‹ L'encyclopédie des écoles, journal de l'enseignement primaire et professionnelChapitre 262 sur 270 · DB L'EXAMEN DES VERBES IRRBGL'LIBRS DE LA TROISIÈME CONJUGAISON · texte numérisé non relu

DB L'EXAMEN DES VERBES IRRBGL'LIBRS DE LA TROISIÈME CONJUGAISON

6» Vouloir. — Le présent de l'infinitif de ce verbe est tiré du bas-latin tolère ; ce mol i.'esl lui-môme qu'une altération de l'infinitif relie. Dès la première moitié du xm« siècle, l'infinitif coaloir était déjà ce que nous le trouvons aujouru'uui. Ce verbe est essentiellement fort. Cela signifie

qu'au présent de l'indicatif, à celui de l'impératif et au présent du subjonctif, la voyelle ou du radical se change en eu chaque fois qu'elle reçoit l'accent tonique. De plus, le / qui finit le radical se supprime au singulier. Enfin, aux deux premières lersoniies du singulier du présent de t'indiratif, la tmninaison ordinaire s est remplacée par la lettre x fréquemment usilée autrefois à la place de *. L'emploi de x dans ce cas n'est qu'un vestige de notre ancienne orthographe. D'après ce que nous venons d'exposer, le présent de l'indicatif sera donc : je veux, tu veux, il veut, nous voulont, tout roules, il» veulent. L'imparfait de l'indicatif se fui me régulièrement en ajoutant au radical voul les désinences ordinaires ail, ois, ait, tons, i>5, aient. Le passé défini s'obtient en fs»i*ant suivre le même radical des terminaisons propres aux verbes « de la troisième conjuguisou. Il se conjugue avnfi» : je voulus, tu voulus, il roulut, nous touliime*, cous roi</û/e«, ils- voulurent. L'imparfait du subjonctif, que je voulusse, que tu voulusses, etc., se modèle, comme d'habitude, sur le pag;d défini. Le futur t*t certainement le temps le plus irrégulier de toute la conjugaison du verbe vouloir. A une certaine époque il s'écrivait : je vourai, tu voit" ras, etc. Plus tard un d epenlhétique a été" intercalé, et Ton a eu définitivement : je voudrai, tu voudras, etc. Il faut avouer que l'explication de la formation du futur présente une gronde difficulté. D'une pari, il est bien avéré aujourd'hui que le futur français se forme par l'addition du présent de l'indicatif du verbe avoir au preseot de l'infinitif du verbe que l'on conjugue. D'un autre côté on ne

conçoit pas bien comment vouloir et ai ont donné je voudrai, il y a là une contraction considérable qui provient sans doute de ce Inssoin d'abroger les mots si naturel chez toits les peuples. Il y a tout lieu de penser que le futur actuel de vouloir a été d'abord employé dans les provinces du nord et de l'est de la France. Tout ce quo l'on vient de dire du futur s'applique sans aucun changement au présent du conditionnel. Le présent do l'impératif du verbe vouloir présente deux formes, la première : veux, voulons, voulez, est identique au présent de l'indicatif. La première personne du pluriel de la seconde forme est encore voulons; nuis les deux autres personnes sont rem'//e et veuillez. Elles proviennent du radical rof<fqui a subi plusieurs accidents consécutifs. D'abord, à cause de l 'accent tonique, oh est devenu eu. En second lieu, le radical veut qui en résulte a élé renforcé par l'intei calaliou d'un t. Enfin la consonne / a élé redoublée dans le but de donner à cet i une prononciation mouillée. C'est ainsi que l'on a eu définitivement veuille et veuillez. Il y a lieu de remarquer que la première forme de l'impératif est peu usitée. La seconde, au contraire, l'est davantage. Elle équivaut à ces mots : Puisse- t-il vous être aijrèable de vouloir! C'est une forme polio que l'on emploie principalement dans uno lettre, dans une supplique, etc. Le présent du subjonctif est analogue à la seconde forme de l'impératif. C'est pourquoi il se conjugue de la manière suivante : que je veuille, que iu veuille», qu'il veuille, que nous voulions, que vous vouliez, qu'ils veuillent. Le présent do l'infinitif, le participe présent et le participe passé se forment régulièrement en faisant suivre le radical voul des terminaisons qui caractérisent la troi-

7° Valoir. — Le présent de l'infinitif de co verbe dérive de l'infinitif latin valere. Dès le commencement du xn« 6iècle, les dialectes bourguignon et picard possédaient la forme infinilive moderne valoir. Le dialecte normand écrivait voler. Au premier abord, on pourrait croire que le présent de l'indicatif : je vaux, lu vaux, il vaut, nous valons, vous valez, ils valent, est un temps fort. Il n'en est rien. La forme primitive de ce temps était : je val, tu vais, il valt , nous valons, vous valeiz, ils valent. Au singulier, la consonne / s'est changée en u comme cela arrivo très-souvent devant un s et devant un t. Telle est la cause de l'apparente altération du radical. L'x substitué à IV aux deux premières personnes du singulier est un léger accident orthographique qui a déjà élé signalé plus d'une fois. Il est très-probable que dans l'ancien français on représentait graphiquement par al le son que nous peignons aujourd'hui par au. S'il en était réellement ainsi, la conjugaison du présent de l'indicatif du verbe

