. — Géoyrnphie : P»rli« liquide* du e<i<br; roniinrnt* ; grande* nter*. — Histui de Franc*. - An m* .le» RrlUt dau* la Guule; diTei*» Diigr.lion» dit Gaubii*. — Arithmétique: Loclure cl érnture d«t n.imbn^; rxrrcii-c*. — Géométrie : Fin dit Ihci»i+ni»» rotant» aux aMglti qui uni leur Minrl en un mfimv V«nm. Vktftiqne ; prtanlcur do l'air cl du fluid» aérifurmn; inaeliioc pncunialiqitu piiwilive. — Technologie ; LVIIniliim; ui.IruniiMUmraloire, iW la |K-lile culture; ^rair.- D.-ii.ba.le. Variétés: ArcMnloflie ; pienc» .Irurdi.jue»;

GRAMMAIRE FRANÇAISE

DES 1-nODUITS DK LA PAHOLE, SONS KT ARTICULATIONS. (SlITE.)

Des consonnes ou articulations. — On donne le nomderonaûiinMOu d'articulations aux résulta tsdes contacts que peuvent exercer les uns sur les autres les divers organes de l'appareil vocal. Ces résultats son rendus sonores par les voyelles.

Quand un contact a lieu dans un temps assez court pour être regardé comme instantané, on dit qu'il donne lieu à une consonne ou articulation explosive.

Quand un contact se prolonge en Raccompa-

gnant d'un bruit de la bouche, on dit qu'il donne lieu à une consonne ou articulation sifflante.

Quand un contact se prolonge en s'arcompagnant d'un bruit du nez, on dit qu'il donne lieu à une consonne ou articulation nasale.

Lesarliculalions peuvent être produites par trois parties distinctes de l'appareil vocal, savoir : t'arrière-bouche, la Iwuche interne et la bouche externe. De cette triple origine résultent trois grandes classes de consonnes qui sont : les gutturales, les buccales et les labiales.

La classe des gutturales ne comprend qu'une seule articulation : c'est celle que l'on figure graphiquement par H, et qui résulte d'un souffle énergique du gosier.

Les consonnes buccales sont produites par un même organe, frapj>ant ou vibrant, la langue. Quand la langue agit par percussion, c'est-à-dire en frappant, elle peut, suivant le point qu'elle lieurlo don ner naissance à deux familles de consonnes buccales; en «attachant a la voûte du palais, elle engendre toute la famille des consonnes palatales; en pressant contre les dents et les gencives de la mâchoire supérieure, elle donne les articulations formant la famille des dentales. Enfin, quand la langue no fait qu'exécuter dos vibrations, sans toucher à un endroit bien déterminé de l'intérieur •le la bouche, il en résulte les consonnes qui constituent la famille des linguale*.

Famille des palatales. — Cette famille présente deux ordres distincts : i° celui des palatales ordinaires; 2» celui des palatales chuchotantes. Voici le tableau des consonnes du premier ordre :

explosives |

(forte K faible G

Palatales ordinaires.

(n'cxislriit pas pu français ; devraient être identiques aux deux [faible! CU allemands, le 1 fort et le faible.

GN ou NG.

En pressant la partie moyenne de la langue contre le palais on obtient, par un effort énergique, une explosion forte, K. Une pression moins forte donne G.

Pour produire la naso-palatale GN, ou NG., la langue, par sa partie moyenne, se presse contre le palais et refoule le son dans les narines.

Voici maintenant le tableau des palatales chuchotantes :

t n'existe { çais ; [ égale à

pas en franelle serait TCll.

Palatale»

chuchotantes.

/ forte

explosives/

1 j n'existe pas en fran- [ faible; çais ; devrait va- | loirDJ.

sifflantes

forte CH.

(faiblo J.

Dentales ordinaires.

I forte JTll faible D.

! forte S.

faible Z.

Nasale N.

I sifflantes

nasale ,

n'existe pas en français ; serait identique à NJ ou JN.

Pour produire les palatales chuchotantes, la langue s'appuie sur l'arcade dentaire inférieure, en môme temps qu'elle se voùlc dans sa partie moyenne. En prenant celte position, la langue comprime, dans la région supérieure du palais, l'air sonore qui s'échappe bientôt avec un bruit particulier : le bruit TCH, si la compression a été forte; le bruit DJ, si elle a été faible. Lorsque le contact de la langue n'est pas assez marqué pour empêcher l'air de passer librement, on n'obtient qu'un faible chuchotement sans explosion, CH, ou bien l'articulation faible correspondante /.

