‹ L'Endocardite Maligne à Forme d'Insuffisance AortiqueChapitre 23 sur 48 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Essai de pathogénie

La pathogénie de l’endocardite maligne est actuellement bien connue. Sa nature microbienne a été prouvée depuis longtemps à la fois par le résultat des hémocultures et par les constatations nécropsiques. qui ont montré la présence de micro-organismes soit au niveau des valvules, soit au niveau des foyers d’embolie. La reproduction expérimentale de la maladie a été tentée souvent et exécutée avec succès. Les travaux de Rodenbach, de Netter, de Josserand et Roux, de Lesieur, etc., sont devenus classiques. Aussi, la pathogénie de l’affection en général ne nous arrétera-t-elle pas.

Seule l’étude de la forme clinique que nous décrivons attirera davantage notre attention et nous entraînera à émettre diverses considérations et à poser différents problèmes pathogéniques.

Comment la présence de grosses lésions valvulaires ulcéro-végétantes ne s’accompagnera-t-elle ni d’embolies, ni de phénomènes infectieux ?

Faut-il invoquer une virulence microbienne atténuée, la présence de micro-organismes épuisant leur action sur l’appareil valvulaire sans retentissement sur le reste de l’organisme ? La chose pourrait en effet s'expliquer dans une certaine mesure. Les embolies microbiennes semblent assez rares. Les hémocultures sont le plus souvent négatives et, d’autre part, des germes pathogènes n’ont été observés qu’une seule fois dans le tissu rénal. Les lésions rénales que nous décrirons témoignent du reste d’une infection plutôt atténuée. Il semble bien, par conséquent, que l’infection reste presque uniquement localisée à l’appareil valvulaire, mais les grosses lésions que nous observons au niveau de celui-ci sont bien plutôt en faveur . d’une virulence exaltée que d’une virulence atténuée et nous nous expliquons mal avec la malignité de l’agent pathogène la localisation aussi stricte des lésions. Nous saisissons mal pourquoi un foyer infectieux baignant en plein milieu sanguin ne s’accompagne ni d’embolies ni de phénomènes généraux plus accentués.

Sans pouvoir trouver une explication vraisemblable de ces faits, nous restons frappés par cette opposition entre ces délabrements valvulaires considérables qui rappellent ceux des formes septico-pyohémiques et l’absence de toute autre localisation infectieuse, abstraction faite des lésions plutôt discrètes constatées au niveau des reins.

Les phénomènes généraux, les localisations infectieuses à distance faisant défaut et leur absence restant pour nous mystérieuse, l’allure clinique de la

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