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Toutes les fractions qui entrentdans la composition des proportions {{), (ï) et (3) sont égales enlre elles, car chacune des deux premières proportions possède un rapport qui se rétrouve dans la proportion suivante : donc, on peut prendre au hasard un certain nombre de fractions dans nos trois proportions, et écrire qu'elles sont tontes égales entre elles. Puisqu'il en e*l ainsi, on aura entre les trois premiers rapports des trois proportions, et le second rapport delà troisième, la relation suivante :
BD DF FJ
CË^ Eïf HK.
Hauvion aîné.
AB AC
CHIMIE
Suite de l'air atmosphérique
Détermination des quantités d'atide carbonùfut et de vapeur iïean contenues dan* fuir. — Noua avons fait connaître trois méthodes différentes au
moyen desquelles on peut déterminer les proportions d'oxygène et d'azote que contient l'air atmosphérique. En opérant d'après les deux premières méthode?, on emploie de l'air qui n'a dit1 dépouillé ni de son aride carbonique ni de sa vapeur d'eau; mais, quand on a recours à la troisième méthode, qui consiste ii analyser l'air par l'oxydation du cuivre, on débarrasse préalablement ce gaz de l'acide carbonique et do la vapeur d'eau qu'il renferme. Malgré cela, les trois méthodes sont, à très-peu près, d'accord dans les résultats qu'elles nous fournissent , et elles assignent toutes les mêmes proportions ajx deux éléments essenliels do l'air, c'est-à-dire à l'azote et à l'oxygène. Que conclure do ce fait? C'est que, mettant à part la vapeur d'eau dont la quantité répandue dans l'atmosphère varie évidemment suivant les temps et suivant les lieux, on ne devra trouver dans l'air qu'uno minime proportion d'acide carbonique. Et il en est réellement ainsi, comme le prouve le moyen à la fois très-simple, très-ingénieux et très-rigoureux dont s'est servi M. Regnault pour déterminer la quantité d'acide carbonique contenue dans l'air atmosphérique. Ce moyen a, en outre, l'avantage de faire connaître la quantité de vapeur d'eau qu'il y a dans l'air au moment do l'expérience. Voici en quoi il consiste: Six tubes A, B,C, D, E, F(lig. ■'»). rc-' courbés en forme d'U et communiquant librement entre eux par d'autres tubes d'un diamètre plus petit, reliés ensemble doux à deux au moyen de tuyaux en caoutchouc, sont mis en communication par leur extrémité S avec un autre tubo SHZ courbé en II à angle droit et pénétrant par la tu bulure M jusqu'au fond d'un grand vase eylindri-
tubes terminée, on remplit complètement d'eau l'aspirateur, et ensuite on ouvre simultanément le» deux robinets H et R'. Aussitôt ces robinets ouverts!, voici ce qui se passe. L'eau contenue dans i'aspiratetir venant à '/échapper par le robinet R, laisse à la partie supérieure de ce vase un espace entièrement vide. Cet espace no reste pas longtemps dans cet état de vacuité; car l'air extérieur, en vertu de sa force élastique, pénètre par le tube K, parcourt toute !« série des tubes e» U et vient remplir la partie vide de l'aspirateur. Il y arriveprivé de sa vapeur d'eau et de son acide car bonique. En elFet, il a déposé son humidité dans les tubes A et B qui contiennent de l'acide sulfurique, lequel est, comme on sait, très-avide d'eau. De plus, en traversant les tubes C et I) ou se trouve une dissolution de potasse caustique, l'air se dépouille do son acide carbonique, qui reste dans les deux tubes où il se combine avec la potasse pour former avec elle du carbonate de potasse. Le tube E a été place à la suite des autres, afin d'enlever à l'air qui sort dos tubes C et D le peu d'humidité qu'il pout entraîner avec lui en quittant ces tube*. Lo tube F a été introduit dans l'appareil pour condenser la vapeur d'eau qui pourrait s'échapper de l'aspirateur pendant l'expérience. Tant que l'aspirateur n'a pas perdu toute l'eau qu'il contenait, l'air extérieur ne cesse de s'y précipiter en traversant In série des tubes en V. Comme on connaît la capacité de l'aspirateur, on sait combien de litres d'air s'y sont introduits, et. par conséquent, l'on sait au«$i combien do litres d'air ont traversé les tubes en L'. Quand l'aspirateur est tout à. fait vide, on démonte l'appareil, et alors on pèse do nouveau