Famille des dentales. — Cette famille, considérée dans sa composition la plus générale, comprend deux ordres : 1« celui desdentales ordinaires obtenues par différentes pressions de la langue contre les dents et la gencive de la mâchoire supérieure; 2° L'ordre des dentales cérébrales, qui se produisent toutes les fois que la pointe de la langue se replie sur elle-même pour aller s'appliquer au fond du palais. Le français ne possédant point de dentales cérébrales, nous nous abstiendrons d'en présenter le tableau et donnerons seulement cicelui des dentales ordinaires.

La langue donne T, TU et D en frappant l'air sonore compris entre elle et la voûte palatine; au lieu de i el.i, si elle ne fait que silller cet air, on a seulement S ou sa faible correspondante Z.

La nasoilentale N n'est pas autie chose que notre N ordinaire.

Famille des linguale*. — Les deux consonnes K et L, qui constituent cette famille, doivent leur existence aux vibrations prolonges des diverses parties de lu langue. La langue pouvant vibrer de trois manières différentes, on conclut de là qu'il y a trois sortes de R et autant d'espèces de L.

Les trois sortes de R. sont : {" le R grasseyant ou emirfuilintie, produit par de rudes vibrations de la base de la langue; 2<> le R ordinaire, qu'on obtient en faisant vibrer simultanément la pointe do la langue et sa partie moyenne; 3" le R liquide ou atténué, résultant do légères vibrations de l'extrémité de la langue contre le palaiset les gencives.

La consonne L n'est qu'une atténuation, qu'un diminutif de H ; elle se produit, au lieu de R, quand les mouvements vibratoires de la langue s'affaiblissent. Il existe également trois sortes de L : 1° le L emphatique inconnu chez nous, mais qui existe chez les Polonais; î° le L ordinaire, que nous possédons ; 3" le L liquide ou mouille que nous avons aussi.

Famille des labiales. — La classe des articulalions produites par la bouche externe, c'est-à-dire par les joues et les lèvres , ne comprend qu'une seule famille, celle des labiales. Voici le tableau des consonnes labiales :

(forte P.

' explosives <

(faible B.

Labiales. sifflanles < \ nasale .

forte F.

faible V.

De même qu'il existe des sons diphthongues, il existe aussi des articulations composées ; elles consistent en deux consonnes prononcées par une seule émission de voix. Telles sont, par exemple, les articulation* composées BL, BR, PS, KS que l'on représente en français par le seul signe graphique X, etc.

REPRÉSENTATION GRAPHIQUE DES SONS ET DES articulations; ALPHABET.

Jusqu'à présent, nous n'avons fail qu'énumérer les articulations qui composent les mots <lc la langue française, fans dire comment on les représente. C'estde quoi nous allons nous occuper maintenant. L'ensomble des signes employés dans ce but a reçu le nom à'alpliabet. Nous n'avons pas d alphabet qui nous soit propre; nous avons emprunté aux Romains celui dont nous nous servons. Il a. un double défaut : il est à la fois insuffisant et surperflu ; insuffisant, en ce que chaque son, chaque articulation, réellement distincts, ne sont pas représentés par un signe unique, qui leur soit particulier; surperflu, en ce sens qu'il existe dus sons et désarticulations, à la représentation desquels plusieurs signes différents sont inutilement affectés. En passant en revue tous les sons et toutes les articulations inscrits dans les tableaux précédemment exposés, nous allons démontrer cotte assertion.

La voyelle par excellence est représentée par le signe graphique .4, la voyelle palatale par / ou Y, la voyelle sourde ou indifférente par E; le* sons compris entic A et 1 par ce même e surmonté de ces deux signes (') et P), qui ont été appelés, le premier accent aigu et le second accent grave. Ainsi, ces deux sons sont figurés comme on le voit ici : é, è. La première de ces figures s'appelle l> fermé ; la seconde, \'e ouvert. Le son correspondant à l'c ouvert est encore représenté par les doubles signes ai, ei, comme on le voit dans ces exemples : traite, jteine. De plus, le signe ai a quelquefois le son de l'c fermé, exemple : je ferai.

