‹ L'encyclopédie des écoles, journal de l'enseignement primaire et professionnelChapitre 257 sur 270 · SUITE DE LA FAMILLE DES RENONCULACÉES · texte numérisé non relu

SUITE DE LA FAMILLE DES RENONCULACÉES

Tribu tes helléborées.—- Toutes les plantes appartenant à la tribu des helléborées ont un calice à préfloraison imbriquée, des pétales nuls ou irréguliers, souvent tubuleux et bilabiés, et des carpelles polyspermes. Ce sont des herbes à feuilles radicales ou caulinaircs alternes. Les principaux genres de la tribu des helléborées sont les genres caltha, hellebonu, nigeUa, aquilegia, delphinium el aconit um.

L'espèce la plus commune du genre ealtha est le caltha palustris, que l'on rencontre si fréquemment aux environs de Paris. On donne vulgairement à cette plante le nom de populage. Elle croît dans les eaux stagnantes des fossés, et produit au printemps d'amples fleurs jaunes remarquables par leur brillant et qui se détachent sur le vert foncé et luisant de ses larges feuilles arrondies. Au rapport de Loiseleur-Deslongchamps, dans le nord de 1 Europe, on confit dans du vinaigre le bouton de la fleur à la manière du bouton du câprier, et on l'emploie sans inconvénient aux mômes usages culinaires que celui-ci.

Le genre heUeborus se compose de plantes herbacées et vivaces, à feuilles coriaces, qui habitent les parties septentrionales et tempérées de l'ancien continent. Leurs fleurs se développent généralement en hiver et au commencement du printemps. Elles sont grandes, verdâlres, blanches ou purpurines. Les espèces les plus remarquables de ce genre sont ['hellébore d'Orient, VheUèbore noir, {'hellébore fétide et l'hellébore vert.

L'hellébore d'Orient croit dans les contrées monlucuscs cl dans les parties sèches de la Grèce et do l'Asie Mineure, surtout le long des côtes de La mer Noire el sur le mont Olympe. Les anciens ont beaucoup préconisé ses vertus médicinales. A leurs yeux, sa racine avait une action presque certaine pour la guérison des aliénations mentales. L'hellébore d'Anticyre était le plus renommé. De là ce proverbe grec : Qu'il aille à Anticyre, que l'on employait toutes les fois qu'en parlant d'un homme, on voulait insinuer qu'il ne jouissait pas complètement de toutes ses facultés. C'est par allusion aux prétendues propriétés de l'hellébore que La Fontaine a dit dans sa fable du Lièvre et la Tortue: i/o commère, il vous faut purger — Avec quatre grains d'hellébore. Il y a beaucoup à rabattre des propriétés attribuées à la plante qui nous occupe. La vérité est qu'elle constitue un purgatif drastique des plus énergiques; mais la médecine moderne en a sigulièrement restreint l'usage.

L'hellébore noir est appelé vulgairement rose de Noil. Il est cultivé dans tous les jardins; il pos-

aède des propriétés médicinales analogues à colle» de l'espèce précédente. 11 a été regardé comme l'hellébore des anciens, jusqu'à ce que Tourneforl eut découvert ce dernier dans l'Archipel cl dans l'Asie Mineure.

L'helliborefètide, ou pied de griffon, esttrès-commun dans toute la France; il est âcre et constitue un purgatif très-énergique.

L'hellébore vert fleurit plus tardivement que les espèces précédentes dont il partage lès propriétés. On l'emploie dans les pharmacies pour remplacer l'hellébore noir.

Le genre nigella est l'un des plus curieux do la tribu des helléborécs. Son nom est un diminutif du mot latin nigra. 11 lui a été donné à cause de la coulour généralement noire de ses graines. Le genre nigelle possède cinq sépales plans, colorés et caducs, cinq à dix pétales très-petits et formant par leur ensemble un verticille d'une extrême élégance. Ils constituent des sacs d'un vert foncé, à deux lèvres dont l'inférieure est fendue, et qui renferment une glande neclarifôre. Les carpelles sont au nombre de cinq ; ils sont soudés ensemble jusque vers le milieu de leur hauteur. Les espèces lès plus connues du genre nigelle sont : la nigelle des champs, la nigelle cultivée et la nigelle de Damas.

La nigelle des champs, nigella arvensis, croit dans les moissons des champs maigres, sablonneux ou calcaires. Sa fleur est l'une des plus élégantes de la flore parisienne.

