DES TRIANGLES SEMBLABLES
489. Définitions. — 1° On appelle triawjles semblables deux triangles qui ont leurs trois angles égaux chacun à chacun;
f Dans deux triangles semblables on appelle côtés homologues ceux qui sont opposés à des angles égaux.
Exemples de triangles semblables.
490. 4« Exemple. Deux cordes AB cl CD (pl. 29) (fîg. 1) se coupent dans un cercle ; on joint par des lignes droites les poinls A el C d'une part, D et Bde l'autre ; je dis que les deux triangle BOD et AOC, ainsi formés, sont semblables entre eux, c'est-à-dire qu'ils ont louré trois angles égaux chacun à chacun. D'abord, les angles en 0 sont égaux comme opposés par le sommet ; l'angle A est un angle inscrit, il a pour mesure la moitié de l'arc CB compris entre ses côtés ; l'nnglo D est également w anglo inscrit, il a pour mesure la
moitié du mémo arc CB compris entre ses côtés. Les angles A et D sont donc égaux comme ayant la mémo mesure ; ainsi A = D. L'angle C étant un angle inscrit, il a pour mesure la moitié de l'arc AD; l'angle B, aussi inscrit, a encore pour mesure la moitié du même arc; les angles C et B sont donc égaux comme ayant la même mesure : ainsi C — B. Il résulte de ce que nous venons do voir, que les trois angle* du triangle AOC sont égaux aux trois angles du trianglo BOD; par conséquent, d'après la première définition, ces deux triangles sont semblables entre eus.
Pour trouver leurs côtés homologues, voici ce que l'on fait : prenons dans le triangle CAO un côté quelconque, le côté CA par exemple. Pour avoir son homologue, je dis : quel est l'angle opl>osé au côté CA? C'est l'angle AOC. Dans le triangle DOB, quel est l'angle égal à AOC? C'est l'angle DOB. Quel esl le côté opposé à l'angle Dl>B ? C'est DB; conséquemment, DB est l'homologue de AC. On verrait de la même manière que DO est l'homologue de AO, et que OB est l'homologuo de OC.
494. 8* Exemple. Je prends un point A (fig. S) en dehors d'une circonférence; de ce point, je mèno à la circonférence deux sécantes AB et AC qui coupent la circonférence aux quatre points l>, E, B, C. Je joins EB, cl DC par des lignes droites, et il fout prouver que tes deux triantes ADC et ABE obtenus do la sorte sont semblables, c'està-dire qu'ils ont leurs trois angles égaux chacun à chacun. D'abord ils ont l'angle A commun ; ensuite, l'angle C du premier triangle et l'angle D du second sont égaux comme angles inscrits ayant l'un et l'autre pour mesure la moitié de l'arc DE. Ainsi, les deux triangles considérés ont déjà deux angles é^aux chacun à chacun. Mais nous savons que quand doux angles d'un trianglo sont égaux chacun à chacun à deux angles d'un autre triangle, les troisièmes angles de ces deux triangles sont égaux. entre eux. Donc l'angle ADC du premier triangle est égal à l'angle AEB du second. Les deux triangles proposes ayant leurs trois angles égaux chacun à chacun, il en résulte qu'ils sont semblables.
Déterminons maintenant les côtés respectivement homologues de ces deux triangles; cherchons, par exemple, quel est l'homologue du côlé AC appartenant au trianglo ADC. Pour cela, nous dirons : Quel est l'angle opposé à AC ? C'est l'angle ADC. Quel esl dans le triangle AEB l'angle égal à ADC ? C'est l'angle AEB. Quel est le côte opposé à l'angle AEB? C'est le côlé AB. Par conséquent, le côté AB du triangle AEB esl l'homologue du côlé AC du triangle ADC. Maintenant, cherchons 4'homologue du côté CD appartenant au triangle ADC. Pour cola, nous dirons : Quoi est,
dans ce dernier triangle, l'angle opposé au côté CD? C'est l'angle A. Quel est, dans le second triangle AEB, l'angle équivalent ù l'angle A? C'est cot anglo A lui-mèuic. Quel e*t, dans ce même triangle, le côté opposé à l'angle A ? C'est le côté BE. BE est, par conséquent, l'homologue de CD. Enfin, cherchons l'homologue du côté AD appartenant au irianglo ADC. Pour cola, nous dirons : Quel est l'angle opposé au côté AD? C'est l'angle ACD. Dans le triangle AEB, quel est l'angle que vaut ACD? C'est l'angle ABE. Quel est, dans ce même triangle, lo cùlé opposé à l'angle ABE? C'est le côté AE. 11 résulte de là que AE est l'homologue do AD.
192. 3« Exemple. D'un point A (fig. 3), pris en dehors d'une circonférence, on lui mène une tangente AB et une sécante AD; on joint les points BC et BD par des lignes droites, et les deux triangles ABD et ABC ainsi obtenus sont semblables entro eux. En effet, ils ont l'angle A commun, l'angle ABC du second triangle est formé par une tangpnto et une corde : il a donc pour mesure la moitié de l'arc BC correspondant h celle corde. L'anglo D du premier triangle étant un angle inscrit, il a pour mesure la moitié de l'arc BC; il est dune égal à l'angle ABC, puisqu'il a la même mesure que ce dernier. Mais nous savons que, quand deux angles d'un triangle sont égaux chacun à chacun à deux angles d'un autro triangle, le* troisième» angles de ces deux triangles sont respectivement égaux ; donc, l'angle ACB égale l'angle ABD Les deux triangles proposés ayant leurs trois angles égaux chacun à chacun, on en conclut qu'ils sont semblables.
En s'y prenant do la même manière que dans les deux exemples précédents, on trouverait que AC, appartenant au triangle ABC, est l'homologue du cùlé AB, appartenant au triangle ABD. On trouverait da mémo que BC est l'homologue de BD, et enfin que AB est l'homologue de AD.
