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DES OPPIDA OU CAMPS RETRANCHÉS

Le mot latin oppidum, qui a pour pluriel oppida, signifie proprement place forte. Les archéologues désignent sous le nom (['oppida ou de camps retranchés toutes les enceintes forliliées des Gaulois. Us distinguent deux sortes d'oppida, savoir : les opjùda tille*, constamment habités, et les oppida refuges, qui ne l'étaient que momentanément et dans lesquels on venait se mettre à l'abri eu cas de guerre. Les oppida, villes ou simples refuges, étaient toujours établis dans des lieux d'un accès difficile. C'était le plus souvent ou sur le sommet d'une montagne isolée, ou à l'extrémité d'une double chaîne de collines séparant deux vallées, ou enfin dans quelque endroit plat, que lo voisinage des marais rendait inabordable. Tous les points de l'enceinte des oppida qui n'étaient pas défendus par des remparts naturels, l'étaient par des ouvrages dont César nous parle en ces termes: « Les Gaulois, dit-il dans ses commentaires, se servent assez souvent , pour élever les murailles, de longues pièces de bots, droites dans toute leur longueur. Us les couchent à terre parallèlement, les placent à une distance de deux pieds l'une de l'autre,

et remplissent de beaucoup de terre l'intemlte qui les sépare. Us posent ensuite un rang de grosses pierres ou de fragments de rochers, et lorsqu'ils oui placé et assemblé convenablement ces pièces, ils établissent dessus un nouveau rang de poutres disposées comme les premières, en conservant entre elles un semblable intervalle ; de telle sorte que leB rangs de pièces de bois ne se touchent pas, et ne portent que sur des fragments de rochers interposés. L'ouvrage est ainsi continué jusqu'à la hauteur convenable. Celle construction, la variété de ces matériaux, ces rangs alternatifs de pièces de bois et de rochers dont l'alignement est observé, n'offrent non de desagréable a la vue. Ces murailles sont d'une grande commodité pour le service et la défense des places, car les pierre* qui les composent résistent aux incendies, et les pièces de bois aux efforts du bélier. »

Ce mode de fortification n'était pas le seul usité; très-souvent les murs n'étaient bâtis qu'avec d*é^ normes blocs de pierres brutes que ne reliait aucun ciment. Bien souvent aussi ils n'étaient com* posés que d'une terre méléo de cailloux. 11 parsft que la hauteur des murs des oppida était plue ou moins considérable, suivant qu'ils se trouvaient situés dans un pays plat ou un terrain escarpé. Par exemple, les remparts de Gergovie n'avaient pas plus de deux à trois mètres de hauteur, au moins d'un coté ; car on voit dans les commentaires de César que, pendant le siège de cette place, plusieurs Gaulois effrayés passèrent par-dessus In muraillo pour venir se rendre aux Romains. De plus, Fabius, centurion de la huitième légion, iwrvint au sommet du même mur en se faisant soulever par trois soldatt auxquels il aida ensuite à monter. Au contraire, l'oppidum de Noviodunum, aujourd'hui Noyon, était entouré de murailles si élevées qu César dut renoncer au dessein qu'il avait conçu d 'emporter la place d'assaut. L'étendue des oppida-villes était très-variable. Leur forme n'avait rien de régulier, étant toujours subordonnée aux accidents de terrain sur lequel ils étaient établis. On sait fort peu de chose relativement à la distribution intérieure des oppida-villes. Néanmoins plusieurs passages des commentaires prouvent qu'il y existait des places où l'on se réunissait soit pour le conseil, soit pour se ranger en bataille. Les habitations étaient séparées les unes des autros comme dans les villages ou bourgades. Tout porte à croire qu'elles étaient construites près des remparts, afin que leurs habitante fussent plus à portée de défendre la forteresse. L'un des oppida les plus célèbres dont on trouve les ruines dans notre pays, est celui de la nie de Lime*, situéé à trois quarts de lieue au nord«est de ht ville de Dieppe « La nature, dit H. de Cauraorit, est

