‹ L'encyclopédie des écoles, journal de l'enseignement primaire et professionnelChapitre 220 sur 270 · PLANTES ALIMENTAIRES CULTIVÉES POUR LEURS · texte numérisé non relu

PLANTES ALIMENTAIRES CULTIVÉES POUR LEURS

Les plantes alimentaires cultivées pour leurs semences se partagent en deux sections, savoir la section des céréales et celle des légumineuses.

1" section. — Des céréales.

On entend par céréales des plantes appartenant à la famille des graminées et dont les graines farineuses peuvent servir h l'alimentation de l'homme. Aux céréales ainsi définies, nous adjoindrons le sarrasin, bien que cette dernière plante ne fasse pas partie de la famille des graminées et qu'elle appartienne à celle des polygonées. Les genres de céréales dont on retire le plus de profit sont les suivants: le blé, le seigle, Vorge, Yaroine, le riz, le mais, le millet, le sorgho et enfin le sarrasin.

Du blè.

Nous cwmendronsde donner la dénomination gé. nérale de bU à toutes le» espèce* cultivée* que

Linnée a rangées dans son genre triticum. Néanmoins les déférentes sortes de blé peuvent se partager en deux tribus, celle tics froment* et celle des épeautres. On appelle froments, tous les blés dont on peut, au moyen du battage, extraire les graines dépouillées de toute enveloppe membraneuse et absolument nues. On désigne, au contraire, sous In nom d' '<■ peau très tous les blés que le battage ne peut pas débarrasser de l'enveloppe désignée par les botanistes sous les noms de balle et do glume.

Du froment. — On ignore quelle est la patrie du froment, et les idées les plus contradictoires, les plus étranges ont été émises relativement à son origine. Suivant Iiuflbn et un grand nombre de naturalistes, le froment actuel proviendrait d'une graminée tellement modifiée par la culture, qu'il nous est tout à fait impossible aujourd'hui de la distinguer des autres plantes de la même famille. Ainsi, d'après ces auteurs, il ne serait pas impossible que la graminée qui s'est métamorphosée en froment fût l'un de ces humbles végétaux qui constituent le fond de nos gazons. Suivant d'autres naturalistes, le froment cultivé différerait à |>cino du froment sauvage dont les épis, sauf la taille, ressembleraient complètement à ceux du premier. Les savants qui se rangent à ce! le manière de voir disent, à l'appui de leur opinion, que le blé a été trouvé en Perse à l'état sauvage par Olivier, et que Michaux a rencontré l'épeaulrc croissant spontanément dans le même pays, sur une montagne située à quatre journées d'IIamadan. On a soutenu aussi que le blé existe encore à l'état sauvage dans la Tartarie, ce berceau obligé do tous les êtres dont on ignore l'origine. Nous sommes d'avis qu'il y a un juste milieu a adopter entre les deux opinions extrêmes. D'une part, il est à peu près impossible que l'une de ces graminées que nous foulons aux pieds tous les jours, se soit transformée au point de devenir du blé, et d'un autre côté il peut très-bien se faire que, par l'eirct de la culture, le blé primitif se soit amélioré et ait acquis les qualités que nous lui connaissons aujourd'hui. Nous trouvons un exemple d'un changement analogue dans l'histoire de nos fruits cl do nos légumes. Le fruit de l'abricotier et celui du pécher, par exemple, n'ont pas toujours eu le volume qu'ils possèdent maintenant. A la pLieo de ta chair savoureuse qui recouvre leur novau, il n'v avait autrefois qu'une m;itièrc assez mime, très-coriace cl probablement très-acerbe au goût. Il y a donc tout lieu de supposer que le blé primilif s'est modifié et perfectionné dans une certaine mesure. Les annales des peuples les plus anciens, celles des Égyptiens et des Chinois ne font aucune mention de l'époque à laquelle la culture du blé se serait introduite chez eux. Le blé n'a été cultivé qu'assez

lard dans l'Europe méridionale, cl c'est de l'Egypte qu'il y fut apporté. Dans ce dernier pays, on ne récollail que 1'cpcautre. malgré la difficulté qu'il devait y avoir à en séparer le grain de sa balle. Il est présumable que les Grecs, dans les lcn:ps reculés, ne connaissaient que l'orge; la culture du froment ne se sera introduite cher eux que beaucoup plus tard.