493. 4" Exemple. Soit lo triangle BAC (fig. 4) roctan»lo en A. Si du sommet A de son angle droit on abaisse une perpendiculaire sur ?on hvpolliénu-fe, le triangle total BAC se trouvera partagé en deux triangles partiels BAD et DAC, qui seront aussi des triangles rectangles. Je dis que le premier d'entre eux BAD est semblable au triangle total BAC. En effet, ces deux triangles ont l'angle B commun. Ils ont respectivement un angle droit : c'est l'angle BAC pour le premier et l'angle BDA pr> ii rie second. Les triangle" proposés ont donc deux angles éi:aux chacun à chacun. Mais on sait que qu ind deux triangles ont deux angles égaux chacun à chacun, leurs troisièma* angles sont aussi égaux ; donc le troisièmo angle RCA du triangle total sera égal au troisième angle BAD du triangle partiel. Le* deux triangles rectangles BAC et BDA ayant
leurs trois angles égaux chacun à chacun, on en conclut qu'ils sont semblables.
Déterminons maintenant leurs côtés homologues. D'abord il est évident que l'hypothénuse BC du triangle total étant opposée à l'angle droit BAC aura pour homologue l'hypolhénuse BA du triangle partiel, laquelle est opposée à l'angle cfroit BDA. Cherchons à présent quel sera l'homologue du côté AC appartenant au triangle BAC. Pour cela, nous dirons : Dans lo triangle BAC, qnel est l'angle opposé au côté AC'i C'est l'anglo B. Dans l'autre triangle BDA, quel est l'angle égal à B? C'est cet angle B lui-même, puisqu'il est commun aux deux triangles. Enfin, dans le triangle BDA, quel est le côté opposé à l'angle B ? C'est le côté AD. Donc, AD du triangle BDA est l'homologuodu côté AC appartenant au triangle BAC. Il nous reste encore à trouver l'homologue du côté AB considéré comme faisant partie du triangle BAC. Pour cela, nous dirons : Dans BAC, quel est l'angle opposé au cùlé AB? C'est l'anglo C. Dans lû triangle BDA, quel est l'angle égal à l'angle C? C'est l'angle BAD. Enfin, dans ce môme triangle, quel est le côté opposé à BAD? C'est le côté BD. Il résulte de là que BD est l'homologue de BA.
194. 'je Exemple. En raisonnant sur les deux triangles BAC et DAC do la figure précédonto, comme on vient de le faire pour les deux triangles BAC ol BAD, on prouverait facilement que l'on a oncoro deux triangles semblable entre eux. On trouverait en outre quo l'hypothénuso BC du triangle total a pour homologue l'hypothénuso AC du triangle partiel, que le côté AB du triangle total a pour homologue le côté AD du Irianglo partiel, et, enfin, que le côté AC du Irianglo total a pour homologue lo côté DC du triangle partiel.
495. 6o Exemple. Il est maintenant facile do prouver que les deux triangles (partiels BDA et ADC do la figure 4 sont semblables entre eux. Cela résulte évidemment de ce que l'un et l'autre est semblable au triangle total BAC. Voici quels sont les côtés homologues dans ces devin inanejlea. L'hypolhénuse AB du premier a pour noroo\osuo l'hypothénusc AC du second. Lo côté BD du premier opposé à l'angle BAD a pour homologue le côté AD du second opposé à l'angle C qui égale l'anglo BAD, comme nous l'avons vu plus haut. Enfin, le côté AD, considéré comme appartenant au triangle BDA, a pour homologue le côté DC du triangle ADC.
IJauyion aîné.
L'ENCYCLOPÉDIH DBS BCOLRB
CLUMIE
ÉTUDE DE LA FAMILLE DES HVLOGjiNES.
Nous avons déjà vu que la famille des halogène se compose des métalloïdes suivants : le chlore, le brome, l'iode et le fluor, auxquels il convient d'ajouterle cyanogint, bien que celte dernière substanco ne soit pas un corps simple. Le chloro est un corps gazeux ù la température ordinaire, et à rencontre do tous les autres gaz que nous avons passés en revue jusqu'ici, il est doué d'une couleur jaune verdalre. C'est à cause de cette circonf tance qu'il a reçu le nom qu'il porte, tiré du mot grec dWôrof, qui signifie, en effet, jaune verdtitre. Le cliîoro a été préparé pour la première fois par le pharmacien et chimiste suédois Scheclo, en* 77 i, année de la découverte de l'oxygène. Le brome os' unliquided'une couleur rouge foncé et d'une odeur insupportable; de là son nom, qui vient du mot grec brômos, mauvaise odeur. Le brome a été découvert en 1826, par M. Balard. L'iode se présente sous la forme de pjillcttcs solides de couleur violette. Il se volatilise très- facilement, et produit dans ce cas de magnifiques vapeurs également violettes. C'est à cette coloration que ce métalloïde doit son nom, emprunté h l'udjeelif grec i'A/m, qui signifie violet. L'iode a été aperçu, en 1 84 3, par un fabricant appelé Courtois, et bientôt après étudié avec attention par Gay-Lussac. Le fluor n'a pu être obtenu jusqu'à présent a l'état de pureté. Le chlore, le bromo et l'iode ont entre eux les plus frappantes analogies ; ils forment le premier groupe naturel que les chimistes aient su distinguer parmi les corps simples. On les extrait tou: les trois de la mer ; de sorte qu'ils ont donné lieu de dire qu'en chimie, comme dans le monde moral : qui se ressemble, s'assemble. On peut considère le chlore, le brome et l'iode comme trois frère d'allures et de propriétés analogues; seulement ils ne possèdent pas ces propriétés au même degré d'énergie. C'est dans le chlore qu'elles se trouvent le plus prononcées. Après lui vient le brome, et enfin l'iode. La ressemblance qui existe entre ces trois principaux halogènes en rend l'élude très facile. Il suflil, en effet, de développer l'histoire de l'un quelconque d'entre eux pour apprendre en
même temps collo des deux autres. C'est co que
nous allons fairo pour le chlore.
