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SBITB DU PISTIL DE LA GIROFLÉE

Nous avons vu que le pistil do la giroflée, qui parait unique quand on ne l'examine que superficiellement, présente en réalité deux cavités ou loges séparées l'uno de l'autre par une cloison. Cette cloison est formée de deux feuillets ou lames accolées l'une à l'autre et qui sont distinctes pendant la jeunesse du pistil. On les regarde généralement comme une dépendance des placentaires qui, par une exubérance de vie, auraient produit ces prolongements qu'on ne leur voit point dans la plupart des plantes. Chaque placentaire fournit un de ces appendices, ce qui fait quo chacune de nos deux lames est formée de doux pièces. Ces pièces, au moment où elles apparaissent, s'agrandissent en allant des placentaires au centre du fruit, où elles finissent par se rejoindre. Tout, dans la structure du pistil de la giroflée, nous porte donc à considérer cet organe comme

un pistil double et composé de deux carpelles soudés l'un à l'autre. Les faces du pistil double sont appelées les valves du fruit. Elles reçoivent diverses épithètes suivant leur forme. On les dit planes quand elles sont unies comme une feuille de papier; concaves, quand elles sont creusées, en gouttières. Il est bien entendu que, dans ce cas, leur concavité est tournée en dedans. Enfin, ces mêmes valves sont dites carénées quand elles ressemblent à la quille d'un vaisseau. Le pistil de la giroflée, et en général celui des crucifères, oiïre une organisation toute spéciale. Il n'a guère d'analogue dans les autres ramilles de plantes. Aussi a-t-on jugé à propos de lui donner un nom particulier et de le baptiser du nom de silique. Il y a deux sortes do siliques : \* la silique proprement dite, constituée par un fruit au moins quatre ou cinq fois plus long que large; ce qui lui donne une apparence linéaire. Tel est, par exemple, le fruit de la giroflée; tel est celui du çhou, etc.; 2" La silirule ou petite silique, fruit organisé comme le précédent, mais dont la largeur égale à peu près la longueur. Tantôt la silicule eSl arrondie en tout sens, comme clans la camrline; tantôt elle a la forme d'un cœur (fig. 41), ainsi qu'on le voit dans la plante désignée vulgairement sous les noms de bourse à pasteur, bourse de Judas. Pour achever de décrire entièrement la fleur do la giroflée, il y aurait encore à parler de la structure de la graine, mais nous renverrons cette élude à une époque où nous serons plus avancés en botanique.

Des analogies de conformation, bien évidentes dans beaucoup de plantes, ont porto les botanistes partager les végétaux en groupes appelés familles naturelles. Deux plantes sont regardées comme appartenant à la même famille, quand leure pistils sont aussi semblables que possible , quelles que soient d'ailleurs les différences que présentent les autres parties de la fleur. Une mémo famille se di- \ise d'abord en tribus ou sections. Celte nouvelle division est quelquefois arbitraire, ce qui fait ju'ellc varie suivant les auteurs. Nous en avons tin exemple dans la famille des crucifères. Linnéo la partageait en doux grandes sections, savoir : la section des siliquenscs, comprenant toutes les crucifères dont le fruit est une silique, et la section îles silu uleuses, qui renferme toutes celles dont le fruit est une silicule. Adanson, ajant étudié le premier les nectaires des crucifères, rangea toutes ces plantes dans quatre sections qui ont pour types les choux, les lunaires, les thlaspis et les raiforts. Antoine Laurent de Jussieu en revint à la subdivision de Linnée. Pyrame de Candollc no suivit pas les errements d'A. Laurent du Jussieu, ni ceux d'Adanson, ni ceux de Linnée^ Pour bien comprendre ce qu'il fit, il faut quo l'on sache au juste ce que l'on entend en botaniquo par le mot tmfrryon. On

désigne ainsi la partie de la graine destinée à se transformer en une plante toute pareille à relie d'où provient celte graine. Parlant de cette idée, si funeste dans la science, que les moindres modifications de forme de l'embryon sont plus importantes dans la classification que tous les aut-es caractères, il divise les crucifères en cinq tribus, d'après la disposition do l'embryon p.ir rapport aux autres parties de la graine. Enfin, un botani-lc de notre temps, enlevé irop tôt à la science, Jean- Baptiste Paver, qui possédait ù un Ires-haut degré l'instinct des affinités naturelles des plantes, conseille d'en revenir à la classification d'Adanson.

On voit par ce qui prëco-lc combien il reste encore d'abilraire dans la subdivision des familles en tribus. Les tribus une fuis établies, elles se partagent à leur tour en gro.ipi's du moindre importance nommés genre*. Les divers genres d'une même tribu sont distingués les uns des autres par les variations des différents ver ticilUs de la fleur. Voici un exemple de la manière dont se fait celte distinction : Prenez le chou et le sénevé et comparez la fleur de l'un avec celle (le l'autre. Dans le chou, vous trouverez un calice dont tous les sépales sont dressés et se tiennent appliques les uns contre les autres. En outre, deux de ces sépales, ceux qui correspondent aux plus courtes ëtauiines, présentent à leur base une bosse bien marquée. Si maintenant vous pissez au sénevé, vous remarquerez que les sépales du Calice sont étalés et qu'aucun d'eux ne présente de gihbosité. à sa base. Cette différence su (lit pour que l'on place le chou et le sénevé dans deux genres différents. Si à la fleur du chou, vous comparez celles du colza, du navet, de la rave, vous trouverez une complète ressemblance dans la disposition des sépales du calice. Cette similitude vous décidera à considérer le chou, le navet, la rave, le colza comme appartenant à un genre unique dont chacune de ces plantes sera, comin» on dit, une espèce. De même les calices de la moutarde, île la sain e, etc., étant organisés comme celui du sénevé, ces trois plantes, sanve, moutarde, sénevé constitueront encore un genre dont chacune d'elles sera une espèce.