La nigelle culticce, nigella saliva, est connue vulgairement sous les noms de quatre-epices et de toute-épices. Elle est cultivée en grand en Êgypto, en Perse et dans l'Inde, à cause de sa graine qui sert de condiment. En Europe, on ne l'emploie que pour assaisonner les ragoûts; mais, en Orient, ses usages sont beaucoup plus variés : d'abord, on la pulvérise pour la mêler au pain ou l'introduire dans des gâteaux dont les Orientaux sont trèsfriands.

On croit qu'elle facilite la digestion et qu'elle dispose à cet embonpoint qui constitue aux yeux des peuples de ces contrées un mérite physique très-important.

La nigelle de Damas, nigella Damascena, est désignée vulgairement sous les noms de cheveux de Vinus, et de patte d'araignée. Ses fleurs sont d'une rare élégance. Elle croit spontanément parmi les moissons de la région méditerranéenne. Nous la cultivons dans tous nos jardins.

Nous nous sommes assez étend u9 sur le genre aquilegia, nommé en français ancolic, pour ne pas avoir besoin d'y revenir. Il ne nous reste donc qu'à dire quelques mots dos genres delphinium et aconitum.

Le genre dclphinium ou daupfiinelle présente un enlice pétaloTdo à cinq sépales, dont le supérieur a

la forme d'un cornet à pointe dirigée en haut. Dans ce cornet sont emboîtés deux pétales de forme analogue, souvent soudés en un seul. Il existe en outre quelquefois deux autres pétales plans qui manquent dans la plupart des espèces. Le pistil se compose decarpelles semblables à ceux de l'ancolie. L'espèce la plus connue du genre dauphtnelle est la dauphinelle d'Ajar, dclphinium ajacis, nommée vulgairement pied d'alouette des jardin*. Ses fleurs sont bleues, roses, blanches ou purpurines. A ta base interne dos pétales en cornet, on observe des raies qui figurent à peu près les lettres A, I, A. Les anciens avaient cru y lire le nom d'Ajax, et cette circonstance les avait portés à s'imaginer que ce guerrier, après s'être donné la mort, avait été métamorphosé en fleur. Virgile fait allusion à celle tradition dans sa troisième églogue, quand il place dans la bouche du berger Ménalque les paroles suivantes : Dis-moi dans quelles terre* naissent des fleurs portant un nom royal, et je te concéderai la belle Phyllis. — Une autre espèce du genre delphinium est la dauphinelle staphysaigrs, dont nous avons déjà fait mention. Ses graines, très-âcres et très-amères, sont employées en médecine contre certaines maladies de la peau. Elles sont usitées également dans les affections nerveuses.

Le genre aconitum, vulgairement aconite, présente un calice coloré à cinq sépales dont le supérieur est creusé en casque ; la corolle ne so compose que de deux pétales qui ont la forme de petits capuchons renversés. Ils sont munis de deux longs pétioles et coiffés par le casque. Outre ces pétales capuebonnés, il en existe trois autres réduits à un petit fil et ressemblant à des filets d'étamines dépourvues: do leurs anthères. Trèssouvent même ces derniers pétales avortent complètement. Le pistil est composé de carpelles analogues à ceux do l'ancolie. L'espèce la plus remarquable de ce genre est V aconite napelle, aconitum napellus, cultivé dans tous les jardins, et dont la racine offre un renflement ayant la forme d'un navet. De là son nom spécifique de napellus, petit nacet. La racine d aconite, mise sur la langue, détermine une cuisson douloureuse. On l'emploie en médecine contre le rhumatisme, la goutte, l'hydropisie, et dans certaines maladies nerveuses.

Tribu des Pamiess. — Les plantes appartenant à la tribu des pœoniées ont un calice à préfloraison imbriquée. Leurs pétales sont plans ou nuls et ellos possèdent des carpelles charnus, ou à enveloppe membraneuse. Ce sont des herbes ou des sous-arbrisseaux. Le genre le plus intéressant do cette tribu est le genre Pœonia ou Pivoine, qui se composo de plantes croissant naturellement dans les parties tempérées de l'hémisphère boréal. La plupart sont aujourd'hui répandues dans les jar-

L'ENCTCLOrtfDIK DES ÉCOLES

(fins, à cause do In grandeur et de la beauté d Jours fleurs. Les espèces de pivoine qui méritent de fixer l'attention sont : la pivoine officinale cl la pivoine de Sibérie- La racine de la première a joui dans l'ancienne médecine d une vogue extraordinaire el même ridicule. Elle passait pour guérir l'épilepsic ot les maladies mentales, el pour hâter la cicatrisation des plaies les plus fortes. De plus, on la regardait comme douée de vertus surnaturelles propres à chasser les esprit et n éloigner les tempêtes. Aujourd'hui on .l'administre encore quelquefois comme antispasmodique, c'est-à-dire comme stimulante du système nerveux.