Du Chlore.
Préparation. — Do tous les procédés que l'on possède pour la préparation du chloro, nous allons exjioser celui qui est le plus simple dans la pratique.
]\ consiste à décomposer, au moyen du bioxyde de manganèse, un liquide nommé acide chlorhydriquê cl composé d'une mesure ou équivalent do chlore, et d'une mesure d'hydrogène. Voici comment s'opère celle décomposition : On met dans un ballon de verre B (fîg.5), placé sur un fourneau, du bioxyde de manganèse réduit en poudre fine. Le bouchon do ce ballon est traversé par deux tubes : l'un 8, à trois branches, muni d'une boule et terminé par un entonnoir, sert à verser l'acide chlorhydrique dans le ballon au fur et à mesure du besoin; l'autre T, amène le chloro qui se dégage jusqu'au fond d'uu flacon F, à trois tubulures, appelé flacon laveur et rempli d'eau environ à moitié. De la dernière tubulure du flacon F part un tuba abducteur qui amène le gaz dans une éprouvette disposée sur la cuve à eau. Dès que l'acide chlorhydrique et le bioxyde de manganèse sont en pré-, sence dans lo ballon, le dégagement du chloro commence à s'opérer; mais on facilite la réaction en chauffant légèrement avec quelques charbons. Quand on a besoin de se procurer une grande quantité de gaz, on ne verse pas immédiatement sur le bioxyde de manganèse loul l'acide chlorhydrique nécessaire; on n'introduit ce liquide que peu à peu par le tube S; Voici la théorie de la préparation : On fait réagir deux mesures d'acide chlorhydrique représentées par a H CI sur une mesure de bioxydo de manganèse, Mo 09. Aussitôt que ces corps sont en présaooe, le bioxyde da manganèse perd ses deux équivalents d'oxygène, qui vont so combiner avoc les deux équivalente d'hydrogène que contiennent les deux mesures d acide chlorydriquo pour former deux équivalents d'eau, représentés par i HO. Do loul ce qui eolrait dans la composition do l'acide chlorhydrique, il ne resla plus que deux équivalents de chlore. Us se séparent immodialeraent. L'uo va s'unir au manganèse pour former un corps Mo Cl, appelé ekhrure de manganèse ; l'autre équivalent de chlore, devenu libre, se dégage. C'est lui que l'on recueille. L'apiureil qui sert à la préparation du chlore a, été muni d'un flacon laveur, destiné à dissoudre U petite portion d'acide chlorhydrique que le chlpre entraine avec lui en se dégageant du ballon. Nous verrons plus tard, en effet, que l'acide chlorhydrique est éminemment solublo dans l'eau. Nous avons dit que lo chlore doit être recueilli sur la cuvo à eau, Il y a néanmoins à cela un inconvénient, c'est que le chlore est solublc dans l'eau, Toutefois, cette solubilité n'est pas assez grande pour qu'on ne puisso pas recueillir sur l'eau une quanlilé de chloro suffisante, si ce gaz doit é|re employé immédiatement. Le chloro no peut pas être recueilli sur le mercure ; car dès qu'il est en contact avec ce métal, il s'unit avec lui pour donner naissance à, un pomposé pulvérulent, Irès-yé-
néneux, qui n'est pas autre cho.se que le bichlorure de i»«wireou sublimè-cammf. Ainsi, ni l'eau ni le mercure ne sont des liquidos convenables pour ht préparation du chlore. Lo mieux sera de )p recueillir sur de l'eau fortement salée, dans laquelle il ne se dissout que très-peu. Quand on veut se procurer du cliloro bien sec, on a recours -nu pro cédé suivant: à la suite du flacon laveur, F. fi?. 7) on place un tube horizontal AB, rempli de clilorurode calcium fondu. Cet to substance est trèspropre a absorber l'humidité. A l'extrémité B de ce tube en est adapté un autre plus étroit qui descend jusqu'au fond d'un flacon F' non bouché, rempli d'air et desséché aussi exactement que possible. Le ch'ore est nn gaz beaucoup plus lourd qui; l'air ; aussi, à mesure qu'il arrive dans le flacon F, il s'accumule dans sa partie inférieure cl tn expulse peu à peu l'air qui s'y trouve contenu. On reconnaît facilement quel est le niveau auquel le chlore est parvenu dans le flacon F* à la coloration verdatre que semble revélir une portion des parois du flacon. Quand ce dernier est rempli de chlore, on relire lentement le tubo, et l'on bouche promplement le flacon avec un bouchon do verre usé ù 1 "émeri.
