‹ L'Endocardite Maligne à Forme d'Insuffisance AortiqueChapitre 17 sur 48 · ST LEP · texte numérisé non relu

ST LEP

Le 20 septembre, il a dù s’aliter, mais aucune fièvre n’aurait reparu. :

À son entrée à Desgenettes, on constate un œdème très accusé des membres inférieurs, de l’hépatomégalie, un double épanchement pleural, de l’oligurie, de la faiblesse du pouls, de la tachycardie, des bruits cardiaques sourds : c’est le tableau de l’asystolie droite.

Les jours suivants, les signes cliniques, confirmés par l'examen radioscopique, mettent en évidence un épanchement péricardique. L'état général est mauvais. La température est à 38°. Le 13 octobre, on pratique une ponction péricardique (procédé de Marfan) et l’on retire 125 centimètres cubes d’un liquide séro-hématique contenant 80 % de mononucléaires (lymphocytes en majorité), et 20 % de polynucléaires.

Cette ponction détermine dans la journée une crise polyurique (plus de deux litres), qui persiste, si bien que les jours suivants la dyspnée tend à disparaître, les œdèmes diminuent, les épanchements pleuraux ne sont plus perçus.

Mais les œdèmes périphériques restant assez volumineux, on substitue au régime lacté un régime aussi déchloruré que possible, A ce moment, les œdèmes des membres s'effacent presque complètement. La recherche de la chlorurie alimentaire démontre que l’excrétion maxima quotidienne à ce moment ne dépasse pas 8 grammes, L'état général s’améliore et la température redevient normale.

Au 15 février 1923, on note : L’état général est bon, la température régulière. L’aire cardiaque radioscopique est notablement diminuée. Il existe des signes classiques et indiscutables d’insuffisance aortique et mitrale. Le pouls est entre 80 et 90. La tension artérielle est de 135-35 au Riva-Rocci. Le malade accuse de la dyspnée d’effort, mais va et vient, montant les escaliers assez facilement. Les œdèmes des membres inférieurs réapparaissent de temps en temps, surtout si le malade s’écarte d’un régime relativement déchloruré. L’élimination quotidienne du chlorure de sodium est de 11 grammes. Il existe de temps en temps des crises douloureuses précordiales, peu angoissantes, facilement calmées par un demi-centigramme de morphine.

Ce seul traitement institué depuis la ponction péricardique a consisté, en dehors du régime déchloruré, en prises régulières de digitaline à faible dose (quatre jours par semaine), avec, de temps en temps, un peu de théobromine (1 gramme par jour).

A Pâques, le malade a pu quitter l'hôpital ; il a été revu le 4 juillet 1923, dans un état satisfaisant, avec seulement quelques troubles fonctionnels (dyspnée d’effort empêchant tout travail fatigant).

Le malade meurt chez lui, le 22 novembre 1923. La veille de sa mort, il aurait fait à pied, sans incident, deux kilomètres environ, La mort fut presque subite et se serait accompagnée de dyspnée extrême. La survie, depuis la fin des grands accidents infectieux, est donc de dix-huit mois.

OBSERVATION VII {Service du Professeur ROQUE)

Rapportée dans la thèse de Pierre Louis, Lyon 1920 (Observation résumée)

R…. Ernest, 31 ans, soldat au 103° régiment d’infanterie, entre dans le service du Professeur Roque, le 2 avril 1919, . hospitalisé d’urgence pour subasystolie, tachycardie avec battements cardiaques et dyspnée.

Rien de particulier dans les antécédents héréditaires.

Antécédents personnels. — Pleurésie à 11 ans, Classé dans le service auxiliaire pour faiblesse de constitution et mauvaise dentition. Fait deux ans de service militaire et contracte une bronchite, qui dure quinze jours et ne semble pas avoir été grave, Pas d’hémoptysie.

Passe 38 mois au front, sans maladie. Est évacué pour blessures multiples par éclats d’obus et commotion.

Suites immédiates bonnes, mais la première fois que le malade se lève, en septembre 1918, il s’aperçoit qu’il est essouflé. En octobre, sciatique droite et douleurs rhumatoides, sans crise de rhumatisme franc, Le malade prétend

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