La pivoine de Sibérie, à fleurs blanches, est cultivée dans les Jardins où on la recherche au même titre que la précédente, c'est-à-dire à cause de la beauté de ses fleurs. Les Mongols en mangent les racines ou tubercules après les avoir fait cuire.

Meulette et Hauvion aîné.

TECHNOLOGIE

SUITE DES CIÎRËALES.

Place du W* dons la rotation det culturel. — Le blé ne devra pas remplacer indifféremment dans un terrain loute espèce de récolle. Les préceptes les plus généraux que l'on puisse formuler relativement à la place qu'il doit occuper dans une rotation, sont les suivants : 4« Il ne convient pas que le blé, surtout celui d'hiver, succède n une récolte tardive; car dans ce cas on n'a pas le temps nécessaire pour ameublir suffisamment la terre, el pourtant le blé ne doit être confié qu'à un sol pulvérulent, livrant facilement accès à tous les agents atmosphériques.— 2<> Le blé ne devra pas se succéder à lui-même ni à aucune autre céréale. En effet, toutes les récoltes de la nature de celles-ci sont salissantes au suprême degré. Si donc on ne laisse pas d'intervalle entre elles, les mauvaises herbes envahissent tout le champ, qui devient presque complètement improductif. — 3» On ne doit pas semer du blé dans une terre qui sort d'être fumée; car les engrais, en même temps qu'ils enrichissent le sol, ont l'inconvénient d'y introduire une multitude de graine de plantes spontanées dont le développement est très-nuisible à la récolte que l'on vont obtenir.

Ce qu'il y aura de mieux à faire quand on voudra récoller d'excellent froment, ce sera de le faire succéder aux récolles suivantes : trèfle et

sainfoin bien réussis et défrichés de bonne heure; prairies naturelles défrichées en élé; luzernes défrichées dans la même saison ; légumineuses variées, semées dans un sol parfaitement préparé et bien fumé, telles quepoi*, vesces, feveroles, mars et pommes de terre précoces, fumées et binées. Enfin, on pourra encore semer le blé snr jachères, c'esl-à-dirc dans une terre que l'on a laissée se reposer toute une année. Il ne faut user des jachères qu'arec ménagement; quand il s'agit de la production du blé, on ne doit avoir recours à. cemoyen extrême que pour des terres froides et argileuses qui exigent do nombreuses façons avant de devonir «pies à recevoir la semence.

Préparation du sol. — En thèse générale le blé ne réussit bien que- dans un sol ameubli jusqu'à la profondeur de vingt à vingt-cinq centimètres; mais il ne faut pas que cet ameublissemenlsoit de date Irop récente. C'est pourquoi, après avoir bien préparé la terre, on la laissera quelquo temps en repos, el au moment d'y semer le blé, on ne loi donnera qu'un labour très-superficiel. Au reste, te mode de préparation du sol varie, non- seulement d'après sa nature chimique, mais encore selon la récolle qu'il vient de produire. Quand on veut semer du blé sur un défrichement de luzerne ou de prairie naturelle, il est indispensable do donner quatre labours suivis d'aulant de hersages. Le premier doit êtro très-superficiel, les deux intermédiaires plus profonds, el te dernier superflcisJ comme le premier. Après le trèfle el le sainfoin, deux laboura sont suffisants. Après les féveroles, le mars el les pommes de terre, un seul labour précédé d'un hersage est la seule opération nécessaire. Quand le sol a été recouvert de fourrages annuels enlevés avant la maturité, il faut donner un labour immédiatement après la récolte. De là jusqu'au temps de la semai Ile, on maintient la terre bien nette, c'est-à-'dire qu'on la débarrasse do toutes les plantes nuisibles qui peuvent s'y développer. Enfin, quand le blé succède à une jachère, ce qui ne doit avoir lieu quo dans une terre d'une très-grande ténacité, de nombreuses façons de*viennent indispensables. Dans co cas, il ne faut pas moins de cinq labours plus ou moins profonds pour préparer convenablement le sol. Le premier no doit remuer la terre qu'à une profondeur rie dix centimètres; le second, qui a lieu à la fin. de l'automne, est plus profond ; il atteint vingt-cinq centimètres. Au printemps, nouveau labour de dis centimètres. En août, autre façon dans laquelle on descend jusqu'à seize centimètres. Enfin, immédiatement avant les semailles, on ne fait que gratter la terre jusqu'à huit centimètres do profondeur, cl on herse ensuite. w^ .,. ,,