((ne V. qui a reçu le nom d'aspirateur. Un robinet les deux tubes A et B. On leur trouve une aug-
R' adapté au tube SHZ permet d'établir ou d'in lercepter la communication avec les tubes en U Outre la tubulure M, l'aspirateur en possèdo une seconde par laquelle pénètre un thermomètre qui descend environ jusqu'à la moitié de sa hauteur. Ce vase porte à ?a partie inférieure un robinet R muni d'une tubulure relevée à son extrémité. La capacité do l'aspirateur est d'une centaine de li 1res environ. Les tubes A et B sont 'remplis de fragments de pierre ponce imbibée d'acide sulfurique. Les tubes C et D contiennent des fragments dè pierro ponce imbibée de potasse caustique. Enfin, les tubes E et F sont remplis, comme les tubes A et B, avec de la ponce imbibée d'acide sulfurique. Avant de commencer l'expérience, on pèse d'abord ensemble les deux tubes A et B, et puis on pèse également ensemble les trois tubes C, 1), E. Quant au dernier tube F, on ne le démonte pas; il est en quelque sorte fixé à demeuré au reste de l'appareil. Le premier tube A est mis en communication avec l'air extérieur ù l'aide d'un
autre tube K qui sort du laboratoire. La pesée des d'acide carbonique
mentation do poids qui représente le poids do la vapeur d'eau répandue dans une quantité d'air égale au nombre de litres que contient Taspiraleur. On peso ensuite ensemble les trois tubes C, D et E. On leur trouve un poids plus fort qu'au commencement de l'expérience, cl la différence entre la d« rniére et la première pesée donne io poids d'acide carbonique qu'il y a dans un nombre de litres d'air égal au nombre qui mesure la capacité do l'aspirateur. Une lois ce résultat obtenu, rien de plus facile que do savoir combien un litre d'air renferme de grammes d'acide carbonique. Une simple division sufllt pour cela. En outre, comme on peut déterminer avec exactitude la densité de l'acide carbonique, au moyen d'un calcul très-simple, on parviendra à trouver le volume du poids do l'acide carboniquo contenu dans un litre d'air. Ce volume est extrêmement falWe. lin effet, en répétant un grand nombre de Io» \ ex- (Kfrience qui vient d'être rapportée, on a reconnu que 10000 litres d'air ne contiennent que 4 litre»
Xatnre chimique de l'air. — Tous les élément* qui font partie de l'air atmosphérique y sont-ils a l'état «Jo combinaison ou à Total do simple mélange? Colle question fut l'objet d'un doute trè,-séricux à une certaine époque de l'histoire de la chimie. Les savants étaient partagés à cet égard, les uns regardant l'air comme une comLinaison chimique des gaz qui le forment, les autres ne voyant dans ce fluide qu'un simple mélange gazeux. Ces derniers étaient dans le vrai, ainsi qu'on pcul s'en assurer par des considérations de différentes natures. En effet : 1» on a bien des fois constaté que quand un composé chimiquo se dissout dans l'eau, la dissolution renferme chacun do sts éléments dans les proportions mômes suivant lesquelles ils entrent dans le composé. Or, il n'en est pas ainsi pour l'air atmosphérique. Quand il se dissout dans l'eau, Iq dissolution renferme proportionnellement plus d'oxjgène que d'azote. En d'autres termes, l'air dissous dans l'eau est plus riche en oxygène que l'air ordinaire. D'où l'on doit conclure que l'air atmosphérique n'est qu'un ruéiange des différente corps simples qui le constituent; 2° quand deux gaz se combinent chimiquement, les volumes do» deux éléments composante sont toujours dans un rapport très-simple. Comme il n'en est pas ainsi de l'oxygène el.de l'azote dont l'air est formé, il en résulto que ce dernier corps n'est pas une combinaison chimique; 3° ce qui prouve encore que l'air est un simple mélange, c'est la manière dont il se comporte avec la lumière. En effet, son pouvoir réfringent, c'està-dire la faculté qu'il a de dévier de leur route les rayons lumineux, 6on pouvoir réfringent, dis-je, est égal à Ih somme des pouvoirs réfringents de l'oxygène et de l'aiole, circonstance qui ne se produit jamais pour les combinaisons chimiques à l'état gazeux ; car toujours le pouvoir réfringent de ces combinaisons chimiques est plus &:rand ou plus petit que la somme des pouvoirs réfringente de leurs élémente.