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de la cité de Limes; mais le travail des hommes s'y montre d'une manière bien manifeste. Elle offre une surface de cinquante-cinq hectares environ ; elle est détendue à l'ouest par les falaises escarpées qui bordent la roer ; à l'est, au nord et au sud, par un rempart considérable en terre, qui lui-même est défendu, soit par un vallon, soit par un fossé, soit par la pente naturelle du terrain. La cité de Limes comprend une gorge assez profonde vers laquelle s'incline une partie du sol de l'enceinte qui se trouve ainsi partagée en deux portions, dont l'une, plus élevée, forme à pou près le tiers de l'ensemble. Celte gorge se dirige par une pente douce vers la mer : elle a pu dans des temps reculés, s'étendre jusque sur la grève, mais aujourd'hui elle est lerminée-par une coupe abrupte de vingt-neuf mètres. On peut affirmer que la cité de Limes a perdu de son étendue : les flots qui sapent le pied de la falaise, les hivers qui la crevassent, tendent sans cesse à produire une diminution de terrain plus ou moins considérable, selon le plus ou moins de violence de ces deux causes. A l'intérieur de l'enceinte, il existe sur plusieurs points, le long du rempart, un fossé a^ez large, au fond duquel on remarque des vestiges de maisons ou tuguria ; de semblables vestiges s'observent dans plusieurs autres parties de l'oppidum. »

Un grand nombre d'opptda-villes étant devenues de véritables cités dès l'époque gallo-romaine, on conçoit que les restes de ces établissements appartenant exclusivement à l'époque celtique, soient aujourd'hui très-rares.

11 n'en est pas de même des vestiges qu'ont laissés les opptdu-refuges. Ils sont très-nombreux, surtout dans le nord do la France. En effet, comme il s'en fallait de beaucoup que toutes les Gaules fussent parvenues au même degré de civilisation, mais qu'au contraire la barbarie, ainsi qu'on l'a judicieusement remarqué, allait en croissant du sud au nord, il en résulte que les oppidtirefuges étaient d'autant plus multipliés qu'il y avait a craindre davantage pour la sûreté publique et privée. Aussi est-ce sur le territoire des Belges, c'est-à-dire dans tout le pays au nord de la Seine, qu'on en retrouve plus fréquemment les ruines. Presqup partout le peuple a baptisé ces emplacements du nom de camp» de Char. L'un des plus curieux à visiter est, sans contredit, celui qui existe à Sacy-le Grand (Oise), à l'extrémité d'une colline très-escarpée, qui s'avance comme un promontoire dans les plaines de la Picardie. Au pied do la colline s'étendent de vastes marais, encore inabordables de nos jours, et qui devaient opposer aux attaques de l'ennemi un rempart presque infranchissable. Un large fossé, dirigé de l'est à l'ouest, sépare l'emplacement du refuge des terres

environnantes. Partout ailleurs l'escarpement de la montagne rend la position Inexpugnable. On trouve dans l'intérieur de l'enceinte d'innombrables débris dénotant une origine purement celtique. Il n'y a guère qu'à se baisser pour recueillir des pierres de fronde, des pointes de javelot en pierre, des couteaux de silex, des haches de même nature, d'autres en bronze, des épingles du même métal, etc., etc. Un chemin creux conduit par un grand nombre de circonvolutions au sommet de la montagne. Sur ce sommet on voyait encore, il y a quelques années à peine, un moulin à vent, désigné dans le pays sous le nom de moulin de César. L'oppidum-rcfuge de Sacy-le-Grand ne présente qu'une surface assez restreinte, mais ce n'est là qu'une exception. En général, les oppidarefuges étaient boacoup plus vastes que les oppidavilles, car ils servaient de retraite à des populations entières et à leurs nombreux troupeaux, qu'il fallait nourrir sans sortir de l'enceiote fortifiée.

Merlbttb et Haotion aîné.

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Témoin pendant plusieurs années des heureux résultats obtenus pour renseignement de la Géographie dans les écoles communales par la Mélhwle de M. Erasme llugenberijer, je considère la publication de sa méthode et de son Guide du Ma'ttre comme, un véritable servie* reudu aux parents et aux instituteurs; car ils trouveront dans ces ouvrages le moy en de rendre facile et presque attrayante pour les enfants, l'élude de celle des branches d'enscipnement qui ordinairement était le plus antipathique a leurs jeunes imaginations.