Les diverses variétés do froment que l'on sème d'ordinaire peuvent se partager en deux sections': la première, qui comprend tous les blés sans barbes et à paille creuse, constitue ce que l'on nomme le froment touselle. C'est le triticum hibernum de Linnée. Il se subdivise on un nombre immense de variéléi qu'il est quelquefois fort difficile, pour ne pa3 dire impossible, do distinguer les unes des autres. Les plus recommandablos de ces variétés, sont : le blé d'hirer ou commun, qui est le plus cultivé dans le nord et dans le contre de la France, et dont une sous-variété a été introduite en France sous le nom de Wé anglais ou de bit rouge d'Ecosse; le bit de mars commun, le blé blanc de Flandre, que l'on appelle encore blanczée, blazè de Lille, de Fellemberg, de Talarera, et qui possède un épi blanc, abondamment garni de graines; le blé du Hongrie t le b!é saumon, la toitselle blanche de Provence, qui constitue le meilleur froment du miJi de la France, mais qui redoute la rigueur des hivers du Nord ; la richelle blanche de Naples, le blé d'Odessa, celui de Saumur, le blé de haie, le blé lamma, le blé du Caucase, le blé fan é de Sicile.

La seconde section de fromant présente trois types principaux : le premier est formé par le froment seisette ou triticum wstkum de Linnéo. Sa paille est creuse et son épi assez peu serré. Les barbes qui garnissent col épi ne sont que de moyenne taille, elles ne s'écartent que médiocrement de l'axe et ne s'enlacent guère les unes dans les autres. Les variétés les plus importantes du froment seisette sont : le Wé barbu de printemps, le blé à chapeau de Toscane, dont l'épi très-court est peu productif en grain, mais dont la paille fine cl allongée sert à la fabrication des chapeaux d'Italie; la seisette de Prorente, qui ne croît bien que dans la région des oliviers; et enfin lo blè hérisson, dont le nom indique suffisamment la forme de l'épi.

Le second type du froment barbu nous est fourni par le froment poulanl ou pètanielle qui constitue le triticum turgidum de Linnée. Sa paille est pleine, son épicompacte est garni do barbes qui atteignent toujours des dimensions considérables. Ses principales variétés sont le poulard carré à barbes noires, le poulard carré velu et le blé de miracle, qui se fait remarquer par s-on épi très-rameux.

Le troisième type du froment barbu a reçu le nom do froment aubaine, de durtlle; c'est le tri-

ticum durum do des Fontaines. Son grain est trèsdur, la farine en est riche en gluten et en amidon et difficile à pétrir. Elle sert à faire les pâtes d'Italie. Les épis de la durelle sont garnis de barbes très-longues, presque parallèles entre elles. Unccerlainc symétrie se fait remarquer dans la disposition des grains autour de l'axe de l'épi. Les principales variétés du froment aubaine sont Y aubaine de Tanuarock cl Y aubaine à épi comprimé.

De* èpeautres.

Ainsi que nous l'avons déjà dit, on distingue les èpeautres du froment en ce qu'étant soumis au battage, ils donnent une graine non débarrassée de sa glume. L'épi des diverses sortes d'épeautres est barbu et excessivement étroit par rapport à sa longueur. Il y a deux espèces d'épeautres. le grand et le petit. Le grand épeautre, triticum spelta de Linnée, présente un épi long, grêle, pourvu do barbes développées ; quelquefois môme cet épi est tout a fait imberbe. Les épillets en sont si écartés qu'ils laissent l'axe à nu dans leurs intervalles. La culture du grand épeautre reste concentrée dans les régions froides et monlueuses de l'Allemagne et do la Suis-e.

Le polit épeautre appelé, encore lo-thtr et m- 'train, est lo triticum itiouoc rrnm do Linnée. H présente un épi barbu, «t oit, irès-aplati, composé de deux rangs d épillets très-serrés et a an seul grain. Cet épeautre réussit dans les plus mauvaises terres, même dans celles où ne pourrait pousser aucune autre céréale. C'est ce qui fait qu'on le cultive dans le Bcrri et le GittinaU. Autrement on ne le sèmerait point, car il est peu productif.

IIacvion aîné.