■Propriètèt chimiques de l'air. — L'air atmosphérique possède deux propriétés chimiques excessivement importantes : 4° il entretientla combustion des corps; 2« il est l'agent de la respiration de» animaux et des végëUux. A proprement parler, lu respiration des animaux n'est pas autre chose qu'une combustion . Ce phénomène s' accomplit dan-> des organes spéciaux a||K«lés poumons. Dès que l'air est parvenu dans l'intérieur des poumons, il se trouve en présence du sang qui y afflue continuellement de toutes les parties du corps. Ce sang contient, entre autres éléments, du carbone et de l'hydrogène.
L'oxygène de l'air s'unit avec chacun d'eux, il les brûle en partie; en se combinant avec le carbone, il forme de l'acide carbonique, cl en se com-
binant avec l'hydropène, il donne naissance à de la vapeur d'eau. C'est d.ins culte double combinaison que consiste l'ado de la respiration. Cet aelc n'est donc qu'une combustion, lente, à la vérité, mais se produisant néanmoins avec la plupart des ciiconstanc.es qui accompagnent les combustions ordinaires. Ain-i, par exemple, il y a toujours développement d'une certaine quantité de chaleur. " Celte chalour a reçu le nom de chaleur animale. Klle est constante dans les diverses espèces, et indépendante du milieu où vil l'animal.
L'acide carbonique cl la vapeur d'eau formés dans la respiration ne restent pas rlaus le corps des animaux. Ils sont chassés au dehors, el leur expulsion constitue le phénomène de l'expiration. Ainsi, la respiration des animaux se compose de deux actes distincte : ïiispiraltun, c'est-à-dire l'introduction des éléments atmosphériques dans les poumons, et l'expirationpu l'expulsion dans l'atmosphère de la vapeur d'eau et de l'acide carbonique provenant de la combustion du sang. En résumé, les animaux, dans l'acte de la respiration, soutirent de l'oxygène à l'air atmosphérique, et lui rendent en échange de l'acide carbonique. Il semblerail devoir résulter de là uue modification continuelle de la composition de l'air. Ce fluide devrait ^'appauvrir saus cesse en oxygène el s'enrichir en acide carbonique. S'il en élait réellement ainsi, on pourrait prévoir le moment où les animaux, ajant consommé tout l'oxv gène do l'air et ayant introduit dans ce gaz une énorme quantité d'acide carbooique, la vie deviendrait impossible sur notre globle. Mais les choses ne se passent pas de la sorte, puisque la composition de l'air semble n'avoir pas changé depuis les temps historiques. 11 est donc de toute nécessité que l'air ail quelque moven de perdre l'excédant d'acide carbonique dont les animaux le gratifient sans Cesse Or, ce sont les végétaux qui débarrassent l'atmosphère de ce superflu d'acide carbonique. Les animaux no sonl pas les seuls êtres organisés qui, pour vivre, aient besoin de respirer; les plantes aussi respirent ; elles sont pourvues d'organes analogues aux poumons dp* animaux. Ces organes, ce sont leurs feuilles. Mais, tandis que les animaux prennent pour eux l'oxygène de l'air el rejettent au dehors l acide carbonique, les plantes, au contraire, aspirent cet acide carbonique, le décomposent en ses deux éléments, carboue et oxygène, gardent pour elles le carbone el renvoient l'oxygène dans l'air. Ainsi, l'oxv gène enlevé à l'air par les animaux lui est rendu par les plantes, et l'acide carbonique dont les animaux enrichissent l'atmosphère .en e*t soutiré par les végétaux. Grâce à «Me combinaison dans laquelle ces deux sortes d éli es animés trouvent également leur compte, les proportions respectives des différente éléments de l'air restent
1/EXCYCLÔrÊDÏE DES ÉCOLES
toujours les mêmt>s. Ainsi, l'cxi-tonee du règne végéial est indispensable à !a vie dos uni maux, cl réciproquement.
Merlette.
