FORMES MIXTES
Nous insisterons peu sur la description clinique des formes avec rémissions, dans lesquelles les phénomènes asystoliqu:3 s’amendent pendant une période plus ou moins prolongée. Au cours de ces répits, les malades restent seulement porteurs d’une cardiopathie valvulaire aortique, passagèrement bien tolérée, avec parfois des lésions rénales plus ou moins silencieuses.
Parmi les formes mixtes, nous comprendrons des formes dans lesquelles se superposent au tableau clinique de la cardiopathie valvulaire avec défaillance cardiaque ou insuffisance rénale, des phénomènes infectieux passagers.
Si nous mentionnons en même temps ces deux for-
mes, c’est que, dans deux de nos observations, elles ont paru s'associer. On comprend en effet que dès qu’il s’agit d’une affection prolongée durant des mois ou des années, on puisse observer un véritable polymorphisme symptomatique.
L'observation VI est, à ce point de vue, caractéristique. Elle rapporte le cas d’un homme de 35 ans, atteint d’une double lésion aortique, avec phénomènes asystoliques, état infectieux très marqué au début, hémocultures positives. Ces phénomènes asystoliques résistent au début, puis cèdent au bout de quelques jours à la thérapeutique cardio-tonique. Celle-ci avait d’ailleurs été associée à des injections d’auto-vaccin. Le malade est revu fréquemment. L’état infectieux
s’atténue notablement par la suite et disparaît même
complètement. Seuls apparaissent, pendant certaines. périodes, des symptômes de défaillance cardiaque rapidement jugulés par la digitaline. On croit à la guérison quand, huit mois après le dernier séjour à l'hôpital, la mort survient presque subitement, au milieu d’un accès de dyspnée extrême.
Libman citait récemment, dans une communication à l'Académie de Médecine, des faits analogues. Il a observé des malades chez lesquels la température et les phénomènes infectieux disparaissaient en même temps que l’hémoculture devenait négative. Ils ne présentaient plus que leur cardiopathie valvulaire et ils pouvaient être considérés comme atteints d’endocardite rhumatismale chronique, quand les phénomènes aigus initiaux étaient méconnus.
Un autre de nos malades (Obs. VIT) évolue comme un cardiaque pendant sept mois, traversant tour à tour des périodes de rémission et d’aggravation. Les phénomènes septicémiques n’apparaissent que dans les deux dernières semaines, alors que l’autopsie permet de fixer aux végétations un début bien antérieur.