Clàvel ,

Ancien Délégué pour fFnttignement primaire.

S'adresser à l'Auteur, Érasme Gugenberger, instituteur communal, à Suresncs (Seine) ; et, à Paris, chez Contc-Auem, libraire, rue Glt-le-Oeur, 4.

Le Direcleur-Céram,

A. MERLRTTE.

<!> révitisn 1863.

N° ii.

JOURNAL

VY. L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ET DE L'ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL

U ftUICTIOl DI

M. A. MERLETTE

iUit itVttcU normal» d» Versailles, anùen Bafja rej4Ut«»r * ladite École, ancien dlrtcteur d'un» École primaire Mperiew»

à Paris, rue Saint-Jaccrues. 228, au fond le la cour

L'Eacmorfcu tu Icows partit tous les âiauccîies , cbs juc tuotro contient 1« pagts io-8 d'iœpreîsior. 4 S colocnîi *•. une

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SOMMAIRE

GrtmmMrt fronçai** : Fnrmilion du pluriel dan» 1rs adjectif»; adjectif» frh tuteUnturmcnl; degré* de»igfi>ncatioa; eiercicc» aur la formation du pluriel dane le» aubtdanlift- — Dictée d'orthographe mutile i Lellre d'un antiijaairc. — /Vrmwr» rrrrrtre» de ttylei Sujet d« narnlion, Ir neveu de la fruitière. — Géographie tlémttttaite : Suite de U Mhvw, rrriunlade la mer d'Atcre cl dr la mer Noire. — A\ ithwtttque : TlNkiremes fur lu tiuiUiilw uliun tir- nomlire* entier* — Géométrie t le me u lui et : CroblHnes >ur le» jwrallele». — Chimie : De l'eau ; ta drcouverlr; »ynlbr»e et analyte de ce liquide. — Histoire naturelle : formation et abaortMinn du chyle; description dn an» inUtlin. — VarUtéê : Artbe«i<i{i« nationale; objet» d'art en plerroj pointe» de flèche «I de Jareloe; pointe» «u •»; aurtuur; de fronde.

FORMATION l>U PLURIEL DANS LES ADJECTIFS,

Régie générait. — Four former te pluriel d'un adjectif, on ajouts un s au singulier; exemples : yrond, «Trônait; petit, petits, grande, grandes-, petite, petites, etc.

Celte règle rat sujette à trois exceptions :

Les adjectifs terminée as singulier par 5 ou par s ne changent pus de forme au pluriel ; exemples: vn homme heureux, des hommes heureux; un manteau gris, des manteau* gris, etc.

t* Les adjectifs terminés au singulier par eau forment leur pluriel au masculin en ajoutant un x\ exemple: un conte nouveau, des contes nou-

3° Les adjectifs terminés en al forment leur pluriel en changeant cette terminaison en aus, quand ils sont d'un usage fréquent an masculin pluriel ; exemples : un point cardinai, des points cardinaux ; un poids égal, des poids égaux; un droit féodal, de* droits féodaux, etc.

4m Remarque. — Les adjectifs terminés en ai forment leur pluriel masculin régulièrement, c'està-dire par l'addition d'un s, quand ils sont peu employés au masculin pluriel ; tels sont, par exemple, les adjectifs amical, austral, boréal, rfoftorol, fatal, finaf, glacial, initial, jovial, labiat, nasal, natal, naval, pascal, théâtral, etc.

2« Remarque. — 11 existe un certain nombre d'adjectifs terminés en al qui, ne pouvant guère qualifier que des substantifs féminins, ne sont pas employés ordinairement au masculin pluriel; les principaux sont : bénéficiai, canonial, collégial, rrucial, diagonal, diamétral, expérimental, médicinal, mental, paroissial, patronal, pénal, transversal, virginal, zodiacal, etc.

Si par hasard l'on venait à joindre l'un de ces adjectlfe à un nom pluriel masculin, on ferait bien de lui donner la forme plurielle en ait.