HISTOIRE NATURELLE
les pélales de l'ancolie eapuHionnéo cl ceux de l'ancolie étoilée? D'une manière bien simple : Dans e l'as où l'ancolie capuohonnéo devient double, on peut, en quelque sorte, surprendre la nature sur le Tait et voiries anthères di-sétamines se changer en pétales, tandis que leurs filets demeurent à peu près inla< ts. C'est une métamorphose en sens inverse qui s'opère chez l'ancolie étoile. Dans cette dernièr e variété1, quand des étamine* se transforment en pétales, ce sont leurs filets qui s'élargissent démesurément et se modèlent sur les pièces do la. corolle. Quant aux anthères, elles s'atrophient, c'est-à-dire dépérissent jusqu'au point dedispnrallre complètement faute de nourriture. Ainsi donc, les pélales plans, simples ou surnuméraires de l'ancolie étoilée, proviennent d'étamines dont l'anthère ne ture, une partie des étamincs de l'ancolie se méta- s'est pas développée, et dont le filet s'est élargi en morphose en pétales. Cette transformation n'est |mi\me temps qu'il se revêtait des couleurs des vé
BOT tSIQl K
Famille des
SLITE DK L'ANCOLIE.
Nous avons vu comment, par l'effet de la eul-
ta-
pas la seule que ces organes puissent subir. Rappelons-nous-en effet, qu'entre le dernier verticille d'étamines el le pistil, il existe deux rangées d'écaillcs blanches, un peu transparentes et plissera sur toute leur surface. Ces écailles constituent deux nouveaux verlicilles, composés de cinq pièces chacun. Comme ces verticilles supplémentaires ne se rencontrent guère que dans l'ancolie, il est présumable qu'ils sont formés de pièces anormales, dé-, rivant par altération d'autres organes que l'on est habitué à rencontrer dans toutes les fleurs; et il en est réellement ainsi. Los deux verlicilles écailleux de l'ancolie rte sont que des élnminc* dont les anthères ne se sont pas développées faute d'air et de lumière, et dont le filet, parconlre, s'est étalé en une lame mince et d'une largeur relativement considérable. Un examen altenlifde quelques fleurs d'ancolio démontrera celte assertion. Il n'o>t pas rare, en effet, de rencontrer (Hg. fi) des écailles surmontées d'une anthère "parfaitement organisée. La présence de lelles écailles donn~ lieu de penser que celles dont le sommet n'est pas couronné d'une anthère n'en sont privées que par manque de nourriture, ou. comme on dit, par atrophie.
Jusqu'à présent, nous ne nous sommes occupés que de l'ancolie que l'on a appelée rapurhonnh, à cause de la forme de ses pétales. Mais cotte plante, véritable protée, et revêtant les apparences le plus diverses, s'éloigne parfois à un tel point du type primitif, qu'au premier abord il serait possible de la méconnaître entièrement. Ainsi on rencontre a*sez souvent dans les jardins une variété d'ancolie dite anenfie èlnilh\ à cnuse de ia fomn de ses pétales. Cette variété peut être simple double, comme celledont il a été question jusqu'à présent Mais chez eîlo, nul pétale n'est contourné en capuchon ni creusé en cornet. Tous les pétales sontplanset semblables pour la formeà une fouille Comment expliquer celte différence de forme entre
niables pélales. Cela e*t si vrai qu'il n'est pas rare le voir quelqu'un de ces faux pétales |fig. 7] surmonte d'une anthère parfaitement reconnaissable. i jue conclure de re qui vient d'être dit touchant es diverses métamorphoses (pie peuvent subir les étamincs? L'altération profonde autant que variée qu'elles éprouvent semble indiquer qu'elles n'ont rien qui leur appartienne en propre, et qu'ellesmêmes ne sonl que des modifications d'un organo que l'on rencontre plus généralement chez les végétaux. Que peut être cet organe, sinon une feuille elle-même? Avec, un peu de bonne volonté, on retrouvera dans une étamino toutes les parties essentielles de la feuille : son filet en est le pétiole, son anthère est un limbe, réduit à des proportions presque microscopiques. Le sillon profond qui pillage en deux moitiés la surface d'une anthère ne peut-il pas être assimilé à la nervure médiane d'une feuille? Enfin le pollen ne rappelle l-il pas lo parenchyme de ce dernier organe? Au point de vue théorique, on retrouve donc dans uno étamine toutes les parties nécessaires» la constitution d'une feuille. Mais nous irons plus loin, et nous ferons connaître dos cas où les étamincs naissantes, oubliant en quelque sorle leur destination finale, montrent, par un certain laisser-aller, quelle est leur nature originelle. Il existe une plante, le fraisier de* Alpes, qui, cultivée- dans les jardins, offre des étamincs étalant toutes les formes intermédiaires entre féminine parfaite et la feuille également parfaite. Cell-s de ces étamines qui se trouvent lo plus rapprochées du contre de la fleur se composant d'une sorle de pétiole lig. 8) qui se continue en un limbe de couleur verte et d'.ipparonce foliacée. Au point où ce limbe commence, et de chaque côlé de l'extrémité supérieure du pèùote, on dislingue deux pelites bosses de couleur jaunâtre, qui figurent les rudiments d'une anthère n'ayaut pas eu le temps de se perfectionner. Enfin, dans