Les dpux sons un peu moins graves que la voyelle labiale sont figurés, le premier par o ; le second par cette même lettre surmontée d'un accent circonflexe (A), ou bien encore par au. 1-e son simple inlermédiaire entre Ici OV est représenté par ce caractère V. La voyelle labiale est figurée d'une manière défectueuse, puisqu'il n'y a pas pour elle de signe particulier, et qu'on la rend par la combinaison des lettres O et U, ce qui donne OU. Le son provenant de la fusion do O et E muet est de même représenté par la juxtaposition des caractères e et u, ce qui produit eu. On voit donc que tous les sons simples portés au tableau des voyelles no sont pas du tout figurés d'après une méthode uniforme : les uns étant représentés par un signe unique, et les autres par deux signes qui, prononcés séparément, ne feraient [•as entendre le même son que celui qu'on leur attribue, quand on les considère comme formant un tout indivisible. Des observations analogues

pourraient être faites sur plusieurs diphthongues. Nous ne nous arrêterons pas à ces détails. Venons maintenant aux articulations :

La voyelle gutturale a ce signe représentatif: H.

La palatale forte est tour à tour figurée par Jfc, r , qu ; la faible, par g et gu ; la palatale nasale par gn, qui est une combinaison de g et de la dentale nasale.

La sifflante forte des palatales chuchotantes n'est représentée que par le double signe ch, tandis que la sifflante faible du môme ordre Test par le signe unique j.

Parmi les dentales, la forte est figurée par t et th ; la faible par d, la sifflante forte tantôt par *, tantôt par c, tantôt mémo par t, comme cela se voit dans les mots : santé, cécité, ambition; la sifflante faible a pour signe représentatif tantôt s, tantôt *, exemples : zéphire, $aison. Le signe de la dentale nasale est «.

Les deux linguales sont représentées, la première par R ou rh, la seconde par J ou ill.

Les labiales sont figurées par les caractères p, b, f ou p/i, r et m.

Certaines articulations composées sont figurées graphiquement pur un signe unique : telles sont : gz et ks, qu'on représente l'uno et l'autre par la lettre .r.

En résumé, voici le9 vingt-cinq lettres ou caractères simples qui, s«uls, ou combinés deux à deux, représentent, plus ou moins heureusement, tous les sons et toutes les articulations de la langue française : a, b, c, <l, e, f, g, h, i,j, k, l3 m, n, o, p, q, r, i, t, u, r, t. y, z.

Ces vingt-cinq lettres sont ici rangées dans l'ordre suivant lequel les disposaient les Romains. Cet ordre est tout à fait arbitraire; rien ne saurait le justifier. L'alphabet ainsi disposé ne sépare même pas les voyelles des consonnes. Il serait grand temps d'en venir a une classification plus logique. Pourquoi les auteurs des méthodes de lecture qui apparaissent chaque jour, n'adopleraient-ils pas enfin la classification des voyelles et consonnes par familles naturelles? Tout le monde, ou à peu près, est d'accord maintenant sur cette classification. Les enfants se familiariseraient avec elle dès l'âge le plus tendre, et il n'y aurait plus à y revenir par la suite.

De là, double profit : acquisition faite sans plus d'efforts de connaissances plus précises, économie de temps. Or le temps est l'étoffe dont la vie est composée, nou9 dit la Sagesse des nations.

Mbrlettb.

PREMIERS EXPRCICES DE 'STYLE

Vieux français à traduire en françaia moderne

lailC.VTION DE GARGANTUA

« Se esueilloyt doncques Gargantua cnuiron quatre heures du matin. Ce pendent quon le frottoyt, luy estoyt leue quelque pagine de la diuinc Escripture, haullement et clerement, auecques pronuncialion compétente a la matière, et a ce esloyt commiz ung ioune paige nalif de Basché, nommé Anagnostcs. Selon le propous et argument de ccsle lcczon. souuentes foys se adunnoyl a reuerer, adorer, prier et supplier le bon Dieu, duquel la lecture monslroyt la maiesté et merueilloux.