valoir n'aurait pas changé depuis le premier âge do notre idiome. L'imparfait de l'indicatif : je valais, tu valais, etc., e?l tout à fait régulier. On en peut dire autant du passé défini je valus et de l'imparfait du subjonctif: que je valusse. La forme du futur a élé d'abord ; je valrai. Elle provient sans aucun doute de l'infinitif normand valer, dans lequel IV de la terminaison a été supprimé. Plus tard, la consonne / s'est fléchie en la voyelle u, ce qui a donné je vaurai. Enfin, l'iulerculation du d épentbétique a fourni la conjugaison actuelle : je vaudrai. Tout ce que l'on vient de dire du futur s'applique au présent du conditionnel. Le verbe valoir n'a point d'impératif. Son présent du subjonctif e.-l : que je vaille, que tu vailles, qu'ilviille, que nous valwns, que vous valiez, qu'ils raillent. C'est le seul lemps réellement fort qui existe dans toute la conjugaison du \crbo valoir. Aux personnes qui ont une terminaison muetle, la voyelle du radical a été renforcée jwr l'addition d'un i. En oulre, la consonne / a élé redoublée dans le but de donner à cet i une prononciation mouillée. Le présent de l'infinitif, le participe présent et le participe passé du verbe valoir sont entièrement réguliers. Il est certain que notre adjectif actuel vaillant n'est qu'un ancien participe présent du verbe valoir, formé d'après les règles de la conjugaison forte.

EXERCICES FRANÇAIS

SUR LES VKRnES RÉGULIERS ET MnÉGULI KR*

de la Seconde conjugaison.

Nous dormir (passé déf.) pendant tout le temps que vous allâtes vous promener. — ■ Nous sortir (pl.-que-parf.) quand vous êtes venu nous chercher. — Les moulons dépérir (passé ind.) considérablement depuis qu'on no les mène plus dans les pâturages. — Je courir (ind. près.) je partir (ind. prés.), je vole défendre les opprimés. — Le Jépartement de la Seine ressortir (ind. près.) do la Cour do Paris. — Nous ressortir (imp. ind.) autrefois de l'académie de Lyon. — Nous pressentir (pl.-que-parf.) toute* les difficultés qui «tiroir (rond, près.) au moment do nous mettre à l'œuvre. — Je bouillir Jeond. prés.) de colère si l'on osait m'atlaquer injustement. — Que de loups revêtir (ind. près.) la peau de l'agneau f — Quand vous serez mourir (jrnrt. pas.) à quoi vous servir (fut. ind.) les trésors que vous aurez amassés T — Les richesses injustement accnrfrtr (part.pa».) ne

profitent jamais. — Celui-là n'acquérir (fut. ind.) jamais de vertus qui ne f.iit le bien que par crainte du châtiment. — Il faut qu'on acquérir (subj. prés ) dans la jeunesse tout ce qui peut rendre les dernières années de la vie plus dôm es cl plu* agréables. ~ On exigeait que nous assaillir (imp. subj.) les fuyards à coups de pierres. — Tressaillir (t* pers. ptur. impèr.) d'allégresse, le jour du triomphe c*l arrivé! — Que bénir (part, pus.) soii le ciel qui te rend à mes vœux. — Les dru peaux ont été bénir (part, pax.) a\ant l'entrée des troupes en campagne. — Nous cueillir (rond, prés.) avec joie la palme du martyre. — Les fleurs que nous cueillir (passé intl.) hier sont déjà Imites fanées. — Ci-gésir (iml. prés.) Piron qui ne fui rien. — Du temps que la Grèce et Rome fleurir (imp. itui.) nous étions plongés dans les ténèbres de lu barbarie. — Je mourir (cond. prés.) de frayeur si j'apercevais un fantôme. — Étant entré dans l'église, nous ouir (posté déf.) l'oUico do la nuit en entier. — - Il no faut pas que cette enseigne saillir (subj. présent) sur la voie publique. — Nous tenir (fut. ind.) la main à l'exécution des clauses du contrat. — Il faudrait que vous tenir (imp. subj.) nous voir si voua en aviez le temps. — Que je mourir (subj. près.) si je mentir (ind. prés.). — Les ennemis ayant obtenir (part, passé) ce qu'ils désiraient sortir (passé déf.) immédiatement des provinces qu'ils envahir (pl. -que-par f. ind.). — Ouvrirai* pers. plur. impér.), c'est l'infortuné roi de Franco. — Nous répartir {ind. prés.) également la besogne entre tous nos ouvriers. — Partir, courir li» pers. pl. impér.), volez où l'honneur vous appelle. — Komulus et Rémus ouvrir (passé déf.) un asile pour tous les malfaiteurs. — On aime les gens à la physionomie franche et ouvrir (part, passé).

Hauvion jeune.

DICTÉE D'ORTHOGRAPHE USUELLE

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