DE LA FORMATION DES TEMPS DANS LA VOIS ACTIVE
Sous ce titre, la plupart des grammairiens donnent un recueil de moyens mécaniques grâce auxquels, étant donnés quelques-uns des temps d'un verbe, on en peut déduire tous les autres. Les temps qui sont censés contenir tous les autres en germe sont appelés temps primitifs, et les autres ont reçu la dénomination de temps dérives. Les grammaires élémentaires admettent cinq temps primitifs, savoir : le présent de l'infinitif, le garlieipe prêtent, le participe passé, le présent de t 'indicatif et \e passé défini.
On dit que le présent de l'infinitif forme : 1° le futur de l'indicatif, par le changement de r, oir ou re en rai, ras, etc. Ici, par hasard, on est tombé à peu près juste; car nous avons vu que le futur français résulte de la combinaison de l'infinitif du verbe que l'on conjugue avec le présent de l'indicatif du verbe avoir; t° on admet en outre que le présent de l'infinitif forme encore le présent du conditionnel parle changement de r,oir ou r«en rais, raist etc. Mécaniquement la chose esfjx^;
sil,1°i "'ai?, au point do vue historique, rien de plus faux; car, ainsi que nous l'avons Tait voir en passant en revue les quatre conjugaisons, le présent du conditionnel français est tiré de l'imparfait du subjonctif de la conjugaison latine.
On reconnaît au participe présent le privilège do former trois temps, savoir: 1» les trois personnes du pluriel du présent de l'indicatif, par le changement de ant en ont, r;, eut; 2« l'imparfait do l'indicatif, par le changement de aut en ait, ois, etc.; 3" le présent du subjonctif par le changement de mil en*, et, etc.
On dit que le participe passé forme tous les temps composés ou périphrastiques au moyen de l'auxiliaire armr ou de l'auxiliaire vtre. Ici ou est complètement dans le vrai.
On admet que le présent de l'indicatif forme celui de l'impératif; ce qui n'est pas trop déraisonnable, à cause de l'identité des formes de ces deux temps.
Enfin on assure que le passé défini donno naissance à l'imparfait du subjonctif. Cela est manifestement faux; car ce dernier temps provient du pluâ-qtie-parfeit du subjonctif latin.
Que conclure do tout ce qui" précède? Deux choses: <o cpi'on ferait bien de se dispenser d'enseigner des faussetés manifestes; il reste assez de règles vraies à foire connaître sans s'ingénier à en inventer d'inexactes; 2° on pourrait cependant faire remarquer une certaine analogie de formes qui existe entre les temps dits primitifs et ceux que l'on considère comme dérivés do chacun d'eux. Cette analogie est sensible surtout dans les verbes que l'on a appelés irréguliers. Il n'y a pas lieu de la remarquer dans les terminaisons qui constituent la partie toujours uniforme et en quelque sorte immuable de- verhes; mais parfois on ne saurait en nier l'existence dans la partie radicale. Citons-cn un exemple. Le verbe pciiulrr, qui fait au passé défini : jê peignit, fait à l'imparfait du subjonctif: que je peignisse. Dans ces deux formes, le radical du verbe est identique,
C'est à ce point .d° Vll° seulement que l'on peut justifier, dans une certaine mesure, l'exactitude des prétendues règles données pour la formation des temps dans les verbes.
mierc personne du pluriel, temps présen ' conditionnel, verbe transitif, voix activo conjugaison. '
DICTÉE D'ORTHOGRAPHE USUK