Yceulx propous tenuz, faisoyent soutient, pour plu9 csl re asseurez, appourter les liurcs susdieiza table. Et si bien et entièrement retint en au mcmojre les choses dictes que, pour lois, nestoyt medicin qui en secust a la moitié tant comme il faisoyt. Après, deuisoyent des leczons leues on matin, et, pararheuans leur repast par quelque confection do coloniat , sescuroyt les dens auecques un;; trou de lenlisce, se lauoyt les mains et les yeulx de belle eaue fraische, et rendoyent grâces a Dieu par quelques beaulx canlieques biclz à la louange de la munificence et bénignité diuine.

» Ce faict , on appourloyl «les chartes, non pour iotier, mais pour y apprendre mille petite* gentillesse* et inuentions nouelles. Lesquelles toutes y>soyent de arithmeticque. lin ce moyen, entra en affection dycelle science numérale, et, tous les iours après disner et soupper, y passuyl temps aussy plaisaiilenient quil soulovt eu dez ou es chartes. A tant sceul dycelle et llieoricque et pra-

» Ce faict, estoyt habillé, pigné, testonné, acouslré et perfumé, durant lequel temps on luy'ticque, si bien queTunstal, angloys, qui en auoyt repeloyt les leczons du mur dauant. Luy mesme : amplement escripi, confessa que \ ravinent, en

les disoyt par cucur, et y fondoyt quelques cas pralicques concernens lestai humain ; lesquelz ilz ostendoyent aulcunes foys iusques deux ou trois heures ; mais ordinairement cessoyent lors quil esloyt du tout habillé. Puys, par troys bonnes heures, luy esloyt laide lecture.

» Ce faict. issoyent hors, tousiours conferens des propous de la lecture, et se desporlojcnt en j plie ancienne et celle qui est usitée de nos jours.

comparaison de luy, il ny entendoyl que le hault alemant. »

(Rabelais.)

Ukmahqi'E. — Pour faciliter la lecture et l'intelligence de ce texte, il est bon d'exposer les principales différences existant entre l'urthugra-

Dracque, ou es prez, et iouojenl a la balle, a la paulme , a la pile trigonc , guulantement sexerceans le corps, comme ilz auoyenl les ames auparauanl exercé. Tout leur ieu nestoyt quen literie : car ilz laissoyent la partye quand leur plaisoyt ; et cessoyent ordinairement lors que suoyenl parmy le cors, ou estoyent aultreuienl las. Adoncq estoyent tresbien essuez et frottez, changeoyent de chemise, et. doulcemcnt se pourmenans, alloyenl veoir si le disner estoyt prest. La altendens, recitoyent clerement et eloquenlement quelques sentences retenues de la lcczon.

» Ce pendent monsieur lappelit venoyt, et, par bonne opportunité , sasscoyent à table. On commencement du repast , estoyt leue quelque hysloire plaisante des anciennes proesses, iusques a ce quil cusl prins son \in. Lors (si bon seinbloy t) on continuoyl la lecture, ou comiuenccoyenta deuiser ioyeusemenl ensemble, parlanspourlcspremiersmotz, dejla vertus, propriété, efficace et nature de tout ce que leur estoyt scruy a table : du pain, du vin, de leaue, du sel, des viandes, poissons, fruiclz, herbes, racines et de lapprest dycclles. Ce que faisant, apprinl en peu de lem|>s tous les passades a ce compétens en Pline, Athénée, Dioscorides, Iulius Pollux, Galen, Porphyre, Opian, Polybe, Heliodore, Arislotcles, Elian , et aultres.

*o En général, la li-ltre u placée devant une voyelle doit être remplacée par ». 2° ïr se rencontre souvent au lieu de i. 30 Les imparfaits terminés aujourd'hui en ait le sont dans le texte par oyt, laistoyt, pour towsait.

.4° La lettre s remplace très-souvent l'accent aigu, l'accent circonflexe [estre pour Ure), cl la lettre t {cette pour cette) ; quelquefois aussi elle est explétive.

Le mol emeiUoyt réunit un exemple des quatre règles quo nous venons de formuler. Changeons s en accent aigu, tt on r, et oyt en ait, nous avons ce mot écrit selon l'orthographe moderue, éveillait.

'ùo Devant une voyelle on rencontre i pour j. Ex., Maiettc, iuijement pour ma jesti , jugement .

60 La syllabe ou remplace la voyelle o. Ex. propous, appourter, pour propos, apporter.

7» A la fin des mots, le s lient quelquefois lieu d *. Commiz, prez, pour cotnmis, pré*.

