CONCLUSIONS
I — Nous avons cru intéressant de rapporter ces cas de fièvre jaune larvée ou atténuée, quelques-uns pourront être sans doute discutés, car nous n'avons pas eu la prétention de poser un diagnostic irréfutable.
Cependant vus sur place, ces malaises ou ces courtes maladies, ceux au moins que nous avons pu suivre personnellement, nous ont paru bien caractéristiques : par l’ensemble de leurs symptômes, leur apparition un peu spéciale, leur évolution rapide, et la terminaison brusque suivie d’une convalescence assez lente, troublée de quelques complications bénignes mais quelquefois tenaces.
IL. — Nous n’avons jamais observé le vomissement noir, car les cas ont été heureusement bénins, mais tous les symptômes, que nous avons noté avec soin dans les observations détaillées ou résumées citées plus haut, sont à rapprocher, ensemble et séparément, des observations et faits cliniques classiques concernant la fièvre jaune, larvée ou atténuée.
Nos examens de sang répétés ne nous ont jamais montré d’'hématozoaires, la rate de nos malades est restée sans réaction sensible et nos observations les plus probantes traitent d'Européens nouvellement arrivés. .
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III. — Nous croyons donc que la fièvre jaune existe toujours à l’état endémique au moins à la Martinique.
IV. — Jusqu’à présent on n’a rien fait ou presque rien pour essayer de détruire le moustique responsable de son inoculation.
Cette destruction ne se ferait pas d’ailleurs sans pratiquer en même temps l'assainissement indispen-
sable de la colonie.
V. — Il serait nécessaire de décider ou d’obliger les pouvoirs compétents à prendre enfin les mesures que recommande le souci le plus élémentaire de l’hygiène la plus simple, pour éviter non seulement la fièvre jaune, mais encore toutes les maladies tropi-
cales transmissibles, contagieuses ou parasitaires :
pian, dysenterie, filariose, ankylostomiase, trachome, dermatoses, etc, et les maladies vénériennes dont la propagation n’est nullement réprimée, la lèpre qu'aucune léproserie ne permet d'isoler, la tuberculose aussi répandue et meurtrière qu’en France, etc...
Il est lamentable de constater qu’en 1919, une colonie française est aussi arriérée et que depuis la suppression des gouvernements militaires et l’organisation d’un pouvoir civil local, qui lui a à tenir compte de trop d’influences capables de faire varier ses décisions, tout progrès est suspendu : les routes comme les conduites d’eau de Fort-de-France datent de l’ancienne époque et rien n’a été changé, on entretient à peine ce qui existe.
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