Amendement* et engrais. — L'analyse chimique ayant démontré quo le blé est riebo en silice, en

potasse, en acide phoîphoriquo, en chaux et en magnésie, les divers amendements cl engrais les plu* propres à améliorer le sol destiné à lu future récolte, devront ronronner ces principes en abondance. Les amendements les plus couvenubles seront donc la raarno ou la chaux, les os pulvérisé ot lescuarrées. Quant 3ux engrais proprement dits, les fumiers de ferme, la colombine, la poudrelte, le guano, les tourteaux sont ceux qu'on emploie le plus souveut. Le fumier do vache abonde surtout dans les exploitations, et c'est à lui que l'on a recours dans la plupart dos cas. Cependant il présente un grave défaut : il ne contient pas de phosphates, et l'on sait que ceux do chaux ot do magnésie contribuent pour uno large part au développement céréales. Aussi est-il bon d'adjoindre au fumier ordinaire quelques-uns des succédanés auxquels on a recours d'ordinaire, c'est-à-dire les os pulvérisés, le guano, la colombine, la poudrelte. Dans un système de culture bien entendu, la fumure no doit pas précéder immédiatement la semaillo, elle doit lui étro antérieure d'une année. Ainsi, lorsqu'une terre vient d'elre fumée, c'est du trèfle ou une planto sarclée qu'on doit lui confier, et ce sera seulement après l'enlèvement de ce trèfle ou de cette plante sarcléo que le blé devra être semé. Les engrais en poudre qui ont été énumérés plus haut ne sont pas déposés sur le sol en mémo temps que le fumier ordinaire; ce n'est qu'au commencement de mars, alors que le jeune blé est déjà sorti de terre, qu'il convient de les appliquer. Autrement leurs principes actifs, qui sont tros-solubles, seraient entraînés par les pluies de l'hiver. Les engrais pulvérulents ptoduisonl surtout de bons effets dans les sois légers. Ils offrent un très-bou moyen do rétablir une récolle qui a souffert de l'hiver, ou qui n'a pas reçu avant les semailles une quantité d'engrais suffisante.

Hauviox aind.

VARIÉTÉS

COURS LLKUKATA1RE D'AHCUÈOLOGIK MATIOJIALR Monnaies Gauloises.

m Ttr. l'âge d'airain.

Nous avons vu lo sanglier des Éducns dominer à l'est et au nord de la (Jaule, et le coin constellé s'imposer à plusieurs cantons do la Belgique. Quelque t.-mps après l'apparition de ce monnayage, lo centre de la Gaule en produisit un autre que l'on peut, à bon droit, considérer comme une sorte

d'étendard, signede ralliement d'jin grand nombre de peuplades. Le nouveau coin se rencontre surtout surles bords de la Loire, sur les confins des Lixovicns, des Éburoviques et des Yéliocasses. On l'a trouvé en assez grande quantité dans les ruines do Iitatuspanlium ; mais il semble quo ce soit là le point le plus septentrional où il soit parvenu. Il doit tirer son origine du pays des Carnutes (environs de Chartres). Ce coin présente 6ur l'une de ses faces un oiseau dessiné de profil, primitivement tourné vers la droite, mais plus tard regardant à gauche. Cel oiseau esl toujours accompagné d'une croix et d'un croissant; cos deux ornements en sont, pour ainsi dire, inséparables. Souvent aussi un serpent rampe dans le voisinage de l'oiseau. Telle est la composition invariable de l'uno des faces do la nouvelle monnaie. Quant à l'autre, elle porte uno lôte gauloise juvénile et artislement coiffée. Colle dernière reçut des inscriptions vers la lin de l'âge d'airain. Le coin à l'oiseau est postérieur à celui du verrat éduen et semble s'inspirer davantage de l'esprit druidique. Il subit de légères modifications suivant les localités où il se répandit. Ainsi, dans l'Armoriquo, on trouve l'oiseau jierclié sur un cheval andiocéphalo ou sur le coursier de race gauloise. La croix l'accompagne constamment dans l'un et l'autre cas. Le serpent se voit aussi sur les pièces armoricaines de eelte époque et sur celles des Rémois. La croix ne fait jiiniais défaut nu monnayage dos Andéraves (environs d'Angers) ni à celui des Bilurigucs (environs de Bourges). On semble voir dans l'oiseau et la croix l'indice d'une ligue opposée à la prépondérance eduenne cl dirigée par les Rémois. 11 est probable quo le coin de l'oiseau n'a eu qu'une existence éphémère. 11 termine, ou à peu près, l'âge d'airain. La dernière apparition aura coïncidé avec la naissance des premières pièces de l'épigraphique.

