‹ L'Endoscopie Directe du Larynx, de la Trachée et des Bronches: Technique, Indications et RésultatsChapitre 12 sur 81 · RS · texte numérisé non relu

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tent peut-être lavantage de moins incommoder le malade, mais ils ont l'inconvénient d'exiger, pour être efficaces, l'emploi d'une solution forte de cocaïne et, de plus, il est difficile de localiser l'action du toxique. D'autre part, le badigeonnage de la muqueuse facilite la rapidité d'action et la pénétration de la cocaïne. Donc, en pratique, il vaut mieux avoir recours au porte-coton.

Il ne faudra pas oublier que l'application larga manu de solutions fortes de cocaïne n’est pas sans danger, surtout chez les enfants, et notre but sera d'obtenir une insensibilisation suffisante avec un minimum de cet anesthésique. Cette épargne de médicament nous permettra ‘de faire sans grand risque des badigeonnages répétés au cours d'un examen un peu long. On se sert de solutions de cocaïne variant de 5 à 20 p. 100. Il sera prudent de ne pas dépasser ce laux. ù

L'addition de l'adrénaline renforce l'action de la cocaïne et en prolonge la durée. Brünings préconise une solution de 10 parties de cocaïne {solution à 1 p. 10) et 1 partie d’adrénaline {solution à Ï p. 1000).

Le badigeonnage peut. être exécuté soil à l'aide d’un porte-coton recourbé, soit avec la seringue-pinceau de Brünings: La seringue est graduée et on peut ainsi se rendre compte de la quantité de cocaïne utilisée; la tige du porte-coton est creuse, deux petits orifices à son extrémité permettent d'imbiber le tampon après chaque badigeonnage.

L'insensibilisation peut se faire, soit sous le contrôle du miroir laryngoscopique, soit sous la protection du doigt repérant le larynx comme pour lé tubage, soit en se servant d'une spatule pré-laryngienne déprimant la base de la langue et permettant de voir. l'épiglotte et l'entrée du larynx.

| Oo Dans le service de M. le professeur Mouret, nous nous servons d'un porte-ouate recourbé et d'une solution de cocaïne au 1/15 adrénalinée. Nous badigeonnons . matiquement le pharynx, la base de la langue, puis l'épiglotte et le larynx. M. Mouret recommande de ne pas, se contenter d'un simple altouchement, mais de frotter Ja muqueuse avec le tampon d’ ouate. Dans ces conditions, la cocaïne pénètre mieux et la durée de l’'insensibilisation est plus longue. Dans un pelit godet, on verse quelques gouttes de la solution de cocaïne et on imbibe le porte-coton. On insensibilise le pharynx et la base de la langue ; puis le pinceau, à nouveau imprégné de cocaïne, est porté, sous le contrôle du miroir, à l'entrée du larynx. On badigeonne rapidement ; le malade réagit par une secousse de toux, nous relirons aussitôt le porteouate; nous le retrempons dans notre solution de cocaïne, lout en l’exprimant sur les bords du godet ou même avec une gaze aseptique s'il est par trop chargé de mucosités. Le ul intervalle qui s’est écoulé a permis à la cocaine de commencer à produire son effet; aussi, le plus souvent, le patient, à qui nous recommandons de respirer largement, supporte déjà mieux le contact de l'instrument et on peut entreprendre un badigeonnage systématique, toujours sous le contrôle du miroir, de toute la muqueuse laryngienne, sans oublier de porter le Lampon au-dessous des cordes vocales, dans la région sous-glottique. Huit à dix minutes et XX à XXX gouttes de la solution au 1/15 permettent d'obtenir une insensibilisation suffisante. m.

Nous n'insisterons pas sur la cocaïnisation du larynx, le doigt servant de guide au porte-ouate : cette manœusvre pourra rendre des services aux chirurgiens non laryngologues, mais plutôt que d'employer cette méthode

aveugle, ils feront mieux de se servir de la spatule pré-. laryngienne et de cocaïniser le larynx après avoir déjà anesthésie le pharynx et la base de la langue.

Insensibilisation de la trachée el des bronches

La muqueuse de la trachée et des bronches est moins sensible que la muqueuse laryngienne. Il conviendra néanmoins de l’anesthésier, surtout s’il existe de linflammation, comme c’est la règle dans les cas de corps étrangers et du plus grand nombre des lésions respiratoires que l’on est appelé à examiner par la bronchoscopie. Pour obtenir cette insensibilisation, un porte-coton droit, imbibé de cocaïne, sera introduit à travers le tube endoscopique et l’on badigeonnera la muqueuse au-dessous de lui au fur et à mesure qu'on avancera dans la profondeur. La bifurcation dela trachée et l'entrée des deux bronches sont quelquefois le siège de réflexes de toux ; il faudra avoir soin de bien les insensibiliser.

S'il existe une lésion inflammatoire, déterminée, par exemple, par le séjour d'un corps étranger, on portera le pinceau sur la muqueuse dans son voisinage immé:diat. Ce faisant, on évitera des quintes de toux, pénibles pour le patient et gènantes pour lopérateur, et l’action vaso-constrictrice de la cocaïne fera rétracter les tissus hyperémiés, œdémaliés ou bourgeonnants. Le corps étranger sera ainsi plus facile à mobiliser.

Au lieu d'employer un porte-coton, certains auteurs recommandent un spray à l’aide duquel on pulvérise la cocaïne.

Chez quelques malades, particulièrement sensibles et

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calarrheux, la cocaïne ne suffit pas à abolir les se ES contact du tube amène des quintes de toux suivies d’ expectoration plus ou moins abondante. Dans ce cas,

on se trouvera bien de l'usage de la morphine-stropne pour-les adulles, de la codéine pour les enfants. I

faudra avoir soin d'examiner le malade à jeun. Nous

n'oublierons*pas, non plus, de faire appel à la' patience

et à la constance du malade que nous entraînerons peu à peu à supporter le contact de Pinstrument. re

Deux à trois grammes de bromure pendant quelques

jours, avant l'examen, et des badigeonnages de la gorge, exécutés par le patient Jui-même aussi profondément qu'il le pourra, faciliteront notre tâche.

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