8° Les pronoms ceux, celles, sont remplacés par yce«U, ytelles.

9° Donc, avec s'écrivent doncques, auecques.

10° Quelques mots d'origine latine ont conservé cerlainos lettres provenant des mots dont ils dérivent.

Ex , Escripture, hautement , manstrer , faict , pour écriture, hautement, montrer, fait.

11° Le y est presque toujours suivi do m. Ex., Guaiantement, pour galantement.

12* On se rend aujourd'hui parati. Un s'écrivait

autrefois uny.

A ces règles, nous ajouterons un vocabulaire de

roots inusités maintenant, et de quelques noms

propres cités dans ce morceau.

Payine, mot tiré du latin et signiOant petite

page.

De*fwrtoyent , imparfait du verbo desportor , c'est-à-dire allaient, se transportaient.

Essnez, pour essuyés.

Proesses pour prouesses.

Cotoniat, cotigniac , sorte do confitures de coiugs.

Lentisce, lentisques, arbro résineur et {aromatique.

Yssoyent, imparfait du vieux verbe yssir, sortir, dont il nous ost resté issu, issue.

lirarque, jeu de paume, au faul>ourg Saint- Marceau, qui avait pour enseigne un chien bracque.

Pline, naturaliste latin, né sous lo règne do Tibère. Il périt victime fie son amour pour l'élude, en voulant observer de trop près! l'éruption du Vésuve <pii, en l'an 7î), engloutit les vïllos d'IIorculanmn, de l'ompéia eldeSiabia.

Athénée, compilateur grer de Naucralis, en fcgypte.

Dioscorvie, célèbre médecin grec du temps de César.

lullius Poilus, historien grec du ivo ou du v* siècle après Jésus-Christ, est auteur d'une chronique depuis l'origine du monde jusqu'à Valons. If était chrétien.

Galen, Galien, célèbre médecin de Pergnmc. Porphyre, poêle latin, qui vivait sous Constantin, lin philosophe célèbre du même nom brillait dans l'école d'Alexandrie vers la lin du in* siècle de notre ère.

Opina, Oppien. poète grec du il' siècle de l'ère chrétienne, auteur d'un poème didactique sur la poche et d'un autre sur la chasse.

Pohjbe, historien grec, de Mégalopolis, précepteur de Scipion l'Africain.

Hèliodore, rhéteur du temps d'Auguste.

. Arùtoleles, Aristote, de Stagyre en Macédoine, philosophe célèbre, précepteur d'Alexandre.

Elian, Elien, écrivain grec du m" siècle, né à Prœneste et qui enseigna la rhétorique à Rome.

Hauviox jeune.

(Le corrigé de ce devoir au prochain numéro.)

GÉOGRAPHIE ÉLÉMENTAIRE

NOTIONS PRÉLIMINAIRES (sLITE).

K8. Les différentes parties d'eau prennent les noms de Mer ou Océan, «le golfes, de baies, d'anses, de rades, de porto, do détroits, de lacs, do fleures, de rivières, etc., etc.

fi9. On divise les eaux en eaux marines ou salées et en eaux douces ou pntaldes; celles-ci se subdivisent en eaux courantes et en eaux staynantes.

fit). Eaux marines. — Ce qui distingue les eaux marines des eaux douces, c'est la salure. Cette salure, dont on ne connaît pas la cause, rend l'eau marine plus pesante que celle que nous buvons : ou estime que 100 litres d'eau de mer pèsent autant que 103 litres d'eau douce.

61. On appelle mer ou océan la vaste élenduo d'eau salée qui couvre un peu plus des deux tiers de la surface de notre plobe. On appelle encore mers diverses parlies de l'Océan auxquelles on donne, d'après leur position géographique, des noms particuliers.

6î. On donne le nom de golfe à une portion do mer qui pénètre dans les terres. La baie est un m fonce ment plus petit que le golfe.

L'anse est plus petite que la baie.

63. On appelle rade une portion de mer abritée par les cfttes, et où les vaisseaux peuvent jeter l'ancre.

64. On donne le nom de port" à une portion de mer s'avançant dans les terres, et où les navires trouvent un abri contre les vents et les tempêtes.