Des adjectifs pris substantivement. — Très-fréquemment, les adjectifs qualificatifs deviennent de véritables substantifs, tantôt parce qu'on sousenlend le mot homme, comme quand on dit le juste, f impie, etc. ; tantôt aussi parce que c'est l'idée d'un objet quelconque qui demeure sous^. entendue, comme dans le vrai, le faux, le juste, l'injuste, etc. Dans les deux cas, H y a deux ellipses superposées? effipse d'Idée, puisque le substan-

tif n'est point exprimé ; 2° ellipse de nombre, car quand on dit: le juste, l'impie, etc., on laisse à entendre toux le» juste», tous le» impies, Pic.

Remarque. Le mot mal, par lequel on désigne le contraire du bien, était autrefois employé exclusivement comme adjectif ; aujourd'hui il est presque toujours substantif.

DEGRÉS DU SICMriCATION OU DE QUALIFICATION DANS LES ADJECTIFS.

Les adjectifs qualificatifs sont susceptibles de plus ou de moins relativement à leur intensité; car une môme qualité ne se trouve pas portée au même degré pour chaque individu. Par exemple, un homme peut être plus ou moins juste, plus ou moins sage, etc. Dans presque toutes les langues, on a trouvé le moyen de faire exprimer aux adjectifs les diverses nuances d'intensitéde la qualité qu'ils représentent. Dans toutes les anciennes langues de la famille indo-européenne, dans le sanscrit, le grec, le latin, etc., on parvient à ce résultat en faisant varier la forme de l'adjectif; mais dans beaucoup de langues secondaires, en français par exemple, on n'a pas recours à cet artifice. Les adjectifs conservent presque toujours la môme forme, et on est réduit à les faire précéder de certains adverbes pour indiquer le degré de la qualité qu'ils rappellent à l'esprit. Par exemple, quand on dit : Socrale fut sage, Socrate fut plus sage que ses contemporains, Socrate fut très-sageoa le plus sage des Grecs, les expressions sage, plus sage, très ou le plus sage, expriment trois degrés diirérenls dans la signification de l'adjectif. Le premier degré sage s'appelle positif, lu second degré s'appelle comparatif, le troisième degré s'appelle superlatif Il y a donc trois degrés qui mesurent, pour ainsi dire, jusqu'à quel point telle ou toile qualité s'adapte a un individu quelconque ; ces degrés s'appellent degrés de signification ou de qualification des adjectifs.

Le premier degré ou posinf n'est que l'adjectif dans son acception simple et ordinaire. Dans beau tableau, belle église, les adjectifs beau, belle sont pris dans leur acception simple et générale ; ils sont donc au positif.

Quand la tournure de phrase indique qu'il y a comparaison , parallèle entre les choses dont on parle, comme dans cet exemple : mon jardin est plus beau que le vôtre, l'adjectif passe au second degré, c'e.-t-à-dire au comparatif.

La comparaison amène la supériorité, l'infério- ■flùVi ou l'égalité ; de là, le comparatif de supériorité que l'on forme en mettant plus devant l'adjectif ; le comparatif d'infériorité qui.se forme en mettant m'oint devant l'adjectif, et enflnle comparatif d'égalité qui existe gijand il y a aussi devant l'ad-

jectif. Exemple d'un comparatif de supériorité : la rose est plus odoriférante que l'œillet. Exemple d'un comparatif d'infériorité : ce château est moins vaste quo cet autre. Exemple d'un comparatif d'égalité : l'argent est aussi utik que l'or. Remarquons qu'un comparatif peut se porter sur deux adjectifs différents entre lesquels on veut établir une comparaison, comme dans cet exemple: il est aussi prudent que brace.

Le troisième degré de signification est le superlatif. Comme son nom l'indique, il élève la qualité à un degré étninent. Il y a deux sortes de superlatifs : le superlatif absolu et le superlatif relatif.

Le 6uperl.ilif absolu marque la manière d'être, la qualité, sans àucune espèce de comparaison ni de restriction. On le forme en plaçant devant l'adjectif simple les adverbe» très, fort, extrêmement; exemple : cet homme est très-habile.