L'ENCYCLOPÉDIE ppS ÉCOLES
lu même flrmr du fraisier dos Alpes cultivé, on rencontre d'autres étamines. plus repprodiéo-S des pétales, et qui ressemblent aussi davantage à une
- feuille. Dans ces nouvelles étamines (fig. 0), le pétiole est encore flanqué, a sa partie» supérieure, de deux bosses jaunâtre* qui figurent des anthères. Mois, en outre, il est terminé par une véritable petite feuille, formée de trois fragments ou lobes parfaitement distingués les uns desautres, sillonnés par des nervures de divers ordres, et rappelant tout à fait par leur consistance et leur configuration les feuilles ordinaires. Rien, en un mot, ne ressemble plus à une feuille qu'une, de rcs étamines. Le fajt que priment les étamines du fraisier des ..Alpes no con>litue pas un phénomène isolé dans le monde végétal. 1' se reproduit dans diverses autres plantes. Dos» présent, il nous conduit à faire une réflexion pleine d'intérêt. Précédemment nous avons vu que les carpelles ne sont que des feuilles
.modifiées. L'exemple du fraisier de? Alpes nous donne à penser qu'il en doit être «le même des étamines. Est-ce que, par hasard, l'assimilation pourrait s'élendre aux autres verticilles do la fleur 1
. c-sl-cc que les pétales et les sépales ne seraient pas autre chose que des feuilles modifiées? Cela pourrait bien être réellement. Et, en effet, nous
. piouvcrons par la suite que toutes les pièces des
. différents vcrluilks d'une fleur ne sont que des
. feuilles plus ou moins profondément modifiées. Nous appuieruns celle assertion de faits si concluants, que nulle personne de bonne foi ne pourra la révoquer en doute.
Le fraisier des Alpes, dont nous venons de décrire les élamines, est une rosacée. Nous voilà donc bien loin de la famille des renountlnrèrx * laquelle appai tiennent l'ancolic cl le boulon d'or. Il nous faut y revenir. Il est assez difficile de formuler, en termes généraux, le signalement de celle famille; nous allons pourtant essayer de le faire. Nous dirons donc que la fleur des renoncu lacée* possède un calice composé de cinq sépales, et plus rarement do trois ou quatre seulement. Ces sépales sont souvent pétaloiJes. La corolle a des pétales on nombre égal à celui des sépales ou plus
. nombreux. Quelquefois ce» pétales avortent en partie; ils peuvent même disparaître tout a fait. Ils soul tantôt plans et tantôt contournés ou enroules sur cux-mctocs. Leurs bas's ou leurs son»-
, mets sont souvent garnis de petits appendices qui constituent des glande* nectarifères. Les étamines wmt ordinairement nombreuses et sur plusieurs raups. Leurs anthères s 'ouvrent pur des feules longitudinales qui regardent presque toujours le dehors do la fleur. On exprime ce foil en disant que ces anlhèrcê sont eairofset. Les carpelles sont le plus sou ver. I isolés les uus des autres, en nombre égal à celui des sépales du r *Lkv; parfois ils
sont moins nombreux et peuvent même ?e réduire à l'unité; mais assez fréquemment, il arrive que leur nombre dépasse de beaucoup celui des pièces du calice. Ils forment alors une espèce d'épi ou de lête tout au tour de laquelle ils sont disposés en spirale. Il est des- cas où les carpelles se soudent tous ensemble et dans toute leur longueur. Mais cela ne se rencontre que rarement. Tantôt il n'y a qu'une seule graine dans chaque carpelle, et alors ce ilernier reste toujours clos, il ne s'ouvre pas à la maturité pour répandre celte graine sur le sol. Quand celle circonstance se présente, on donne aux carpelles le nom d'oint. Quand les carpelles sont des akènes, ils sont toujours en nombre très- considérable. D'antres fois les carpelles renferment plusieurs graines. Quand il en est ainsi, leur nombre est presque toujours égal ù celui des pièces du calice, et à leur maturité ils se décousent le long d'un do leurs bords pour permettre aux graines de se disséminer aux alentours. Pour achever de faire connaître les renonculacées, il resterait encore à décrire la structure de la graine; mais, nous différerons pour le moment cette étude, l'une des parties les plus épineuses de la botanique.
