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CONSTITUTION DES MOTS

En général, dans tout mot indoeuropéen, et en particulier dans tout mot français, il faut distinguer trois parties et quelquefois mémo quatre. Ces quatre parties sont: la racine, lo suffise, Va/fixe ou terminaison et enfin le préfixe. Ce dernier élément n'existe (tas toujours dans un mot donné.

La racine est la partie, du mot qui indique de la façon la plus générale une notion vague et indéterminée.

Le suffire est la partie du mot qui sert à pnrticulariser la notion vague exprimée par la racine. Il sert, par exemple, à distinguer lo verbe qui exprime un acte ou un état, du nom qui désigne l'être qui accomplit cet acte ou qui se trouve dans

l'étal indiqué, ou bien du substantif abstrait qui désigne le résultat de l'action.

L'affixe ou terminaison est la partie du mot qui indique la manière dont un nom a accompli son acte-, ou bien par qttt* été faite l'action exprimée par un verbe.

Le préfixe est une particule que l'on place devant un mol pour en modifier le sens.

Éclaircissona toutes ces définitions par des exemples.

Si l'on considère les mots agir, agiter, acte, acteur, exaction, on trouve dans tous une syllabe commune, au ou ac , ces deux formes peuvent être regardées comme identiques, attendu que la seconde ne diffère do la première qu'en ce que la consonne faible g y a été remplacée par la forte correspondante c. Eh bien! ces cinq mots ont la moine racine, ag ou ac, laquelle prise isolément rappelle vaguement à l'esprit l'idée d'une action quelconque. Le premier mot agir, est formé de la racine ag et de la terminaison ir, qui indique que la racine appaitient à la catégorio grammalicalo connue sous le nom de verbe. Du reste, le mot agir ne renferme ni suflixe ni préfixe. Le mot agiter se décompose en trois parties : 1° la racine ag, identique à celle du verbe précédent; 2° le suffixe it, rappelant l'idée d'un être qui en excite un autre à l'action, et 3<> enfin, la terminaison er, qui classe parmi les verbes lo mot auquel elle appartient. Les linguistes allemands appellent radical, tronc ou thème, la réunion d'une racine avec son suffixe. Ainsi, la partie agit du mot agiter est ce qu'ils nommeraient lo radical, le tronc ou bien

encore le thème de ce mot. Quand un mot n'a pas de snffixe, son radical se confond awc sa racine. Par exemple, la f>yllabe ag de agir représente à la fois la nicine cl le thème du mol. Dam le mot acte, la racine est <n-, le suffixe, t, et l'afrhe ou terminaison e. Dans acteur, la racine et le suffixe sont les mêmes que dans acte ; seulement la terminaison eur, substituée- à e, a pour but île rappeler à l'esprit l'auteur d'un fuit, au lieu de rappeler ce f.iit lui-même. Enfin, le mot exaction présente réunis tous les éléments de différente nature qui puissent entrer dans la composition d'un mot : ex est un préfixe marquant une idée d'enlèvement, de séparation ; ac est la racine que nous avons déjà vue plusieurs fois; t, un suffixe, et ton une terminaison.

Le français étant une langue dérisée et formée par l'usure des mots latins, cotte usure a souvent pour effet d'empêcher la décomposition des mots français en leurs éléments constitutifs. Au contraire, dans la langue latine, qui est certainement un des plus anciens idiomes de l'Europe, et bien antérieur à la langue grecque, i ien de plus facile que de séparer un mot en ses divers éléments.

II arrive souvent que la racine et le suffixe d'un mot soient rattachés l'un à l'autre au moyen d'une voyelle que l'on appelle voyelle de liaison. Bien des fois aussi le suffixe et la terminaison d'un mot sont unis ensemble de la même manière.

Une racine n'est pas toujours identique à ellemême dans tous les mots dont elle fait partie: elle peut subir différents accidents, soumis, du reste, a des loisdéterminées. Le plus fréquentde ces nccidentsconsi>tc dans la nasalisation de la voyelle qui entre dans la racine. C'est ainsi que l'on a les mots fiction et feindre, tact et tangente, etc.

Tous les mots do la langue française |>cuvent être rangés en dix classes que l'on appelle communément parties du discours ou catégories grammaticales. Les dix parties du discours généralement admises aujourd'hui sont : le nom ou tubstnnttf, l'article, l'adjectif, le pronom, le rerl>e, le participe, la préposition, l'adverbe, la conjonc~ tion et {'interjection.

Sous le rap|tort de la forme on peut partager les parties du discours en deux catégories, celle des mots variables et celle des mots invariables.

La catégorie des mots variables dans leur forme, comprend le nom ou substantif, l'article, l'adjectif, lo pronom, lo verbe et le participe. La catégorie des mots dont la forme demeure constamment invariable comprend la préposition, l'adverbe, la conjonction et l'interjection.

On appelle nom ou substantif, tout mot qui sert à représenter une |>ersonno ou une chose.

L'arfrcfe est un mot que l'on place devant un

nom pour annoncer qu'il est pris dans un sens déterminé.

L'ailjectif est un mot qui sert a qualifier ou à modifier le substantif.

Le pronom est un mot qui tient la place du nom.

Le cerbe est un mot qui lie une qualité à l'être auquel elle appartient.

Le jtarticipe est un verbe changé en adjectif.

La préposition sert à marquer les différents ra|>ports que les mots ont entre eux.

L'adverbe est un mot qui remplace une préposition suivie de son complément.

La conjonction est un mot qui sert à lier les mots entre eux et les propositions entre elles.

L'interjection est un mol qui sert à peindre les sentiments instinctifs et irréfléchis de l'âme. Nous allons passer successivement en revue les dix espèces de mots qui v iennent d'être énuméréos Nous en ferons connaître toutes les subdivisions, en même temps que les divers accident* dont elles sont susceptibles.

C'est seulement pour nous conformer à l'usage que nous avons admis dix espèces de mots. Si nous ne craignions de faire ici un hors-d'œuvre, il nous serait facile de démontrer que les di\ espèces de mots peuvent se réduire à trois réellement distinctes, savoir : Y interjection, le pronom , et lo cerbe ou mol par excellence. L'interjection exprime par des cris les émotions subites et profondes de l'âme. Le pronom sert à indiquer les objets en accompagnant d'un signe sonore le geste qui les désigne. Le verbe tiit connaître les rapports que l'homme perçoit entre les objets qu'il a observés. C'est des pronoms, envisagés au point de vue que nous venons d'exposer, que dérivent quelques adverbes, plusieurs prépositions et même différentes conjonctions. Certaines prépositions, certains adverbes ol quelques rares conjonctions proviennent des verbes. Les noms aussi sont tirés des verbes. Ainsi le mol père dérive, par l'intermédiaire du latin ]Mter, do deux mots primitifs qui veulent dire celui qui nourrit ; celui qui, pronom, el nourrit, verbe. De mémo pain signifie ce. qui nourrit ; main équivaut à ces mois : celui qui mesure, ta main étant la première des mesures dont on se soit servi. On pourrait aisémenl multiplier ces citations et prouver par là que nos noms ou substantifs actuels dérivent d'un pronom demonslratil et d'un verbe réunis ensemble.

Wtni.KTTK.

DICTÉE D'ORTHOGRAPHE USUELLE

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