ANNONCES

Konvollo grammaire français», par E. A. Chalxrt, ngrvp' de l' Université, inspecteur de l'Académie do Grenoble, en résidence à Gap, auteur de la Nouvelle méthode pour faire les thèmes grets et du Guide pratique de l'Instituteur cl de l'Institutrice.

En vente : chei Paul Dcpont. imprimeur-libraire, rue de Grcnelle-Saint-llonorè, 45, à Paris.

Nouvelle méthode de Lecture, avec ou sans rncllaliun, |>ar Erasme Gujrenberger, ancien élève de I École normale de Versailles, i vol. in-i* de 72 pages, cartonné, 30 c.

Cheil'Auleur, instituteur communal, à Sure»nes (Soue),

Le Directeur-Gérant,

A. MliHLETTE.

Imprimerie de L, Toiaoa et f>«, • Stuil-Geruiaiu.

iw Année.

*i MAI 4 863.

Ifp 28

JOBINAL

DE L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ET DE L'ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL

mvt joui u muetioi ci

M. A. MERLETTE

flirt 4c rÉcol» >onst]« da VemiEes, ancien maître répétiteur a ledit» École, accien directeur d'une icoli primaire supérieure

Bureau d'abonnement, à Paria, rue Saint-Jaoquet, 338, au fond de la cour

LtuToorfon tu iooitt partit tous les dlmandw* ; cuaqus tniutro contitnt 1 6 pages io-6 d'impression 4 S colonnes at usa planche li:no£iapb.iCe.

Pi ii n l'ju&mwm :

Potr la France, do », il fr.; sii nois, 5 Ir. — Pont l'Angleterre, ua an, 16 fr. — Pour tout» tuU* deatiBiuon, la port ca plus.

Pru d'un cuEcro isolé. 50 centimes.

La prix daa abonnements dait stre pty» d'annet en «n niifldat «or la poste adressé parleur» affranchie a li. Ilimm, dl» mt«ur de l'Eiaciorftit tas Écous, me Seint-Jtcçot*, S 2 3, a Paria.

Lea ato&secatta parlent de mois de dé;eœl»ro. L«5 personnes qui s'aionnent dîna le courant do l'acné», ra* çoïtenttnincdiaien«r.t les numéros çul ont dé]i para. Annonces d'Otinegea dassiiiuas, 1 fr. 50 la lissa.

AVIS

Les personnes dont f abonnement expire le ierjuiti, sont priées de le renouveler avant ee terme, »i elle» ne veulent éprouver aucune interruption 'tutu Finmi «hr jmntrt.

SOMMAIRE

Grammaire française : Théorie de* vcibes Irréjulier*. — Exercices français: Eu-rciec» sur la Toii active de la première conjugaison. — Dicté* d'orthographe usuelle : Voyage eu Hesaetiie (tuile). — Premiers eUtrciees Je style: Vieu» fiançau à rmjeuuir (cornée) ; ver» A mettre m uroae (corrige!; narration, «ujet » Irailcr : Ja Grando-Charfrime. — Solution des problèmes d'arithmétique du dernitr numéro — Géométrie élémentaire : Problème* relatifi h U lue»» des anglei. — Chimie t DifWrcnta procède» d'an»» lj»e de l'air aluioanhériiiue. — Uisloir* naturelle : Zoololo|tic : Suite du sang ; Botanique : suile de U iamillc des crucifi-re*. — TrcAiaorogie . Suite de» céréales. — Variétés i Archéologie nationale : Uonoaiet gauloijee, euile de l'âge d'uirmiO.

TDKOBIB OES VERBES IUBÉGVLIERS

On dit qu'un verbe est régulier quand son radical conserve la même forme dans tout le cours de la conjugaison, et qu'en outre, co verbe n'admet que les terminaisons du paradigme auquel on le compare.

Au contraire, un verbe peut être irrëgu lier pour deux motifs, soit parce que son radical ne reste

pas toujours le même dans le cours do la conjugaison, soit parce que, à certaines personnes et dans certains temps, on le fait suivre de désinences qui ne sont pas celles de la catégorie à laquelle il appartient.