ÉPOQEB DE L'KPIGRAPHIQCE.

Chargé d'inscriptions ou de débris d'inscriptions à son origine, le monnayage celtique n'avait pas tardé à devenir, sous l'influenco des druides, d'un mutisme absolu. Peu de temps avant la conquête romaine, on voit l'écriture envahir de nonveau les différents coins qui entrent alors dans une nouvelle période. C'est celle que l'on a désignée sous le nom de période del'épigrfiphiquc.Cedernier mot provient du grec. Il est formé de la position epi qui signifie sur, et du verbe graphtiu, écrire. Une fois qu'elle eut envahi le coin gaulois, l'épigraphique ne cessa de s'y maintenir tant qu'on v it sulKistcr quelques vestiges de la vie et de l'indépendance nationales.

C'est par le bassin de la Méditerranée que l'épi-

VF.

'.YCLOPËDIE DES ÉCOL

graphique commence à entrer dans la Gaule. La province do la Narbonnaisc plaça (1 abord descaractères latins sur sa monnaie. Cet exemple fut promplement imité. Ainsi les Ausci , les Yolks Arékomiks el les Volks Tcclosags adoptèrent les lettres latines. Mais un spectacle bien plus surprenant, c'est de voir Marseille, qui d'abord frappait des espèces blanches el du cuivre inscrits en grec, mettre dans son coin l'aigle du Capitole aux ailes déployées et prendre les lettres latines. Chez les Allobroges, on trouvait pêle-mêle, sur une même pièce, les caractères grecs et les caractères latins. Cependant, à" la suite d'une révolte des in digènesdela province romaine, les Romains avaient pillé les trésors sacrés de la Narbonnaise et com mis tant de déprédations, que les habitants de ces malheureuses contrées émigrèrent en foule au delà desCévennes. Ce furent les membres de celle émigration qui introduisirent dans le centre el le nord de la Gaule l'usage de l'épigraphique, environ l'an 60 av. J.-C. Bien avant cette époque, les druides et tous les autres Gaulois, dans leurs affaires civiles et particulières, se servaient exclusivement du caractère grec. En conséquence, c'est ce dernier que l'on rencontre seul sur les premières pièces épigraphiques. Bientôt les lettres latines vinrent se mêler d'une façon bizarre aux caractères grecs, en même temps que de nombreuses substitutions d'une lettre à une autre s'opéraient dans les différents coins. Ainsi, par exemple, la lettre E fut remplacée par l'E arrondi, qu'on ne saurait mieux comparer qu'à un C ordinaire dans l'intérieur et au milieu duquel on aurait placé une barre horizontale partant de la courbe du C. L'E arrondi est une spécialité tout à fait gauloise. Il est étranger à l'alphabet grec du midi do la Gaule, mais commun à l'écriture grecque et à l'écriture latine du reste de la Celtique. Dans les premières inscriptions des monnaies, le C latin remplace fréquemment le sigma, c'est-à-dire Tigrée (Z). Un peu plus tard le C et l'S latins s'emploient indifféremment l'un pour l'autre. 11 n'est pas rare alors de trouver des lettres couchées et renversées, et d'autres qui ont la tète en bas. On rencontre tout aussi communément sur les monnaies plusieurs lettres attenantes les unes aux autres ou mutuellement entrelacées. Si l'on ajoute à ces excentricités les fréquentes omissions que présentent les légendes tronquées, incomplètes ou mal copiées, on comprendra les immenses difficultés que l'on éprouve dans la lecture de ces légendes. Ce qui augmente encore l'embarras, s'il est possible, ce sont les innombrables variations de l'orthographe. Ainsi on a simultanément Viros et Virooty Ifilkottti et Iflicovesi, Sequano* et Sooeranot. Il n'est pas rare non plus de tomber sur des de lettres, de syllabes, sur des noms|