En résumé on voit que les plantes se partagent en familles naturelles, d'après l'identité de structure de leur pistil.

Les familles naturelles se subdivisent en sedions ou tribus, les tribus en genre*, les genres en espèces, les espères n'étant qu'une collection d'tWiWtlus dont la grande ressemblance n'échappe à personne.

Nous allons maintenant faite connaître les caractères de la famille des c-rucirère?, c'est-à-dire indiquer les signes auxquels on distinguera, au premier abord, de tout autre végétal, une plante de cette famille.

Le* CurciFKiir.s ont un colite à quatre sépales; une eurulle à quatre pétales en noir; sir ëtamiues dont deux jtlus courtes et quatre plus longues, ces t'tprniè.res opposées par paires et longeant le* plarentains; deux enr pelles d'nlmrd soudés se décollant à la maturité parleurs or aires, mais restait unis par leurs styles, leurs ttgjmates et leurs in v entaires; graines suspendues au plneentaire de iliaque cote d'une liaison qui partage le pistil en deue loges et lui a fait douner le nom de sitiqur.

Nous terminerons ce qui a rapport à la famille des crucifères en donnant les noms de quelquesunes des plantes qui en font partie. Ce sont, parmi les plantes dont le fruit est une silique : .la giroflée de muraille, l'herbe sainte-barbe, l'ara bide, la cardamine des prés, le cresson de fontaine, l'hespéris ou julienne, les sisymbres, la roquette, les diverses espèces de choux, les diverses espèces de moutardes, les diverses espèces de raiforts. Parmi les crucifères siliculeuscs, il nous suffira de nommer lesalyssons ou corbeilles d'or, le cochlé.uia, ainsi nommé d'un mot latin qui veut dire cuiller, parce qu'en effet cette plante a ses feuilles creusées en cuiller, la cameline, les différentes espèces de thlaspis, l'ibëride, la bourse « pasteur, la passerage, le pastel ou guède. etc., etc.

La famille des crucifères renferme des espèces intéressantes à divers points de vue. On bu a reconnu des propriétés médicinales assez importantes ;.elle fournit à l'agriculture , au jardinage, à l'art do la teinture, à l'économie domestique , des espèces dont on sait tirer un parti avantageux.

Propriétés médicinale* de* plantes appartenant a la famille des crucifères. — Les erneifères sont considérées comme possédant des propriétés dé puratives, stimulantes, éminemment antiscorbutiques et antiscrofuleuses. Ces propriétés s mt dues à l'iodure de potassium que contiennent les tissus de ces plantçs et elles sont universellement répandues chez toutes les espèces^ de la famille. Le fait suivant suffira pour le démontrer. Pendant un dos voyages d'exploration que fil le allèbro capitaine Cool dans l'Océan |Mcilique , l'équipage de l'un de ses navires était tellement atteint du scorbut qu'une relâche fut jugée indispensable. On débarqua les malades dans une ilo inconnue et le botaniste do l'expédition, Forster, se mit en quête de médicaments propres à guérir les marins attaqués du scorbut. Avanl'trouvc une crucifère qui lui était tout à fait inconnue, il n'hésita pasù l'administrer a ses malades qui en ressentirent les plus heureux effets et furent tou» promplcmenl rétablis. Le sirop el le vin anliscorbuliques, dont on fait un si fréquent usage contre les scrofules en qualité de médicaments toniques, sont composés avec des plantes appartenant presque toi^cfl

•fENCTCLOPÉDÎE DES ÉCOLES

à la famille des crucifères. Pour s'en convaincre, il suffira de remarquer qu'on obtient le vin anti scorbutique en faisant macérer pendant huit jours dans un litre de vin blanc, 30 grammes déracines de raifort, ou cran de Bretagne coupées en petits morceaux, 1o grammes de feuilles récentes de cochléaria, 15 grammes de fouilles de cresson, 15 grammes de trèfle d'eau, 1 5 grammes de graine de moutarde noire. Au moment où l'on met les plantes fraîches dans le vin, on ajoute 7 grammes de sel ammoniaque et 15 grammes d'esprit de cochléaria compost5. Le vase qui contient la préparation doit être hermétiquement bouché pendant les huit jours. t)e toutes les plantes qui entrent dans le vin antiseorbutiqne, une seule est étrangère à la famille des crucifères : c'est le trèfle d'eau ou mcnyanlhe, qui fait partie de la famille des gtntianèes.

Merlktte et ITauvio.n aîné.

TECHNOLOGIE

Agriculture.

Les diverses espèces de plantes dont s'occupe l'agriculluro peuvent cire partagées en quatre groupes principaux caractérisés par la nature et la destination de leurs produit*. Ces quatre groupes comprennent: 1° les plantes alimentaires cultivées pour leurs semences; 2° les plantes fourragères; 3" les plantes industrielles; 4° les plantes potagères de grande culture.

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