Les renonculacées sont répandues sur toute la terre; elles sont abondantes surtout dans les régions froides cl dans les régions tempérées de l liémisplière boréal. On les rencontre particulièreiiu nl en Europe, depuis les bords de la Méditerranée jusqu'aux régions arctiques. Elles sont moins communes dans l'Amérique du nord, et plus rares encore dans l'Asie tempérée. Elles sont assez nombreuses dans l'hémisphère austral, mais entre les tropiques elles ne se montrent guère qu'à des hauteurs qui tempèrent le climat.
Presque toutes les renonculacées renferment un suc excessivement ùcre et irritant, qui fait de quelques-unes d'entre elles un poison énergique. Ce suc est disséminé dans toutes les parues de la planle. La racine, la Uge, les fouilles et les graine* en contiennent également. Mais tandis que la parlie sou tui raine le conserve, pour ainsi dire, indéfiniment, *a volatilité fait qu'il s'évapore du rwle de la piaule, aussitôt que celle-ci a été arrachée du sol. Les bestiaux qui paissent daus les prairies ou il y a des renonculacées ne touchent pas à ( os piaules tant qu'elles sont fialches et sur piod. Mais après qu'elles ont élé coupées et desséchées, elles constituent un excellent fourrage quo les animaux mangent avidement. Dans les graiues des renonculacées un principe aromatique se trouve presque toujours uni au principe irritant. Aussi le peuple emploie-t-il quelquefois quelques-unes de ces graines comme condiment et en guise de poivre; tel est l'urago que l'on fait, par exemple, des graines de la tlapliysaigre.
L'BNCÏGLOPfiDIB DÇS ftCOLRS
Les boUoisie» modernes ont partagé la famille des renonculacées en cinq tribun, qui sonl : la tribu des clémalidées, lu Iribu des tmëmouèet, la tribu des ra*uHCHJé<s , la iribu des helléborées cl enfin celle des pteoniéts.
Tribu dt* tlémaluléei. — Los rcnonculacées qui appartiennent à celle Iribu he distinguent immédiatement de toutes les autres par leur calice à pré floraison vulcaire. On entend par préfloraison la manièit? dont font placées, les une* par rapport aux autres, les pièces qui composent le calice ou . la corolle pendant la période qui précode leur épanouissement, c'eal-indire lorsque la fleur esta l'étal do bouton.. On dit que la pièiloraisondu calice est raleairt quand les sépales, encore renfermés dans le bouton, constituent un cercle cl ne se touchent enlre*eux que par leurs bords sans se recouvrir mutuellement. Toile est la disj>osiiion qui se trouve réalisée dans toute la tribu des clémalidées. Indépendamment do ce caractère, on peut encore mentionner les suivants. Il n'y a presque jamais do corolle, et quand celle-ci existe, Hle n'est formée que de pétales très- courts. Par compensation, le calice est pélaloïde. Les fruits soi* des akènes à stvles très-alongés et plumeux. La graine est pendante; cela veut dire qu'elle est attachée au sommet de l'akène. Le plus souvent le* clémalidées sont des arbrUseaux grimpants, dont les feuilles sont opposées, c'ei-t-ù-dirc attachées par paires à la mémc'hautcor, de chaque lôté »Jo lu tige. Nous nous contenterons de citer parmi h* ctéaiattdéos un seul genre, le genre elémalUe, dont une espèce, la dematis vit alita, eet vulgairement désignée sous le nom d hérite anxi/ueux, juircc que les mendiants se Irotlenl avec ses feuilles pour développer sur leur corps des ulcères superficiels et passagers, mais propres, par leur aspect repolissant, à exciter la compassion publique. Ces ulcères sonl si peu dangereux, qu'ils sont guéris du soir au lendemain par l'application d un peu de beurre. L'herbe aux gueux est très-fréquente dans les haies des environs de Paris, et lout le monde a admiré ' les jolis panaches blancs que forment en automne les styles plumeux qui terminent ses fruils.