contractés d'une manière étrange. On lit, par exemple , Cambotre pour Camboltctrts , Solima pour Solimaria ou Solimariieay Suticos pour Otsutirus, Eliocathi, Eliocaxi pour Veliocttssf*, Mate pour iS'emausu* (Nîmes), Avro pour AvarUum (Bourges). Les noms des chefs sont généralement inscrits en entier. Un magistrat do Lixovio, bourg ou peuplade des Séquanais (Franche-Comté), était dans ses légendes d'une prolixité que nous bénissons aujourd'hui. 11 écrivait sur sa monnaie : CI- SIAMBOS CATTOS VERCOBRETO , SIM1SSOS PUBLICOS, LIXOVIO. On voit par cet exemple que les Séquanais précisaient en se servant de la langue latine, c'est-à-dire que dans tous les mot* ils remplaçaient la terminaison u* des latins par o<, qui est la désinence grecque correspondante. Cisiambos Cattos, mis pour Cisiambus Cathu, sont les deux noms du magistrat qui a fait frapper la monnaie. Quant au mot Vercobreto, beaucoup d'historiens le traduisent par Vergobrtt. Il désigne une charge ou dignité qui se nommait en langue celtique fear-go-breith ou breut ; cela signifie l'homme du jugementde la justice. On croit que«missos publia» veut dire demi-as public, et LLrorio désigne la localité devenue aujourd'hui LuxtuiL Sur cent trente noms inscrits sur des médailles gauloises, on rencontre cinquante nominatifs en ot, environ dix génitifs grecs en ou ou en u, une quinzaine de datifs et d'ablatifs latins en o et en ». Les autres terminaisons sont nationale». Il y en a dix en rtx, cinq en o, sept en i, une quinzaine en b, d, m, n, r, t, t. Les lettres a, e, », o constituent des désinences de lieux plutôt que des noms do chefs. La terminaison « indique aussi des localités. La finale m», la consonne finale « et toutes les autres consonnes apprennent qu'il s'agit de personnages. La terminaison grecque ot Rapplique tout aussi bien à des personnes qu'à des localités. On a signalé quarante localités et plus de soixantecinq noms de chefs terminés en os. Il est vraiment surprenant que le monnayage fabriqué par trois cents peuples différents et par mille cités, villes et bourgs ne reproduise que la dénomination de quarante localités. Les abréviations ne portent jamais sur les noms propres, mais sur des noms de localités. Ainsi, le mutisme se fait sentir sur la monnaie gauloise jusqu'à son agonie. Quelle puissance appliqua donc ainsi sa main glacée sur celte monnaie nationale? Quelle doctrine la réduisit à un silence obsliné que nous déplorons aujourd'hui?

Merlette el Hauvion al né.

L* Dirtctew- Gérant,

A. MEHLIîTTE.

df L.

ci C", » :

Vf Année.

24 juin 48C3.

No 29

JOURNAL

DE L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ET DE L'ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL

IttUi SOOS LA tlMitlOi M

M. A. MERLETTE

' Fltte «i! '.'École r.ortr.5le de YeT6»ra«, sacica nultre répétiteur è Mit* École. »nctea directeur d'un* Ecole pruniir» «uptrieura

Bureau d'abonnement, à Paris, rue Saint-Jacques, 228, au fond de la cour

L7.*cT«ori!:.it ris Écrits rmtt t«j Ifn iir.ar..;hes ; tUqr.e mineto contient 16 pjgcî in-8 d'ispujsioa i 2 cclonasi «t oa» plttchs Utbojrajtii.:.

Fui ti l'AifirttiiiîiT :

Tf.tr )» F:;r.c«, un an. 11 fr. ; £.1 cois, 6 Tr. — Pa'ir l'AtrUurre. un en. 16 ir. — Pour tout* entre destitution, le j.ùrt ut pluj.

l'iu d'un tuairo isolé.- 50 ctùûms.

Le frit tis atonremeuts doit Ur« p«T< d'arme en un mis. ditiurla toeu adressé firliiw eBrsnchie à U. Hiwjrrt. directeur de ïticraoriiu sis Écons, rue Saiat-Jêcqucs, 838,

Les eror.nenor.'s parient du nois de Ju:r.

Le» personnes «;ui s'abonnent dîne le courent du toœeslre,

ic;ûivc£t icaCdii^acni les aucécos ijui on: ii.i paru. Ani.3tr.ts d'ouvrîgcj cliis.iues, 1 Ir. 50 II ligne.