Propriété* physiques du chlore. — Le chlore est un corps gazeux, d'une couleur jaune verdûlre. d'une odeur insupportable et que l'on n'oublie jamais dès qu'on l'a Sentie une fois. Le chlore est un poison énergique. Respiré en petite quantité, il provoque une très-vive irritation de la muqueuse nasale; introduit en abondanco dans la poitrine, il détermine des crachements do sang et une désorganisation do la matière dos poumons, qui amène proinplemeul la mort. La densité du chlore rqpportée à celle de l'air est 2,44. Il est donc environ deux fois et demie plus pesant que ce dernier gaz. Le chlore peut être obtenu à l'étal liquide; il suflit pour cela do lo comprimer au point de le réduire à un volume cinq fois plus petit quo celui qu'il occupe dans les conditions normales de température et de pression. Lo cldore est très-soluble dans l'eau. Un litre d'eau peut dissoudre jusqu'à trois litres de chlore. La dissolution aqueuse de chloro est fréquemment employée dans les arts et dans les laboratoires. On la prépare en faisant passer lo chloro dans une série de flacons, F, l", F" (lig 7), clc. munis de trois tubulures, appelés flacons de Woolf, et cornmuniquant tous ensemble. Chaque flacon est rempli d'eau jusqu'au tiers de sa liaulour. Le gaz qui no s'est pas dissous dans le premier flacon traverse le liquide que contient le second, le troisième et ainsi de suite. La dissolution du chlore dans l'eau a la même couleur quo lo gaz; elle b'allèrc promptemenl à la lomièro. Si donc on U'til la conserver, il faudra la g-inJer dans- lobs
curite* ou dans un récipient imperméable à la lumière, ou bien enfin dans un vase en verre, à condition que les parois de celui-ci soiont rouges, jaunes ou vertes. Quand on entoure de glace un flacon do Woolf contenant une dissolution do chlore, il ne tarde pas à s'y former une matière floconneuse, cristallisée et d'un vert plus foncé que le liquide au milieu duquel elle se trouve. Cette matière est une combinaison du chlore avec l'eau ou, comme on dit, un hydrate de chlore. En hiver, ces cristaux peuvent être facilement recueillis. Après les avoir fait égoutter dans un entonnoir, on les essuio rapidement avec du papier joseph et on les introduit dans un tube ABC (fig. 8 ) recourbé à angle droit. On entoure do glaco la partie AB du tube oii sont les cristaux et en mémo temps on ferme à la lampe l'extrémité libre C do ce mémo tube. Les choses étant dans cet état, si l'on plongo la partie AB du tube dans de l'eau chauiïée à 3o degrés, on voit les cristaux se fondre et produire un liquide qui se sé|mro en doux couches superposées : Tune inférieure et d'un jauno foncé qui est du chlore liquide ; l'autre superficiel, d'une couleur inoins intense, et qui n'est qu'une dissolution aqueuse de chlore. Si l'on refroidit avec, de la glace l'autre branche BC du tube, lo chlore liquide se volatilise en AB pour venir se condenser dans la branche froide. Il se trouve ainsi complètement népard do la dissolution aqueuse et dans un état parfait de pureté. Le chlore liquide n'a jamais pu être solidifié jusqu'à présent par aucun froid.
Proiiriïtéschimifjues du chlore. — Le chlore possède des affinités chimiques très-puissantes, tièsénergiques. Beaucoup de corps s'unissent à lui, à la température ordinaire, et au moment où s'opèro la combinaison, il se développe assez de chaleur pour produire l'incandescence. Voici quelques exemples de ces combinaisons, qui s'effectuent à la température ordinaire. Le phosphore s'enflummo au contact du chlore, sans avoir été chauffé préalablement. Si l'on projette de l'antimoine réduit en poudre fine dans une. éprouvoUn rempVio de chloro sec, celte poudre prend îeu, et ré&uVio, do la combinaison une fuméo blanche qui est du chlorure d'antimoine. Il est dangereux de respirer cette matière en grande quantité, car c'est un poison énergique. L'arsenic pulvérisé et projeté dans une atmosphère de chlore, produit dos effets analogues et donne naissance à un composé plus vénéneux encore; c'est Je chlorure d'arsenic. Si l'on chauffe légèrement un fil do cuivro et qu'on lo plongo ensuite dans lo chlore, on lo voit devenir rougo dans toute sa longueur, cl en même temps se fondre en gouttelettes, qui tombent au fond du flacon. Le cuivroréduit en poudre très-fine prend feu dan» le chloro à la façon do l'arsenic et do l'antimoine. Ainsi que nous l'avons déjà dil, le mon un*
est attaqué à froid par le chlore; il est en de même de l'étain.
Parmi les nombreuses affinités du chlore, il en est une remarquablo cnlro toutes Jes autres, par les effets variés qu'elle produit; c'est celle qu'il a pour l'hydrogè::e. Nous nousen occuperons en détail dans la prochaine leçon ot nous terminerons celle-ci en disant comment le chlore se comporte en présence do l'oxygène. D'après lout ce qui précède, on penserait peut-être que le chlore et l'oxygène ont l'un pour l'autre beaucoup d'affinité; il n'en est rien, leur affinité étant aussi faible que possible; cette circonstance va nous permettre d'appliquer une loi générale de la chimie qui dit quedeu.r corps ayant peu d'affinité l'un pour /Vqitre se combinent mirant des proportions très-variées et produisent un grand nombre de compatis. C'est lo cas dans lequel se trouvent le chlore et l'oxygène. Us forment entre eux cinq combinaisons distinctes, savoir :
L'acide hypochlorcux, CLO.
L'acide chloreux, CL03.
L'acide hypochloriquc, CLO*.
L'acide chloriquc, CLOr\ L'acide hyperchloriquo, CLO7.
Toutes ces combinaisons à l'exception pourtant île la dernière, sont très-instables ; elles sj détruisent avec la plus grand facilité.
Meblette.
HISTOIRE NATURELLE
FAUII.I.K DES CÉn.VMACÉES.