Tribu des anemonées. — Dans la tribu desan^monées, comme dan* toutes le* suivantes, le calice est a préfloraison imbriquée . Cela signifie que les cinq sépales qui le composent sont disposés dans le boulon, les uns par rapport aux autres, de telle sorte que deux d entre eux &ont extérieurs, et deux autres intérieurs, tandis que lo dernier occupe une place intermédiaire, l'un do ses bords étant recouvert par l'un des sépales externes, et l'autre bord recouvrant en partie l'un des deux sépales internes.
La figure 10 représente les situations respectives des cinq fépales d'un calice en préfloiaison
imbriquée. .Les sépales (I) et (2) sont les sépales extérieurs; les sépales (l) et ;.'i) sont les deux in- U'-rieurs, et lu sépale (3), qui recouvre en partie le sépale esl à son tour, partiellement recouvert par le sépale [\]. La corolle manque souvent chez les anémonées; le fruit y est en tout semblable à celui des clémalidées. Les plantes do celte bribu sont des herbes dont la tigo n'est que. rarement garnie de feuilles, cej» derniers organes se développant, surtout au niveau du sol, à la partie supérieure do la racine. Ils y constituent one sorte de rosette, et l'on exprime celle circonsiance en disant que la plante possède «les feuilles radicales. Dans un très - grand nombre d anémonées, on trouve encore un peu au-dessous de iliaque fleur un veriicillc de petites feuilles plus ou moins étroites et plus ou moins découpées. Ces petites feuilles s'appellent des bractées, et leur ensemble a été nommé inculture. L'existence des bractées est un fait à peu près général pour toutes les plantes. Mais dans un grand nombre de végétaux, elîes ne forment pas un veriicillc complet comme (Lins le cas <iui nous occupe. Parmi les genres qui composent lu tribu de» anémonées, nous mentionnerons le çenre thalutrum, le genre anémone cl le genre adonis.
L'espèce de thaliclrum qui se rencontre le plus fréquemmentaux environs de ParUesl hthutictrum flai um ou piyamua jaune, connu sous les noms vulgnircs de rue des prés, faussa rhubarbe,, rhubarbe des pauvres, qu'il doit aux propriétés purgaihesdo sa racine et de la portion souterraine do sa lige. Celte espèce se platl dans les prairies tourbeuses. Lite peut être employée pour la teinture en jaune. On du que, mélangée aux herbes des prairies, elle rend le foin mauvais pour les bcsliauv,. On a extrait de sa racine un alcaloïde nommé lhaUctrine, dont on prétend avoir obtenu do bons effets dans le traitement des fièvres intermittentes.
Le* doux espèces du genre anémone les plus répandues aux environs de Paris sont Y anémone œmoro&a et Y anémone pulsalUla. La première esl vulgairement appelée sylvie. Sa fleur est Manche et s'épanouit dès les premiers jours du printemps; elle est excessivement abondante dans les bois el dans les lieux ombragés. Appliquée sur la peau, après avoir été pilée, elle produit l'effet d'un vésicatoire. L'anémone puisa tilla a reçu les noms vulgaires de pnkatille, de coquelourde, (Y herbe nu cent. Ou la rencontre sur les pelouses découvertes, sur les coteaux calcaires et dans les lx>is sablonneux. Sa fleur est très-grande el d'un bleu violet. Ses sépales sont couverts extérieurement de povl* soyeux. Les carpelles sont aus^i velus et soyeux el terminés par un long stylo plumeux. L'anémone pulsalille est uuc des premières Heurs qui opparais-
seul dans notre climat. La plante, à l'état frais, passe pour avoir une certaine efficacité contre la paralysie du nerf optique. On en fait aussi quelquefois usage dans le traitement des dartres rebelles. La poudre de la plante sèche est sternuta • toire.
Le genre Adonis ne comprend que quatre ou cinq espèces, dont la plus connue est Vadoni* autumnalis, ou goutte de sang. Elle croit abondamment dans les moissons maigres et dans les champs arides! La corolle do sa fleur estd un beau rouge; elle ne s'épanouit qu'au soleil à certaines heures de la matinée.