6.5. On appelle détroit une partie de mer resserrée entre deux terres, et qui fait communiquer ensemble deux mers différentes, ou deux parties d'une même mer.

66. Les inégalités que nous remarquons à la surface des terres existent aussi au fond de la mer : Ainsi les Iles, les écueils, les récifs, les brisants, etc., ne sont autre chose que les sommets des montapnes , des plateaux qui sillonnent le lit de l'Océan.

67. On appelle bas-fonds les endroits où la surface de la mer s'élève |>eu au-dessus des sommets des montagnes, des plateaux, des collines de l'Océan.

68. Eaux courantes. — Les eaux provenant de la chute des pluies, de la fonte des neiges et des placiers pénètrent à travers les terres où elles circulent, jusqu'à ce qu'elles trouvent une issue à la surface du globe. Ces eaux, en s'échappant du sein des terres, donnent naissance à des cours d'eau qui prennent, d'après leur nature ou leur importance, les noni9 de fleuves, do rivières, do museaux, de torrents, etc., etc.

69. On appelle source l'endroit où commence un cours d'eau quelconque.

70. On appelle fleuve un cours d'eau qui 5e jette dans la mer, quels que soient d'ailleurs le volume et l'étendue du cours d'eau.

71. On donne le nom de rivière à un cours d'eau qui se jette dans un fleuve ou dans une autre rivière.

72. On appelle torrent un courant d'eau trèsimpétueux qui se précipite dans des vallées fol lement inclinées. Comme ces cours d'eau sont formés par une abondante chute de pluie, ou une fonte subite de neigos , leur existence n'est que temporaire, et leur lit est à sec pendant une partie de l'année.

73. On appelle afflwuts tous les cours d'eau qui se jettent dans un fleuve ou dans une rivière.

74. On donne le nom de thalweg (mol allemand qui veut dire chem'm de la rallie) à la ligne formée par la rencontre des deux plans inclinés qui forment uno vallée. Les eaux des sources, des ruisseaux et des rivières sonl entraînées par l'inclinaison du terrain dans le thalweg, c'est-à-dir e dans le lit où coule le fleuve.

75. On appelle rive droit* d'un cours d'eau le côté qui est à la droite d'une personne qui suit le courant de l'eau; le coté opposé s'appelle rire gauche.

76. On donne le nom de confluent à l'endroit où deux cours d'eau se réunissent pour n'en plus former qu'un seul.

77. On appelle embouchure le lieu où un fleuve se jette dans la mer.

78. Il arrive quelquefois qu'un fleuve se divise en plusieurs branches, avant de se jeter dons la mer. Il délimite ainsi une portion de terre coupée eà et là par les différente bras du fleuve, et à laquelle on a donné le nom de delta, par analogie avec la forme de la lettre grecque qui porte ce nom.

79. Si nous prenons deux points sur le même cours d'eau, le plus près de la source est dit en amont de l'autre ; ce dernier, situé plus près de l'embouchure, est dit en aval.

80. On appelle gui l'endroit où un cours d'eau peut être traversé à pied. Quand cela a lieu, on dit que le cours d'eau est guéable en ce point.

81. On appelle bassin d'un fleuve, l'ensemble de» vallées arrosées par ce fleuve et ses affluent*.

8î. On donne le nom de ctinture de bassin à la suite des hauteurs qui enveloppent tout le pays arrosé par un fleuve et ses affluents.

83. Eaux stagnantes. — On appelle la* une étendue d'eau entourée de terres do tous côtés. Il y a des lacs qui, à cause de leur étendue, ont reçu le nom de mers.

84. On appelle marais une étendue d'eau moins profonde qu'un lac. Les bords des marais sonl fangeux et leurs eaux laissent à découvert une partie des plantes qui y croissent.

8.'». On appelle lagune* des terrains défoncés ù l'embouchure îles fleuves. Ces terrains ne sonl plus de la lerre; ils ne peuvent pas encore prendre le nom de mer.

86. On donne le nom à'ètangs à des étendue* d'eau moins considérables que les lacs, et creusées ou seulement agrandies par la main de l'homme.

87. La partie de la surface du globe occupée par les lerres se divise en trois mondes : Vaneum monde, le nouveau monde ou Amérique, et le monde maritime ou Océanie.

