SUITK DE LA MASTICATION
Formule dentaire. — Pour indiquer rapidement et poindre on quelquo sorte aux yeux la disposition de l'appareil dentaire chez l'homme et cher les divers animaux, les naturalistes ont imaginé de se servir d'une espèce d'équation algébrique. Le premier membre de cette équation exprime le nombre tolal des dents qui se trouvent flans les deux mâchoires. Lo second membre contient : t» une fraction symbolique ayant pour numérateur le nombre des incisive» de la mâchoire supérieure, et pour dénominateur cehii des incisives «le la mâchoire inférieure ; quelquefois, par surcroît de précaution, on fait suivre de la lettre i le numérateur de cette première fraction ; 2" une seconde fraction «lu même genre, exprimant le nombre des canines qu'il y a daus chacune dos deux mâchoires, et dont le numérateur est suivi de la lettre c ; 3° enfin, une dernière fraction qui représente d'une façon analogue aux deux précédente* le nombre tolal de molaires existant de chaque « ôié dos deux mâchoires. Le numérateur de cette troisième fraction est accompagné de la luttre >«. A la suite, vient une parenthèse représentant en détail les différentes espèces de molaires, La |>aren thèse renferme dans ce but trois fractions : la première, alfectéo à l'expression du nombre des avant-molaires ; la seconde, à celle du nombre des molaires principales, et la troisième, enfin, h l'expression du nombre des arrière-molaires. Les numérateurs de ces trois fractions sont respectivement suivis des initiales m\ m.. /»•., cl <trr. ni. Le second membre de l'équation ne représente qu'un seul côté do chaque mâchoire, h l'exception toutefois des incisives, lesquelles y sont compiles en totalité. Il faut donc doubler le nombre des dénis qui s'y trouvent indiquées pour savoir combien il y en a dans le système denlairc tout entier. En se conformant aux règles que l'on vient
L'ENCYCLMi'KDIK IU.S KCOI.KS
rlY-non-or, en établit |>"iu • l'homme !a formule suivante :
En convonanUlc supprimer le» initiales des numératjeurs, on a plus simplement :
3ï = T + T + y(ïTTj
Telle est la manière <lo représenter graphiquement la dentition permanente ; la dentition do lait peut-ôtre figurée par le même symbole ; seulement, pour indiquer le caractère transitoire de cette dernière dentition, on affecte chaque chiffre de la formule du signe que voici : ('). On a, d'après cela, pour la dentition de lait dans l'espèce humaine :
Dans la parenthèse, on ne peut supprimer les initiale?, à cause de la non-existence des avantmolaires.
Anomalie* de la dentition. — Les exceptions aux lois qui président à l'évolution normale des dents peuvent jiorter sur leur mode de développement ou do rangement, sur leur forme et sur leur nombre. Sans entrer dans de grands détails à ce sujet, nous signalerons seulement deux ou trois faits assez curieux. Et d'abord, il n'est pas très-rare de voir s'élever de trente-deux à trente-six le nombre des dents de l'homme, par le développement d'une sixième paire de molaires. Le naturaliste allemand Sfpmmering dit avoir examiné, en différentes fois, jusqu'à six letes de nègres, remarquables par la présence de six molaires de cliaque côté dus mâchoires, l'ar l'addition de celto arrière molaire, supplémentaire, la dentition de ces nègres devenait identique à celle des singes d'Amérique connus sous le nom de sapajous. Jamais un fait semblable n'a été constaté jusqu'à présent sur des crânes européens. Il arrive aussi parfois que les dents de lait ne tombent pas toutes. On rapporte enfin des cas où des dents de la seconde dentition ont elles-mêmes été remplacées par d'autres, que l'on peut considérer comme appartenant à une troisième dentition. Une autre sorte d'anomalie çst la présence de dents, principalement d'incisives, à l'époque de la naissance, dans l'espèce humaine. Louis XIV est souvent cité à cet égard ; et, selon Pline le naturaliste, à Rome, les Curius reçurent pour un fait analogue le surnom de JJeiitttti.
La forme des dents est, comme on l'a déjà vu, appropriée au régime alimentaire de chaque ani-
mal. C'r^l ce qui a fait dire au célèbre naturaliste Geori/ex Ciirirr : a Donnez- mut une seule dent d'un animal, et je le reconstruirai, quand même il nie serait entièrement inconnu. Je retrouverai son mode de nutrition, et. par suite, la nature de la proie qu'il recherche, sa manière de lui faire la chasse, les ruses auxquelles il doit avoir recours pour l'atteindre; en un mol. je le ferai revivre dans la pensée avec ea véritable physionomie, ses instincts, ses appétits, ses mœurs. » Il est intéressant de rechercher, en se plaçant à ce point de vue. quel devait être dans les temps primitifs le régime alimentaire propre à l'espèco humaine. Une circonstance particulière rend très-facile la solution du problème : l'appareil masticateur de l'homme est presque identique à celui des singes de l'ancien continent ; l'homme devait en conséquence ee nourrir comme eux. Or, ces derniers sont frugivores, c'est-à-dire qu'ils se nourrissent exclusivement do fruit? ; donc, il a du en être de même do l'homme, l'ar cette conclusion, nous sommes ramenés à chercher le Iwccau de notre espèce dans les pays chauds, où ne se ralentit jamais la végétation et où, toute l'année, on voit éclore les fleurs et mûrir les fruits en abondance. Mais Dieu n'avait pas créé l'homme pour que celui-ci peuplât un coin de la terre seulement ; il avait voulu que, répandu sur toute lu surface du globe, le genre humain pût y vivre et s'y perpétuer. Voilà pourquoi il fut doué d'une intelligence capable de surmonter les obstacles que la conformation de son système dentaire pouvait opposera sa diffusion. Avec l'aide du feu, dont l'homme seul connaît l'usage, que seul il sait produire et entretenir, notre espèce est devenue omnivore : nos ressources alimentaires s'en sont prodigieusement accrues, puisque nous ne pourrions couper les chairs des animaux, si le feu ne nous permettait de les ramollir.
