‹ L'Endocardite Maligne à Forme d'Insuffisance AortiqueChapitre 45 sur 48 · CHAPITRE VIN · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIN

Pronostic

Les diverses observations que nous rapportons ne nous ont jamais permis de constater de guérison. Tout au plus, citons-nous un cas avec rémission pro- Jongée (Obs. VD. Tous nos malades ont succomhé soit à l’insuffisance cardiaque, soit à l'insuffisance rénale. Les premiers sont morts lentement, au milieu des symptômes d’une asystolie prolongée. Cette évolution a parfois été raccourcie par une poussée subite d’œdème aigu, avec sa symptomatologie classique. Cet accident survenait, en général, chez des malades ayant présenté antérieurement des phénomènes de congestion pulmonaire chronique, avec râles d’œdème. I1 semble qu'il y ait, dans certains cas, une corrélation entre l'intensité des lésions anatomiques, la rapidité de leur évolution et la brusquerie de linsuffisance ventriculaire gauche. Dans üne de nos observations, l’autopsie révélait une insuffisance aortique énorme, avec végétations volumineuses, voisinant

avec des ulcérations étendues, toutes lésions semblant s'être édifiées rapidement. Le malade était mort assez brusquement, au cours d’un accès d’œdème aigu. Nous rapprocherons de ce cas l’observation de MM. Hanpns et Masson, de Strasbourg, dont nous avons déjà parlé précédemment. La terminaison rapide, douze jours après le début, par des symptômes d’insuffisance ventriculaire gauche, nous paraît également attribuable aux grosses lésions sigmoïdiennes qui semblaient s’être constituées en un temps trop court pour permettre une adaptation suffisante du ventricule gauche. ,

Par contre, bien souvent, le muscle cardiaque réagit mieux et ce sont les phénomènes azotémiques qui dominent la scène terminale. S'agit-il d’une rétention azotée en rapport seulement avec l’oligurie d’origine cardiaque ? S'agit-il, au contraire, d’une imperméabilité rénale sous la dépendance d’altérations histologiques ? Les lésions que nous avons décrites au chapitre de l’anatomie pathologique sont, le plus souvent, en faveur de la seconde hypothèse. Nous avons, en effet, rencontré le plus habituellement une inflammation subaiguë, des lésions de glomérulonéphrite d’un caractère plus particulier, des cicatrices d’infarctus ou même des infarctus plus récents: et alors, nous voyons succomber nos malades au milieu des symptômes de l'insuffisance rénale : obnubilation et somnolence, ou, au contraire, agitation et délire, secousses musculaires, irrégularités respiratoires, myosis, coma terminal. Pendant cette dernière période, le taux de l’urée sanguine atteint parfois un

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