Nous allons aujourd'hui faire connaissance avec b famille des rjéraniacées, dont l'élude nous révélera une des particularités les plus intéressantes relativement à l'organisation de la Heur dans toute l'étendue du règne végétal. Nous prendrons pour type de celle famille l'herbe vulgairement connue sous le nom do géranium ber-ile-yrve ou d'herbe ù Robert, espèce que les botanistes appellent géranium Robertitinum. Nous avons représenté lig. 9) l'une de ses feuilles inférieures. C'est une plante qui croit au pied dos haies, lo long des murs et près des ruisseaux. Elle aime les terrains un peu humides. Elle fleurit pendant une grande partie de la belle saison. On la reconnaît facilement ii ses fleurs abondantes et d'un rose purpurin, mais surtout ù ses fruits surmontés d'un style
persistant, long et aigu, qui simule un bec d'oiseau. De là le nom de bec-de-grue imposé à la plante. Maintenant que nous en avons donné un signalement sommaire, qui permettra aux yeux les moins exercés do la reconnaître immédiatement, passons à l'analyse de sa fleur. Pour cela, imaginons que l'on ail arraché une à une toutes les pièces qui composent lo calice, la corolle cl Pan* drocée. Chacune des parties enlevées aura laissé sur le réceptacle une cicatrice. Si l'on dresse lo plan de ce réceptacle et des cicatrices qu'il présente, voici ce que l'on trouvera. On rencontrera d'abord les traces S (fig. 10) de cinq sépales disposés sur une mémo circonférence à égalo dislance les unes des aulres. Intérieurement, sur un cercle concentrique au premier, on verra les cicatrices P des cinq pétales dont l'ensemble constitue la corolle. Ces cicatrices se trouvent encore à égale distance les unes des autres; mais ce qui mérite d'être noté, c'est la position qu'elles occupent. Elles ne se trouvent pas en face des sépales qui composent le calice; au contraire, chacune d'elles esl placée vis-à-vis de l'intervalle qui sépare deux sépales l'un de l'autre. On a l'habitude d'exprimer ce fait en disant que les pétales de la corolle alternent avec les sépales du calice. En dedans de la corolle, on voit un nouveau ver licille. Il est formé de cinq petites éminences (N; do forme triangulaire qui ne *ont pas autre chose que des nectaires. Chacun do ces nectaires correspond au xulo existant entre deux pétales adjacents. On peut donc dire, en se servant d'une locution déjà employée, que ces nectaires alternent avec les pétales de la corolle. On dit encore qu'ils sont superposés aux sépales. Cela signifie que chacun d eux se trouve en face d'une des pièces du calico. En dedans du cercle qui passerait par les cinq glande6 nectarifères dont il vienl d'élrc question, on trouve les traces de cinq petites étamines P E. Ces traces ne sont pas disséminées au hasard sur le réceptacle. Elles forment un verticillo dont les pièces, opposées aux pétales, alternent avec les nectaires. Oa comprendra la valeur de ces expressions sans que nous ayonsbesoindo les développer davantage. Les étamines dont nous venons de parler ne possèdent qu'un filet assez court ; elles ne forment pas à elles seules lout l'androcéc; car il existe en outre un second rang d'élamines GE, intérieur au premier. Chacune d'elles esl disposée dételle sorte qu'elle alterneaveedeux étamines appartenant au verticillele plus extérieur de l'androcéo et qu'elle est opposée ou superposée a un nectaire. Chacune de ces nouvelles étamines a un tilel dont les dimensions surpassent de beaucoup la taille do celui des premières. Enfin, tout à fait au centre de la fleur, on voit un pistil composé de cinq carpelles dont la position est telle que chacun d'eux, opposé au rang lo plus
L'ENCÏCLOPÉDtE DES ÉCOLES
extérieur des étamines, alterne au contraire avec ceux do ces organes les plus intérieurs. Dans la figure, un de ces carpelles a été noté de lalcitre C. Quand on dresse, comme nous venons de le dire, le plan des cicatrices que laissent sur le réceptacle les différentes parties d'une flour, on dit que l'on trace lo diagramme de celto fleur. En comparant entre eux les diagrammes d'un grand nombre de fleurs appartenant à diverses familles, on ne tarde pas à saisir une loi générale relative à l'agencement des pièces do deux verticilles contigus. Cette loi peut se formuler de la manière suivante: Toutes les fois que deux verticilles d'une fleur sont adjacents, les pièces du teriicille intérieur alternent arec celles du rerticille qui lui est immédiatement extérieur. Ce fait constitue la grande loi de l'alternance des terticiiles. C'est une des règles les plus générales de la botanique.
Il n'est pas inutile de rechercher quel but la nature s'est proposé d'alteindro en s'y conformant. Avec un peu de réflexion, on reconnaît que les choses ont été disposées de telle sorte que les différentes pièces qui composent une mémo fleur, et qui, toutes, devaient élro implantées sur une surface très-peu considérable, y ont été placées de telle sorte qu'elles s'y trouvent aussi loin que possible lesunes des autres. Gniceà cette disposition, les diverses pièces d'une mémo fleur jouissent à peu près également de l'air et do la lumière. Chacune d'elles en possède le maximum qu'il lui uit été donné d'atteindre. Aussi la loi de l'alternance des verticilles est-elle une de celles auxquelles il répugno le plus à la nature do déroger. Sans doute celle loi présente des exceptions ; mais ce qui est digne de remarque, c'est que ces exceptions ne sont qu'apparentes. Quand on examine à fond les circonstances dans lesquelles elles se produisent, on reconnaît toujours que la loi a commencé par être observée durant le* premières phases de l'évolution de la fleur. Voici un remarquable exemple de ce que noua venons d'avancer. Tout le inonde connaît les plantes désignées vulgairement sous le nom de primevères. Ce sont des herbes qui produisent, aux premiers jours du printemps, des fleurs jaunes à calice vésiculeux ; elles appartiennent à la famille des primulacèes, et sont désignées vulgairement sous le nom de coucous. Les plantes appelées mouron rouge et mouron bleu sont de la mémo famille. Eh bien, cotte famille des primulacèes semble présenter une exception à la loi d'alternance de» verticilles. Quand on examine la fleur de l'un des végétaux qui en font partie, celle de la primevère, du mouron rouge ou de l'herbe aux écua, par exemple, on remarque avec étonncmenl quo les étamines s'y trouvent superposées aux pétales. D'où provient celle dérogation aux lois ordinaires qui règlent la composition de* différents
verticilles d'une fleur? La nature ello-méme s'est chargée de nous l'apprendre. Il existe une planto de la famille des primulacèes que lo vulgaire nomme mouron d'eau, et auquel les savants ont imposé )o nom de samoltui valerandi. Pour le dire en passant, cette plante esl cosmopolite; elle croît dans tous les climats, sous toutes les latitudes. On la rencontre aussi bien dans les fossés de la France quo dans les torrents qui arrosent les lies do l'océan Pacifique. Elle semble s'être disséminée comme le genre humain sur toute la surface des terres habitables.