En décrivant le système dentaire de l'homme, nous avons par cela même indiqué les caractères les plus saillants de la dentition chez tous les frugivores. Si, de ces animaux, nous passons à ceux que l'on nomme herbivore*, parce que leurs dents sont destinées à broyer de l'herbe ou d'autres substances végétales, nous trouvons que ces dents (fig. &) se terminent par une large surface aplatie et rugueuse au toucher. Cette rugosité est due à de petits filets proéminents et contournés en zigzag, dont les surfaces des molaires sont garnies. Chez les animaux caruirons, c'est-à-dire chez ceux qui se nourrissent exclusivement de chair, les molaires (fig. y) sont comprimées et tranchantes ; elfes peuvent agir les uues contre les autres comme le feraient les deux lames d'une paire de ciseaux. En outre, les canines sont très-forte» cl très-longues, et leur développement indique à quel point
l'animal est carnassier. Chez les animaux, qui se nourrissent d'insectes, et auxquels celte circonstance a kit donner le nom iVimerticores, les mo- . aires, comme on le voit (Gg. 40), sont hérissées de pointes coniques. Voici quelle est la disposition de ces pointes : celles qui garnissent une denl de la mâchoire inférieure s'emboîtent exactement dans les intervalles qui séparent les pointes analogues de la dent supérieure correspondante.
Sans pousser plus loin l'examen do la forme des dents chez les divers êtres qui composent la série animale, on voit, par ce qui précède, que toujours le système dentaire est merveilleusement approprie" aux besoins des différents animaux. Reconnaissons dans celte constante harmonie l'incommensurable sagesse de la Providence.
MEMJtTTB.
VARIÉTÉS
COWS ÉLÉMENTAIRE D'ARCHÉOLOGIE NATIONALE MONUMENTS SIMPLES (SlITE.)
Pierre* poire». — Les pierre» posi-es paraissent avoir eu la mémo destination que les menhirs ou peulvans. Elle sont simplement posées sur lu so' au lieu d'y être implantées. Voilà donc une première différence à signaler entre elles et les pierres levées. Il y en a encore une autre : en général leur forme est beaucoup plus irrégulière que celle des menhirs. Ce ne sont souvent que des blocs naturels que l'on n'a pas même essayé de dégrossir, et qui ne pouvaient en imposer à nos aïeux que par leur masse.
Pierre» branlante». — Comme le nom l'indique, les pierres branlantes sont des rocs très-pesants, amincis en pointe à l'une de leurs extrémités, et placés en équilibre sur d'autres pierres qui leur servent de point d'appui. Une force légère, convenablement appliquée aux pierres branlantes. |*ul leur communiquer un mouvement d'oscillation. Cette circonstance, qui nous paraît aujourd Lui si simple et si naturelle, était Lien faite pour en imposer aux Gaulois superstitieux. U existe encore aujourd'hui en France un assez grand nombre de pierres branlantes ; on en cite surtout en Brelagne, en Normandie et en Angleterre. Dans ce dernier pays la pierre de la butte Golpur. prèsd lai,fax a été décrite et figurée par plusieurs archéologues Nous donnons (ftg. 4») un dessin delà pierre branlante d'I'chon, dans l'arrondissement d'Aulun, Saôno-rt-Loire. Nos voisins d'oulrc-
Manchedésignent les pierres branlantes sous le nom de rockhuj stoncs. Les antiquaires sont très-parlatagés touchant l'usage auquel les Gaulois, pou- % aient les affecter. Les uns pensent qu'elles servaient d'instrument aux druides pour effrayer le \ulgaire et transmette la volonté divine par le mouvement oscillatoire que l'on savait leur imprimer. S'il en était réellement ainsi, ne nous moquons pas trop de la crédulité de nos pères. N'avons-nous pas nu de nos jours les tabUt tournante» ? D'autres savants sont d'avis que les pierres bianlantes servaient pour la divination, et que le nombre de leurs oscillations, après qu'on les avait rnisc^ en mouvement, pouvait donner lieu à une interprétation de l'avenir et apprendre co qu'on désirait savoir. D'autres personnes estiment que les pierres branlante» ou tournantes, comme on les appelle encore quelquefois, devaient être employées dans les épreuves judiciaires. Selon elles, l'accusé qui ne pouvait mettre en branle une de ces pierres était réputé coupable. Enfin, on a prétendu aussi que les pierres branlantes étaient tout simplement des idoles, comme les peulvans et les pierres posées. L8 diversité de ces conjectures montre combien est encore peu avancée l'archéologie de la période gauloise.
Pierres bizarres. — Faute d'une dénomination plus convenable, nous avons rangé sous ce chef certaines pierres de forme extraordinaire, la plupari isolées, et présentant quelquefois des tracesnon équivoques de sculptures grossières; telles sont les pierres sculptées de Gavrinnis, département du Morbihan, que l'on trouve représentées («g. 4*). 11 a été jusqu'à présent impossible d'en deviner la signification ou l'usage. Étaicnl-ce des hiéroglyphes ? élaient-ce encore des idoles ?
Merlbttb el Hadvion aîné.
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