Tribu des ranunculèes. — Les renonculacées de cette tribu possèdent un calice à préfloraison imbriquée- et des pétales dont l'onglt t est ordinairement doublé d'une petite écaille. Le fruit est un akène à graine dressée. Cela signifie que la graine est placée tout à fait au bas de chaque carpelle*. Los ranunculées sont des herbes à feuilles radicales ou alternes, à fleurs solitaires dépourvues d'involucre. Les deux genres les plus intéressants pour nous de celte tribu sont le genre ranunculus et le genre ficaria. Au genre ranunculut appartiennent toutes les espèces connues sous le nom vulgaire de renoncules; tels sont, entre autres, le ranunculus acris, ou renoncule acre, connu encore sous les noms de bassinet et de bouton d'or ; le ranunculus arcensis, ou rrnoncule des champs ; le ranunculus lingua,ou grande douve; \cranuHcvlusftammula,ou petite doute ; le ranunrulus thora, plante des Alpes, et le rammeutus scoleratus, planto de nos ruisseaux. La renoncule âcre est commune dans les prairies et les lieux herbeux de toute la France. On la cultive dans les jardins, où ses fleurs, d'un jaune doré et comme recouvertes d'un vernis, doublent aisément. Ses feuilles, appliquées fraîches sur la peau, y déterminent une vive rubéfaction ; elles sont même quelquefois employées pour ce motif, surtout en Irlande, en guise de cantharides La renoncule des champs est très-commune dans toutes les moissons. Les renoncules grande douve et petite douve habitent les terrains marécageux. Le niNiinru'iM Mora, indigène dans les A'pes et les Pyrénées, est redouté des pâtres de ces montagnes, à cause des effets funestes qu'il produi sur les bestiaux qui en mangent. On assure que jes anciens Gaulois empoisonnaient leurs flèches en les trempant dans le suc de cette plante.
Lo nmunculus srchraJus est une des renoncules dont l'acrclc e>l portée au plus haut degré. Écoutons à ce sujet M. Germain de Saint-Pierre, l'un des deux auteurs de la flore des environs de Paris : « Pendant que je séchais au fer cluiud, dit-il, un échantillon de ranunculus scclcratus, la matière âcre volatilisée détermina chez moi léternument et le larmoiement et une vive irritation des mu-
queuses navales ot oculaires. » Toutes les renoncules, sans exception, sont vésicantes à un certain
logré. La renoncule d'Asie, introduite dans nos jardins à la suite des croisades selon les uns, et
eulemenl vers la fin du xvi* siècle selon les autres, a fourni de belles variétés qui s'élèvent aujourd'hui iwplusicurs centaines.
Le genre ficaria possède une espèce qui doit nous occuper un instant : c'est le ficaria ranuti' culoides, connu vulgairement sous les noms de petite cbèlidaine. petit éclair, ficaire La ficaire est très-commune au printemps dans les champs et les bois humides déboute la France. Elle est beaucoup moins âcre que les renoncules. Ses jeunes pousses et ses feuilles tendres sont mangées fréquemment dans le nord de l'Europe, soit crues et en salade, soit cuites en guise d'épinards. Ses racines sont au contraire très-acres et très-vénéneuses.
Merlbtte et Hauvion aîné.
ANNONCES LIBRAIRIE D'AUGUSTE DURAND
BUE DIS C»iS, 7, A FAâlS
EXTRAIT DU CATALOGUE
FALLEX (Eng ), professeur de seconde au lycée Louta le Grand. Scène» d'Art» lopUsne traduite» en ver* transi». 1850, in -12. 3 50
— l'lutus ou la richesse, comédie d'Aristophane, traduite du grec m ver* français. I8i°. in-lî. 1 80
— Les Adelphe», comédie de Térencc, traduilo en vers fraisais. 1H5-1, in- 12. 1 00
BONAFOUS (N.-A.), professeur à la Faculté des lettres d'Aix. La Rhétorique d'Aristole traduite en français, avec le texte en regard, et suivie de notes philulopiques et littéraires. 1836, in-H. ? »
GATlEN-ARtlOUlT(A.-F.). professeur à la Faculté de* lettre» de Toulouse. Éléments de philosophie, suivant le plan d etudea des lycées et le programme d'examen pour les baccalauréats Ci lettre* et é* science». 8- édition. 1801, in-H. ' »
Ouvrage autorité par le Conseil de l'instruction publique.
LENOEL (L.), prof, de gymnastique. Traité théorique et pratique de gymnastique, à l'usasc des lycées, des collèges et de tous les établissements publie» des deux Hits Ouvrage rédigé, conformément au programme Md»pté par leronscil u'Instruciion publique. Six «ni cinquante figun-t sont intercalas dmit le texte. 2* édition. 180L m 8. 4 30
- ■ Le Directeur' Gérant,
A. MERLblTE.
de L. Toiw>» «l O, S
1" Aimée.
H Jtl> i 863.