Le superlatif relatif exprime qu'un être possède une qualité portée à un très-haut degré, eu comparaison de ce qu'elle est chez un autre. Il y a deux sortes de superlatifs relatifs : le superlatif relatif de supériorité, et celui d'infériorité. En français, le superlatif relatif est marqué par plus cl moinè, précédés de l'article ou d'un adjectif possessif. .Exemple : la guerre la plus heureuse est le plus grand fléau des peuples. Autre exemple : Donnezmoi mon plus bel habit.

En latin, en grec et dans beaucoup d'autres langues, le comparatif de supériorité et le superlatif absolu se forment en modifiant la terminaison de l'adjectif. Ainsi l'adjectif latin sapiens , qui veut dire sage, fait au comparatif de supériorité sapientior, plus sage , et au superlatif absolu sapientissimus , tres sage. Nous avons en français u/v certain nombre de comparatifs et de superlatî. qui s'expriment aussi par un seul mol. Ils sof, il formés comme ceux de la langue latine. Ainsi ^ meilleur, moindre, pire, sont des comparatifs ; meilleure^ le comparatif de bon; moindre est le comparatif de petit; pire est celui de mourais. Il existe même un grand nombre d'adjectifs dont l'unique forme usitée est un véritable comparatif; tels sont : supérieur, antérieur, postérieur, inférieur, ultérieur, etc. Il y a également en français beaucoup do superlatifs exprimés par un seul mot; citons, entra autres : extrême, suprême, intime, sirènissime, illustrissime, rèvirentissime, grandissime, généralissime. Ce dernier mot est tout français; le cardinal de Richelieu le créa de son autorité privée en allaut commander les armées de France en Italie. Le vieux français possédait un bien plus grand nombre de comparatifs et de superlatifs s'exprimant par un seul mot. Le mot seigneur est au fond un comparatif, puisqu'il est dérivé du latin tenior, qui veut dire plus vieux. On disait autrefois altitmt pour trirtlevè, saintisms pour tris -saint,

pesme pour très-méchant, et même greignor pour plus grand. En oulre, dan-; noire ancienne orthographe, le très, qui est la nui que la plu* habituell.: du superlatif, ne se séparait pas du radical de l'a ljectif, et formait avec ce radical un mol composé. Pendant fort longtemps, on s'en tout à fait mépris sur l'élymologio du mot très. Henry Eslierine, et bien d'autres auteurs après lui, pensaient (pie très dérivait du latin ter, qui veut dire trois fois, et de fausses analogies les confirmaient dans celle erreur. D'abord, celte signification primitive, attribuée au mot tris rendait les superlatifs français identiques aux superlatifs hébreux ; car, dans langue hébraïque, le superlatif se forme tout simplement en répétant trois fois l'adjectif. Ainsi, au lieu de dire un homme très-bon, on dil en hébreux un homme toi», bon, bon. En outre, on trouve en grec et en latin quelques rares exemples de superlatifs, formés en plaçant devant l'adjectif une particule qui veut dire trois fois. Ces sortes de superlatifs se trouvent surtout dans les poètes comiques. On lit dans Piaule trifur, triple voleur, ter renéficus, triple empoisonneur. Chez les Grecs, le dieu Mercure était surnommé trismhjiste , c'est-à-dire trois fois grand. Il y avait dans tous ces rapprochements quelque ch .se do séduisant ; et bien des grammairiens s'y étaient laissé prendre. Mais telle n'est pas la véritable élymologie du mot très qui provient, co'fime l'a démonlré M. Ampère, de la particule lalinc troiw modifiée en très ou trè, et • qui signifie par-dessus. Celle particule, qui se prèle si naturellement à exprimer l'idée du superlatif, se rencontre encore dans un très-grand nombre de mots, par exemple dans t repenser, tressaillir, cl dans le*» vieux mois français trestous, tressuer. Le premier de ces mots a la même signification que tous, dont il est, en quelque sorte, le superlatif, et il est encore en osage dans plusieurs de nos provinces; le second veut dire suer abondamment, fatiguer, peiner.

Merlette.

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