Cette primulacée que dédaigne l'observateur superficiel, est pour le penseur le sujet de profondes méditations. Sa fleur, en effet, n'est pas identique à colle de ses congénères; elle présente une particularité du plus haut intérêt. Entro les cinq dents do ses pétales, soudés entre eux par leur base, on aperçoit distinctement cinq petites lames blanches ayant la forme de fers de flèches, et avec lesquelles alternent les étamines. A cause de l'existence do ces petites lames, la fleur du mouron d'eau obéit comme tant d'autres à la loi d'alternance; car on ne saurait sp refuser à voir dans ces fers de flèches un véritable verlicille. Les botanistes, frappés de leur existence, se sont demandé s'il n'y avait pas dans les fleurs de9 autres primulacèes quelque chose d'analogue. Longtemps ils n'onl pu répondre à cette question, parce qu'ils ne consultaient quo la fleur épanouie. Mais enfin, s'élant avisés d'interroger lo bouton, ils ont vu que toujours ce bouton contenait deux rangs do pétales. D'ordinaire-Ie second rang disparaît avant l'épanouissement do la fleur. Ce n'est que par exc< plion <iue le samolus calerandi en offre des vestiges. Ln seconde corolle cesse habituellement do se développer parce qu'elle manque d'air cl de lumière. On exprime ce fait en disant qu'elle s'atrophie. Mais elle existe en quelque sorte virtuellement, puisqu'elle a existé pendant une certaine période du développement de la plante, et sa durée éphémère suffit pour quo Von puisse affirmer qu'à une certaine époque la fleur des primulacèes obéissait, comme celles des autres familles, à la loi d'alternance. Notons bien ce phénomène, et, toutes les fois qu'en examinant uno fleur nous y découvrirons deux verticilles adjacents à pièces opposées, demandonî-nous si antérieurement à l'état de végétation que nous avons sous les yeux, il ne s'est pas trouvé entro ces deux verticilles soi-disant adjacents une troisième rangée de pièces florales qui ont avorté, c'est-àdiro qui ont disparu, faute de nourriture, d'air et de lumière. Après avoir appelé l'attention sur ce lait qui intéresse à un si haut degré l'organographie végétale, continuons l'examen de la fleur du géranium bec -de-grue.
Son pistil (fig. H) présente une' formo remarquable et qui atlire l'attention de tout lo monde, même des personnes étrangère» à la botanique. Son ;ispect est celui d'une élisante pyramide à cinq faces dont le sommet constitue un angle solide très- aigu Celle dernière circonstance a fait comparer le pislil du géranium a un bec d'oiseau. C'est même do celte ressemblance qu'est lire son nom vulgaire. Ce pL-til ne constitue pas un carpelle unique; il est composé de cinq carpelles étroitement unis ensemble, comme il est facile de s'en assurer on examinant attentivement la petite pyramide. Sa base est renflée de manière à simuler le fruit connu de tout lo monde sous le nom de melon. Ce melon en miniature présonto cinq côtes proéminentes, séparées les unes des autres par de profonds sillons. Ces sillons se prolongent jusqu'au sommet do la pyramide dont ils délimitent nettement les cinq faces. Ces dernières ne sont que la continuation des cinq côles du fruit. Chacune d'elles se termine par un petit Dlet rose qui n'esl autre chose qu'un stigmate. Il y a donc en tout cinq stigmates dont la féunion forme un petit pinceau liès-élégant. Puisqu'il y a cinq stigmates, il existe aussi cinq carpelles correspondant à chacun d'eux. L'ovaire de chaque carpelle est l'une des côtes dont il a été question tout à l'heure, et chaque face de la pyramide doit être considérée comme un véritable style. A l'angle interne* de chacun des cinq carpelles sont attachées deux graine», l'une supérieure, l'autre inférieure. Ces deux graines ne se retrouvent pas à toutes les époques de la végétation ; on ne les aperçoit que pendant la jeunesse do l'ovaire. Si l'on vient à ouvrir ùn carpelle à un moment plus rapproché do la maturité, on n'y trouvo plus qu'une se. le graine, c'est la supérieure ; l'autre s'est atrophiée au point de se réduire à une petite mnsse presque imperceptible. On exprime ce fait en disant que la graine inférieure de chaque carpelle a avorté. C'est un phénomène remarquable que la prédisposition de certains organes de la fleur à un avortement constant. Dans quel but la nature rrée-t-c4le des germes qui ne se développeront jamais? Il y a là évidemment un surcroît de précaution destiné à remédier à l'atrophie accidentelle de la semence qui doit parvenir à la maturité. Quand le fruit est suffisamment mûr, il est curieux d'observer son mode de déhiscence.