88. La portion de la surface du globe occupée par les eaux se divise en cinq parties, savoir : L'océan Glacial arctique ou boréal, l'océan Glacial antarctique ou austral, l'océan Atlantique, l'océan Indien, et le Grand-Océan.

89. L'a»iri>n monde se compose de l'Europe à l'Ouest, de l'Asie à l'Est et de l'Afrique au Sud. Il est Iwné au Nord par l'océan Glacial arctique; a l'Ouest, pjr l'océan Atlantique; au Sud, par l'océan Indien ; à l'Est, par le Grand-Océan.

90. Le nouveau monde, ainsi appelé par les Européens, parce qu'ils ne le connaissent que depuis le xv* siècle, est compris entre l'océan Glacial arctique au Nord, l'océan Atlantique à l'E*i, et le Grand-Océan à l'Ouest. Il se compose de deux grandes presqu'îles réunies par l'isthme de Panama.

91 . L'Océanie, ou monde maritime, est située au sud-est de l'Asie, et se compose de toutes les lies répandues dans le Grand-Océan. Le monde maritime se divise en Malaisie, Micronésie, Mèlanësie, et Polynésie.

9î Les lies répandues dan* les mers sont regardées comme faisant partie des continents dont elles sonl le plus rapprocliées.

93. I/oréan Glacial arctique baigne le Nord de l'Europe, de l'Asio et de l'Amérique.

94. L'océan Glacial antarctique ne confine à aucune terre habitée.

95. L'océan Atlantique est compris entre l'ancien monde à l'Est, et le nouveau à l'Ouest.

96. L'océan Indien est compiis entre l'Afrique à- l'Ouest, l'Asie au Nord, et le monde maritime^ I Est.

97. Enfin, le Grand-Océan est compris entre les deux Amériques à l'Est, et l'Asie à l'Ouest.

E. Fernkt.

HISTOIRE DE FRANCE

Le territoire qui, dans l'antiquité, portait lo nom de Gaule, comprenait dans son étendue la Fiance actuelle, la Suisse, la Belgique el la Hollande. La Gaule était limitée à l'Est par lo Rhin et les Alpes; au Midi, par la Méditeranée el les Pyrénées; a l'Ouest, par l'océan Atlantique, eluu Nord, par l'océan Germanique. Celle vasle étendue de pays esl divisée en deux grands versants; l'un, qui \a porter ses eaux dans l'océan Atlantique, la Manche et l'océan Germanique; l'autre, qui coule vers lo midi et envoie ses eaux dans la Méditerranée. Ces deux versants sont séparés par une chaîne non interrompue de montagnes, qui s'élend des Pyrénées aux Alpes. Le versant de l'ouest est sillonné par cinq grands fleuves principaux : le Rhin, la Meuse, la Seine, la Loire et la Garonne. Le versant du sud n'esl arrosé que par uu petit nombre de fleuves ; la plupart ressemblent à îles torrents; ils prennent naissance dans les A!|>es, les Pyrénées et les Cévennes. Parmi ces cours d'eau on peut citer : le Rhône, dont la Saône est le principal «Muent ; 2'> le Var, qui se jelUdans la Méditerranée.; .t« l'Hérault, qui a sa source dans les Cévennes; 4" l'Aude, qui descend des Pyrénées.

La Gaule, bien que couverte en grande partie de forêts et de marais impénétrables, était renommée par la douceur de son climat et la fertilité de son sol. L'heureuse disposition des fleuves qui la sillonnent, élait propre ù établir de faciles communications entre les habitants des points les plus reculés do son territoire, aussi bien qu'entre les Gaulois et les nations limitrophes.

Si nous remontons jusqu'aux temps antéhi*loriques, nous trouvons lo sol do la Gaule occupé par des peuples nains, nomades el anthropophages, de rnev tartin e . Ces peuplades, qui ont laissé des traces évidentes de leur existence et de leur barbarie, ontét;; dépossédées par des peuples de race indo-germanique à une époque qu'il esl difficile de bien préciser, mais que l'on s'accorde à placer vers l'an l'iOO avant J.-C. Ce qui parait certain, c'est que dès le huitième siècle avant notre ère, la Gaule était déjà habitée par des peuples d'origine Kimmèriquc ou Keltù/ue venus, les uns de la Germanie, les autres du pays des Sikules. Ces peuples, auxquels nous donnerons désormais le nom de Gaulois, ont refoulé les anciens possesseurs du sol jusque dans les monts Cantabres, où ils se sont perpétués jusqu'à nos jours sous le nom do Basques. Au septième siècle avant J.-C, des tribus gauloises franchirent les Pyrénées el se trouvèrent