M y a dons loe. verbos huit causes rVirri'cularitd, qui sont : 1° l'accent tonique; î° le mélange des conjugaisons ; 3" la conservation du radical ; 4° la pluralité des radicaux; 5« la contraction et la syncope; 6« la transposition; 7° l'épcnthèso; 8« l'étymologie.

i<> De rareent tonique. — Nous avons dit ailleurs ce qu'il faut entendre en français par accent tonique et nous avons fait connaître la place qu'il doit occuper et les conditions que doit remplir la syllablc sur laquelle il tombo. Pour ce qui est do l'accent tonique, nous avons vu qu'il doit se trouver sur la dernière syllabe du mot dans le cas où celle-ci n'est pas muette, et sur la pénultième *[ la dernière syllabe est muette. Il ne peut jamais rétrograder au delà. Nous avons vu, en outre, que le génie delà langue française exige que la syllabe sur laquelle tombo l'accent tonique soit aussi forte, aussi clairo et aussi sonore que possible. Toutes les fois que dans l'une des formes d'un verbe, la condition de sonorité n'est pas remplie par la syllabe qii porte l'accent tonique, cette syllabe subit nécessairement une modification. Nous en citerons ici un seul exemple Prenons le verbe appeler dont le radical est appel. Pour avoir la première personne du présent de Vindicatif, il suffit d'ajouter un e muet à ce radical. On obtient de la eorto faypeU. Dana ce moi, l'accent tonique

doit tomber sur la syllabe pe. Mais cette syllabe est muette, et l'on sait que l'accent tonique ne peut tomber sur une syllabe muette. Il faut donc absolument modifier celle-ci pour l'empêcher de rester muette. Deux moyens s'oflrent pour cela. Le premier consiste ù placer un accent grave sur IV, ce qui donne j'appèle. Ce moyen ne vaut rien, attendu qu'on a change la quantité de la syllabe, et que de brevo on l'a rendue longue. On a gravement altéré le radical et commis une infraction à l'une des règles que prescrit le génie de la langue française. Mais il y a un autre moyen de rendre sonore la syllabe pe sur laquelle tombe l'accent ionique, ce moyen consiste à doubler la consonne l qui suit cette syllabe. On a alors j'appelle. Cette forme est la seule admissible pour deux motifs : d'abord, parce qu'elle conserve à la dernière syllabe du radical sa quantité naturelle, et en second lieu, parce qu'elle empêche d'être muette la syllabe sur laquelle se trouve l'accent tonique. Ainsi lorsque dans j'appelle, on redouble la lettre /, qui se trouve dans apjteler. on ne commet pas d'irrégularité. On ne fait que se conformer à une règle qui prime toutes les règles orthographiques, à celle qui exige expressément que l'accent tonique ne soit jamais placé sur uno syllabe muette.

î° Le mélange des conjugaisons. — Ce mélange explique l'irrégularité apparente de quelques verbes dont certains temps se forment en ajoutant au radical les terminaisons de l'une des conjugaisons et dont d'autres temps s'obtiennent en faisant suivre ce môme radical des terminaisons propres à une autre conjugaison. Lo verbe cueillir offre an exemple de ce que nous venons d'avancer. Son radical est cueill. En ajoutant à ce radical les terminaisons caractéristiques de la seconde conjugaison, on forme le présent de l'inûnilif, le passé défini, l'imparfait du subjonctif et le participe passé du verbe cueMir.Ccs temps sont, en effet, cueillir, je cueillis, que je cueillisse, cueilli. En ajoutant au môme radical cueill les terminaisons propres à la première conjugaison, on obtient tous les autres temps du verbe cueillir, à savoir : le présent et l'imparfait de l'indicatif, le futur, le présent du conditionnel, le présent de l'impératif, lo présent du subjonctif et le participe présent. On a de la sorte : je cueille, je cueillais, je cueillerai, etc. On voit donc qu'en distinguant les uns dos autres les temps du verbe cueillir qui appartiennent à la première conjugaison et ceux du môme verbe qui appartiennent à la seconde, co vorbo ne présente plus la moindre irrégularité.

3* La conservation au radical. — A moins que le génie do la langue française ne l'oxigo impérieusement, la prononciation de la parlio qui représente le radical d'un verbe doit demeurer absolument la môme dans tout le cours de la conjugaison.