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SOMMAIRE

Grammaire Jr an faite : Suite .le» verbes im'ijulicrs do U troisième conjugaison. — Dicte» dorthographt utuc'.U : te distrait (suit.'). — Pftnutr» exercices Je itytt : Vicui fraisai* a rajeunir: Corrigé. Yiein français à rajeunir: Vers à mettre en prose. — lliitoire de Franc» •* La Gaule sous les empereur^— jiiithmttiqne s Théorie de la divisibilité dos nombre*. - Givmtlrir eltnitntuir* .- Des ti îancles sernl l.ililcv. — Chimie: Famille des lialoccnes; du chlore. — Hiitnire nrturel'e : lM.ini<[ue; faunlle de» (jérliriiacecs. — Technologie : Suilc des céréales.

GRAMMAIRE FRANÇAISE

SUITE DE L EXAMEN DES VERBES IRMtQULIBRS DM LA TROISIÈME CONJUGAISON.

1° Savoir. — L'infinitif actuel de savoir dérive de l'infinitif latin Mpertr par lo changement do la labiale forte p dans r aspirée douce correspondante v. La forme de cet infinitif a varié dans les différents dialectes en usage au nord do la France pendant le dou7ièmo sièclo et dans le cours du treizième. Le dialecte bourguignon avait los deux infinitifs «oiw et savoir ; l'infinitif picard était tapir et l'infinitif normand wtrçr. Les irrégularités

que l'on rencontre dans la conjugaison moderne du verbe saroir s'expliquent par le mélange de plusieurs conjugaisons et par l'élymologie. Les temps suivants : le présent de l'indicatif, l'imparfait du indue mode, le présent du subjonctif cl le parlicipo présent apparlienncnlà la troisième conjugaison. Mais, parmi ces quatre temps, il en est trois dans lesquels le radical éprouve une modification chaque fois qu'il doit recevoir l'accent tonique. Ce sont : lo présont de l'indicatif, le présent du subjonctif et le participe présent. Nous sommes déjà assez avancés dans la théorie des verbes irrégulier» pour avoir pu constater plusieurs fois que ce sont les seuls temps dans lesquels le radical subisse des altérations par l'effet de l'accent tonique. C'est donc à bon droit qu'ils peuvent être qualifiés de temps forts. Tous les autres temps, qui ne sont pas sujets à cet accident sont les temps faibles. On ne saurait trop le répéter : loin de regarder comme des irrégularités les modifications quo présente- le radical dans ces circonstances, il faut se souvenir que c'était là l'état normal, primitif et régulier do la conjugaison française à l'époque do la formation de notre Lan» guc. Ces traces de l'antique conjugaison sont les précieux débris d'une perfection de formes qui n'a fait que diminuer pendant tout le temps qui s'est écoulé entre le douzième siècle et l'époque actuelle. Car il ne faut pas craindre do le dire, malgré des assertions trop souvent émises : au point de vue de la régularité et do la logique dans la création des formes grammaticales, la langue du douzième siècle était bien plus parfaite que notre '

L'ENCTCLOPIÎDIR DBS ÉCOLES

moderne. Ses allures se rapprochaient davantage de cellis Que l'ort observe ëané lei plias ancien» idiomes Indo-européen». Ainsi donc, le présent de l'indicatif du verbe savoir éprouve iu besoin l'influenco de l'accent tonique. Yoici de Quelle manière elle s'exerce. Aux trois premières personnes du singulier, le radical sav perd sa consonne finale, comme cela a lieu dans une foule d'autres verbes. Mais cette perte est bien compensée par le renforcement du radical. De quelle manière s'opère ce renforcement? Par l'addition de la voyelle i. On a de la sorte le radical sai, auquel il n'y a plus qu'à ajouter les terminaisons de la quatrième conjugaison, ce qui donne : je sais, tu sais, Usait. La troisième personne du pluriel dans laquelle le radical aurait dû être renforcé, puisque c'est sur lui que tombe l'accent tonique, suit la conjugaison moderne. Elle est donc Us savent au lieu de ils suivent. Quant aux deux premières personnes du pluriel où le renforcement n'était pas nécessaire, puisque leur terminaison n'est pas muette, elles s'écrivent, nous savons, vous savez. Au treizième siècle, on avait jugé insuffisant le renforcement introduit dans le radical et on en avait encore augmenté l'intensité en mettant se au lieu de t. On avait alors, pour 1eprésentdel'indicatif,j> sçais, tUfçais, etc. La lettre c n'avait même pas lardé à