en présence des Ibères, maîtres de la riche presqu'île désignée par h?9 Phéniciens et les Carthaginois sous le nom do S'fàni, connue des Latins sous le nom d'Hispania, et que nous appelons la péninsule hispanique. La conquête ne prit pas dans ces belles contrées tin caractère barbare. Les envahisseurs se mêlèrent aux Ibères, et constituèrent dans la suite plusieurs tribus, qui empruntèrent leur nom à la langue celtique. Tels étaient les Galliks habitants de la Gulltcie. Au reste, il est probable, comme l'attestent un grand nombre do mots communs ù la langue basque et aux langues celtiques, ainsi que des noms de localités du midi et de l'ouest de la France actuelle, que les Celles se mêlèrent en partie à leurs prédécesseurs.

Vers le cinquième siècle avant notre ère, les tribus celtiques, se sentant trop à l'étroit sur lo continent, ou poussées par leur humeur aventureuse, passèrent dans les iles de la Grande-Bretagne. Elles ne trouvèrent, disent les vieilles traditions eambriennes, aucun habitant humain, mais seulement des ours el des bœufs sauvages. Il est démontré aujourd'hui qu'il n'en fui pas ainsi, ot «pie les envahisseurs durent rencontrer sur lo sol britannique la même race d'hommes que leurs ancêtres avaient di*jà vaincue en entrant dans les Gaules. Les Kelles s'établirent dans l'île de Man, «lui fut dans la suite lo centre dos institutions religieuses des nouveaux habitants. D'autres tribus se fixèrent dans la partie méridionale de la Grande- Bretagne, qu'il désignèrent sous lo nom d'Albion. A une époque plus rapprochée de nous, une parlio de ces derniers fut refoulée au nord, par les Saxons , dans le pays de Cambrie, une aulre repassa la nier sous la conduite de Uu-!e-fort, et vint aborder en Armorique.

Les Gaulois, pressés par les différents peuples qui commençaient à s'établir entre l'Oder, le Danube et le Rhin, durent encore une fois chercher de nouvelles terres. Les tribus émigranles se tournèrent vers l'antique berceau de leur race. C'est ainsi que dans l'année 889 avant J.-C., le roi Ambigatus fil partir deux colonies de Gaulois sous la conduito de ses deux neveux, Sigovesuset Bellovesus. Sigovasus, à la tète des Botes so dirigea vers la forêt Hercynienne en Germanie, el ensuite gagna les bords du Danube. Bellovesus au contraire, tourna ses pBS vers l'Helvélio el l' Italie où il retrouva les descendants des Gaulois , qui jadis avaient aussi émigré. H fonda au milieu d'eux la ville de Mtdiolanum, aujourd'hui Milan. D'autres tribus, quittant également la Gaule, s'en allèrent peupler les bords de l'Adriatique.

Vers l'année 391 avant J.-C, une troupe de Gaulois, comprenant environ trente mille hommes, descendit de l'Apennin pour entrer dans l'Ltrurie. Le^ nouveaux venus demandèrent des

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terres aux habitants de la ville de Clusium. Ceuxci effrayes prièrent les Romains de leur porter secours. Le sénat de Rome envoya trois ambassadeurs pris dans la puissante famille des Fabius, v De quel droit, dirent ces députés, envahissez-vous les terres des Clusiens?— Du droit du plus fort, » leur répondit audarieusement le Brcnn ou-chef d«s Gaulois. Ces paroles blessèrent la fierté des Romains qui, oubliant le but de lenr mission, se placèrent dans les rangs des assiégés. L'un d'eux, Ambustus, tua dans une sortie un des chefs Gaulois. Ceux-ci justement irrités, s'abstinrent momentanément de toute hostilité, et enNoyèrent demander satisfaction à Rome. Le collège des Féciaux appuya la demande des Gaulois ; mais la famille Fabia l'emporta, et le peuple romain, non content d'ab>oudre ses embassadeurs , conféra à chacun d'eux la charge de tribun militaire.

ILuvion aîné.

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