Voici comment s'opèro cette déhiscence. La base de la pyramide se fendille dans le sens dos sillons qui séparent ses cinq cotes. Chacune de ces dernières est articulée à sa partie supérieure » deux fils soyeux logés l'un et l'autre dans deuk sillons voisins appartenant à la surface latérale di la pyramide. Ces Cl s s'appliquent exactement suv celte surface, depuis la base jusqu'au sommet, lt sont pourvu» d'uno-élastiçité q«» jw»e un rôle im-
portant dans le phénomène de la déhiscence. En effet, à peine l'adhérence qui relie entre elles les cinq côtés de la base se troiive-l-elle détruite, que l'on voit les Gis soyeux se contracter énergiquument, se rouler en spirale ot entraîner daus leur mouvement le? coques suspendues à leur extrémité. La graine qui a prospéré demeure renfermée dans ces coques pendant celte rotation, et se trouve suspendue en l'air à une certaine hauteur au-dessus de sa position primitive. Au moment où a lieu l'enroulement, les pétales de la fleur sont tombés depuis longtemps il en est do même des élamines. Les pièces du calice ont seules persisté. La déchirure qui s'est opérée dans les feuilles carpellairesnoles ayant pas dessoudées de manière à rendre toutes leurs parties indépendantes les unes des autres, on voit s'élever au centre du réceptacle une colonne creusée do cinq cannelures et supportant à une extrémité cinq branches courbes dont chacune se termine par une sorte de cuiller contenant une graine. L'ensemble de toutes ces parties pourrait être alors comparé à un candélabre à cinq branches. Bientôt les espèces de coques qui terminent ces branches arrivent à un tel degré de dessiccation, que les graines s'en échappent et vont joncher le sol.
Nous avons décrit assez amplement le géranium bec -de -grue pour donner une idée exacte de l'organisation de la (leur dans le» plantes qui appartiennent à la famille des géraniacée»; aussi n'en exposerons- nous pas le signalement, nous ne forions que réjiéler ce que nous venons de dire. Les géraniacées sont des plantes des climats tempérés. On ne les rencontre point entre les tropiques, mais elles abondent dans l'un et l'autre hémisphère. Elles se plaisent en général dans les lieux monlueux ; néanmoins, elles s'accommodent très-bien des pays de plaines. Chose digne de remarque I il y a une grande distinction à établir entre les géraniacées de f hémisphère boréal et celles de l'hémisphère austral : les premières ont une fleur régulière et parfaitement symétrique dans toutes ses parties; chez les secondes, au contraire, l'irrégularité de la corolle est manifeste ; olle frappe les yeux au premier abord.
Ce fait est d'autant plus curieux qu'il n'est pas unique ; il se reproduit en sens inverse pour d'autres familles de plantes. Par exemple, quoi de plus irrégulier chez nous que les fleurs des diverses espèces de violettes? Eh bien, dans l'hémisphère austral, aux environs du cap de Bonne-Espérance, dans l'île de Madagascar, on trouve abondamment des violettes dont la fleur présente une régularité, uno symétrie irréprochables. On serait porté a croire quo la Providence a voulu distribuer équilablement les fleurs ivgultèros et les irrégulières entre lee deu» moitiés do notre globe et offrir auv
LURCYGLOPlOlk DR 9 ÉCOLES
yeux du botaniste philosophe le spectacle si intéressant de la dégradation insensible des formes» depuis celles qui peuvent être rapportées à un type géométrique, jusqu'à celles dont la bizarrerie es! pour tout le monde uti inépuisable sujet d'étonnéncment.
Nous ne mentionnerons que trois genres dans la famille des géraniacées : les deux premiers, à savoir, Us genre géranium et le genre erodium, sont propres à nos climats. Un caractère bien tranché les distingue l'un de l'outre : chaque fleur du genre géranium possède dix élamines fertiles, ceU-âdire surmontées toutes d'une anthère; dans le genre erodium, au contraire, les fleurs sont munies chacune de cinq étamincs complètement développées, et de cinq autres réduites à leurs filets par suite de l'avortement des anthères. Ajoutons que, dans l'un et l'autre genre, les fleurs sont tout à fait régulières et symétriques. Il n'existe pas moins de quatre-vingts espèces de géraniums, dont dix croissent spontanément aux environs de Paris. Parmi ces dernières nous citerons seulement le géranium roberiianwn, plante qui nous a servi de type, elle géranium tanguineum, qui doit son nom à la couleur roug;: foncée de ses pétales. Ces deux espèces sont considérées par la médecine populaire comme astringentes et légèrement stimulantes. La première, qui fait au printemps l'ornement des vieilles murailles et quo l'on rencontre en abondance dan9 les haies un peu ombragées, est facilement reconnaissable à son odeur forte, à sa saveur âpre et salée. Lo genro géranium tire son nom du grec geranot, grue. Il a reçu ce nom par allusion à la forme de son pistil, qui simule, à s'y méprendre, un bec d'oiseau.
Le genre erodium contient un peu moins d'espèces que le précédent, auquel il ressemble entièrement par le fruit. De là son nom, qui vient du grec erôdiot, héron. Parmi les espèces du genre erodium, nous signalerons l'erodlum cicularium, C'est-à-dire à feuille de cigufi, que l'on rencontre si communément dans les champs, sur le bord des chemins, ainsi que dans les terrains sablonneux et pierreux. Il fleurit de Irèa-bortnc heure. Une autre espèce d'erodium mérilo encore d'être notée, c'est Yerodium moschatum, plante qui abonde sur les côtes de la Méditerranée. Elle exhale au soleil une forto odeur musquée et jouit de propriétés stimulantes et diaphonique*. On donne la qualification de diaphorètiqu* à tout médicament ayant la propriété de provoquer la sueur.
Le genre pelargonium, quoique introduit depuis longtemps déjà dans nos jardins, est exotique et originaire du cap de Bonne-Espéraoce. Il renferme plus de 450 espèces dont un assez grand nombre sont cultivées i ourla beauté de leurs fleurs. Le fruit des pelargonium ressemble à celui des deux
genres précédents. Aussi les pelargonium onl-ils reçu leur nom du mot grec jmlarrjot, qui veut dire cigogne. Presque tous les verlicillesde la fleur sont inéguliers cher les pelargonium. Linnée ne les avait pas séparés des géranium; aussi n'est il pas rare de les entendre pouvant désigner encore aujourd'hui sous ce dernier nom.