être considérée, mais à tort, comme faisant partie du radical et son usage était passé des temps forts à tous les autres temps du verbe savoir. Cette orthographe s'est maintenue dans la langue française jusque dans le courant du dix-huitième siècle. L'imparfait de l'indicatif se forme régulièrement en ajoutant au radical sav les finales de la quatrième conjugaison. On a en conséquence je savais, tu savais, U savait, etc. La conjugaison du présent du subjonctif offre une particularité excessivement curieuse. Le radical y a été renforcé dans toutes les personnes, aussi bien dans celles qui ont une terminaison sonore que dans celles dont la terminaison est muette. Mais ce renforcement s'y est fait d'une manière extraordinaire. On a supprimé la consonne finale v du radical et pour détruire 1'eflel de cette suppression, on a jugé à propos d'épaissir la voyelle renforçante i en la chnngearrt pn eh. Cela a donné : que je sache, que lu saches, qu'il sache, que nous sachions, que vont sachiez, qu'ils sachent. Tel est le le paradigme qui a été adopté de très-bonne heure pour ce temps. Le dialecte normand est celui qni en a foit usage le premier. Les autres dialectes importants du nord de la France se rapprochaient beaoeonp do cette même forme. Par exemple, le présent du subjonctif bourguignon était : que je salehe, que tu saiches, qu'il saichet, que nous sachions me vous sarhiet, qu'a saichent. En picard on dh»H : qwj* twx. fMt» mes, etc. Enfin, il est

arrivé que dans l'Ile-de-France, pendant la seconde moitié dtf Irélzièmé siècle, le th ét lee se trouvaient remplacés par ht lettre g, ce qui fournissait les formes que je snige, que tu saints, etc. L'impératif admet les finales habituelles de la quatrième conjugaison. Seulement au lieu de les ajouter au redirai sav, c'est au radical renforcé sach qu'il les joint. En sorte que l'on a : sache, sachons, saches. C'est d'une manière analogue que se forme le participe présent sachant. Un fait qui a de quoi surprendre, c'est qu'après avoir donné tout d'abord au participe présent, qui est un temps fort, cetto excellente forme, on en ait adopté une autre d'une valeur inférieure, d'un poids moins considérable. Celte autre forme était sçacant. Elle s'est maintenue jusque dans le courant du seizième Siècle et c'est d'elle que provient notre adjectif actuel savant. Le passé défini du verbe savoir dérive par étymologie du temps latin correspondant snpui. Le patois bourguignon, altérant très-peu cette forme originelle, commença par y substituer celleci : je saui. Le picard dit, en l'altérant plus profondément, je seui. Enfin, le normand trouva la forme actuelle je sus. L'imparfait du subjonctif, qui se modèle constamment sur le passé défini, passa par des phases analogues à celles de ce dernier temps pour devenir : Que je susse, que tu susses, qu'il sût, que nous sussions, que vous sussiez, qu'ils sussent. Le futur et le présent du conditionnel étaient primitivement identiques dans les différents dialectes. Au douzième siècle on disait dans tous les pays de langue d'ofl : je sarerai, tu sareras, etc. On voit que ce futur était formé par l'addition du présent de l'indicatif du verbe avoir à l'infinitif normand saver. Bientôt, dès le second quart du treizième siècle, la forme actuelle fut adoptée au sud de la Picardie et dans toute l'étendue de l'Ile-de-France. Elle dérive de la forme normande par la syncope de l'e et par le changement presque insignifiant du «en u ; ce qui a donné : je saurai, tu sauras, etc. Il est à peine besoin d'ajouter que le présent du conditionnel a suivi toutes les péripéties de formes du futur simple. Le participe passé qui, après la perte de la consonne finalo l ou cf était devenu seu et seue, perdit plus tard son « pour se transformer en su et sue.

50 Voir. — L'infinitif de ce verbe provient médialement de l'infinitif latin videre. Voici par quelle série de transformations la forme latine est passée pour produire l'infinitif français voir. D'abord l'i du radical latin fut changé en 9, ce qui donna redire. Un peu plus tard, en syneopent le d, on eut pour radical te. De là le» forme* bourguignonnes veor et teoir, la forme picarde noir et la forme normande veer. Vers lî»o, l'e du radical s'assourdit en se métamorphosant en 0, et l'on eut

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