Si, pour parvenir à ce résultat, il est nécessaire de modifier l'orthographe de cette partie radicale, il ne faut pas hésiter à recourir à cette modification qui ne fait que çonûrmer l'une des règles les plus générales de la langue française. Voici un exemple qui fera bien comprendre ce que nous venons de dire. Comment devrail-on former le présent de l'indicatif du verbe manger ? En ajoutant au radical mang de ce verbe les finales e, et, e, ons, tz, ent. On aurait ainsi : je mange, tu manges, il mange, nous mangons, vous mangez, ils mangent. A la première personne du pluriel, nous mangons, la prononciation du radical se trouve altérée. Cela ne saurait avoir lieu en vertu do principe de la conservation du radical, et, comme de deux maux il faut choisir le moindre, on remédiera à l'inconvénient que nous venons de signaler en faisant céder l'orthographe et en intercalant un e entre le g et la terminaison. Telle est la cause pour laquelle on écrit nous mangeons au lieu de nous mangons.

k° La pluralité des radicaux. — Aupremierabord, certains verbes paraissent excessivement irréguliers. Cela tient à -ce que divers temps se forment au moyen de radicaux différents. Tel est, par exemple, le verbe aller, dans la conjugaison duquel on n'emploie pas moins de trois radicaux distincts, savoir : 4° le radical ta, qui vient du mot vadere ; 2° le radical /, tiré du verbe latin ire; 3* le radical ail, provenant du verbe latin ambtlar*. Les deux premiers radicaux ont été empruntés à deux verbes qui veulent dire marcJter ; le troisième dérive d'un verbe qui signifie se promener. Des que l'on connaît les temps qui se forment de chacun de ces trois radicaux, la conjugaison du verbe aller n'offre plus rien d'insolite et se trouve ramenée à celle d'un verbe entièrement régulier.

5° La contractiônet la syncope. — H arrive parfois que le peuple, mù par un besoin en quelque sorte irrésistible, abrège instinctivement certaines formes verbales en négligeant de prononcer une ou plusieurs syllabes appartenant au radical de ces formes. C'est ainsi qu'en français , à la première personne du singulier du passé défini du verbe recteoir, on dit je reçus au lieu de je rececus, en supprimant la syllabe. «> qui fait partie du radical recec.

6» La tramiMsition. — 11 peut se faire que l'on intervertisse l'ordre régulier des lettres qui composent un mot. Il en résulte alors ce que l'on nomme une transposition. Les verbes ne sont pas plus exempts de cet accident que les autres parlies du discours. Tel est , par exemple , le verbe renir. Régulièrement, il devrait s'écrire au passé défini, je venis. Au lieu de le représenter ainsi, voici ce que l'on a fait : 1o on a supprimé l'e muet ; f on a nus I' \ à la place de l'i» et réçinroo^e-

mont, ce qui s'appelle Taire une transposition , ot on a eu de la sorte : je vint.

7o L'éixnlhèse. — Le phénomène désigné sou» le nom d'èpenthèse consiste dans l'intercalalion au milieu d'un mot d'une lettre naturellement étrangère a co mol. Dans ce cas, la lettre intercalée se trouve, en quelque sorte, attirée par celle qui lu précèdo immédiatement et qui se prononce à l'aide du même organe qu'elle , ou encore au moyen d'uu organe très-voisin du premier. Ainsi, pendant la durée do révolution de la langue française, le futur des verbes tenir et venir s'est éerii à une certaine époque: je tienrai, je vienrai. Mais bientôt il y a eu intercalation de la lettre d entre les consonnes » et r. d'où sont résultées les formes actuelles : je tiendrai, je tiendrai. Cette intercalation n'est pas autre chose qu'une épen-

8" L'ètymologie. — Enfin, il est certaines formes dos verbes français dont on ne peut rendre raison qu'en considérant les formes latines d'où elles dérivent. LVtymologic e*t dans ce cas la cause de l'irrégularité du verbe français. C'est surtout au participe présent et au jwrticipc passé que l'ètymologie exerce son influence. Ainsi, le participe présent du verbe naître est naissant, qui provient du participe présent latin nascent. Le participe pa^sé du verbo mourir est mort, et ce mot est tiré directement du participe passé latin mortuus. Il serait trèa-facilo de multiplier ces exemples.

EXAMEN DES VERBES IRRÉCULIERS DE LA PREilIKfli:

Page 1