Tout près de la famille des géraniacées, on trouve un petit groupe de végétaux qui leur ressemblent beaucoup Ils constituent la famille des iropoa-lèts, dont le genro lo plus important est le genre tro- P'tvlum II renferme une espèce intéressante pour nous, c'est le tropœolum majus, plante originaire du Pérou et bien connue de tout le monde sous lo nom de capucine. On lu trouve dans tous les jardins, dont ses belles flours décorent les palissades. Ce n'est que depuis deux siècles qu'elle a été introduite en Europe. Toute la plante renferme un suc d'une saveur analogue à celle des sucs du cresson et du cochléaria; aussi la considère- l-on en Amérique comme stimulante et antiscorbutique. Les médecins américains en font un fréquent usage. On n'a pas encore songé à s'en servir en Kuropo, bien qu'elle soit douée des mêmes propriétés médicinales que nos crucifères. Les fleurs de la capucine scrv< nt souvent à orner nos salades, et ses fruits, recueillis avant la maturité, sont confits dans du vinaigre à la manière des boutons du populage et du câprier. Depuis quelques années on a essayé d'introduire dans la culture européenne lo tropeeolum tuberosum, dont les tubercules* sont alimentaires.
Merl&ttb et IlAtmoN aîné.
Technologie
SUITE DBS CéRÉALM
Du choix det setntneei. - Datte \c t*tt\x de» semences, il y a lieu de considéré!" leur degré de maturité, leur Volume, leur âge, l'utilité do leur changement périodique.
Le grain de blé est propre à germer quelques jours avant qu'il ne s'égiène. Mais, en tout cas, il sera bon d'attendre sa maturité complète. C'est uno erreur de croire que /es plus gros graiW doivent être semés de préférence. L'exj»érienco a démontré que de petits grains bien conformés donnent des plantes aussi vigoureuses que les gros. On devra préférer les semences les moins âgées. Ce sont ellos qui germent lo plus promplcment, parce qu'elles n'ont pas encore eu le temp; de se desséclw et que ïhuinidK4 ési l'ttn dts agent*
indispensables de la germination. En thèse générale, il faudra prendre des semences de la dernière récolte. Cependant le blé germe encore en quantité suffisante, au bout de deux ans. A la troisième année, beaucoup de grains ne se développent plus; enfin après la quatrième, il n'y a plus à compter sur une récolte mémo médiocre. Il y a des exceptions aux règles que nous venons d'indiquer; mais elles constituent des faite de pure curiosité et n'intéressent pas essentiellement le cultivateur. Tout le monde a entendu dire que des grains de blé trouvés dans des cercueils do momies égyptiennes, et ôgés do plus de 3,000 ans peut-être, n'avaient pas perdu leur faculté germinative et avaient produit des plantes vigoureuses surmontées d'épis bien pleins et parfaitement conformés. Certains cultivateurs ont adopté l'usage de changer périodiquement leurs semences, en vue de prévenir la dégénérescence des variétés qu'il? cultivent. Il paraîtrait que I on ne relire pas, toujours de cette pratique tous les avantages que I on s'en promet. Il arrive, en effet, trop souvent, que l'on substitue un blo de qualité inférieure à celui que l'on possédait auparavant.
IIacvion aîné.
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PRADEAU (G ), professeur. Résumé des ouvrage* do phtlosophU' compris <lans le programme du baccalauréat <;* lettre*. I*o0. In-12. 3 • REMT. Science dis conjugaisons françaises, contenaut les 0,381 verbes de la langue avec leur* définitions propres et figurées. 4« édition. 1838, in-12, cart.
SAVARD (Aug.), professeur au Conservatoire impérial de musique de Paris, etc. Principes de la musique et méthode de transposition. 1802, 1 beau vol. gr. ln-8. i •
Ouvrage approuvé par l'Académie des beaux-arts, et adopté pour servir a l'enseignement au Conservatoire impértal de musique.
— Principes de la musique; Pfemièret notions. 1801. In- 12 oblong. » 50
SOUPÉ (Ph.), prof. A ta faculté des lettres d6 Besancon. Précis de rhétorique et de littérature, avec des notices sur les auteurs classiques. In-12. 1 25
WEIL (H .) et BENLOEW (L.). Théorie générale de l'accentuation latine, suivie d* recherches -ur les Insoi plions accentuées et d'un examen des, vues de M. Bopp sur l'histoire de 1 accent. 1853, in-8. 0 •
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SOMMAIRE
Crammairt trançnhtt : Suite de lYtamen .Je* verlte* iirffui vois de L> tn.iMinie runjii|»iMiii. — Extrcicrt {tançai, iur trt vrrles </<■ la ttrcmlc n.njug^iitun. — liieit' d'orihoyrafihf utnr>lr : Le ditt r t t >uiU'). — Prtmirr» ejtrr rire* Je ttylr .• Yleui fraisait à tajtuiur : l'orrigé. Vcii îi mettre eu |>ro»t : Corritj»1. Vicu» fisuuais !i r»ji unir. — Coi molixjit ou Gémjraphie tuf/friture , uViivr». - l'itibU met du» ilhmrlique.- Giomtïrirèlrmtnlane : De» liïinole- SMIitiUble». — Pl4V»iq„e, ArruDtelrM a poi.l, «oli»taul. — ftùfoire «ai«re//e ; BoLuique; Élude de la fleur de» le»u. mineuse*. — Technologie ; Suie de» tenieucet.
GRAMMAIRE FRANÇAISE