II. — Position du malade
Le malade peut être examiné :
1° En position couchée ; 2 En position assise.
(1) Brünings, loc. cit.
- 1° Position couchée
bronchoscopie chez les enfants ou chez les sujets timorés qui réclament la narcose, peut se faire en employant : A.— Le décubitus dorsal.
B. — Le décubitus latéral. LS C. — Le décubitus ventral. =
A. — DÉCuBITUS poRSAL. — La plupart des auteurs le choisissent. Le malade est couché sur une table d’opération assez élevée pour que le médecin puisse être assis sur un pelit tabouret tout en regardant aisément dans le tube. La tête est pendante au bord de la table et sou-
tenue par un aide (position de Rose). Cette position,
que connaissent tous les chirurgiens, n'exige pas une description plus détaillée. | à
L'introduction du tube n’est pas loujours facile ‘dans le décubitus dorsal. Les diflicultés que l’on éprouve à pénétrer dans le larynx peuvent être imputées aux causes suivantes :
a) L'extension de la tête est ordinairement exagérée. La tête pendant librement au bord de la table est en hyperextension. Au début de l'emploi des méthodes directes, on conseillait, pour la laryngoscopie et l'œsophagobronchoscopie, lPextension forcée de la tête. On trouve reproduite un peu partout celle opinion qui avait même pris la valeur d’un dogme : « La tête, fortement renver-
La position couchée, que Len recommande Aou Ho
sée en arrière... est la position de choix pour l’exploration de la trachée. » (Guisez, (1). 3 |
Peu à peu, cependant, on à fini par remarquer les inconvénients de cette attitude. Brünings, dans son ouvrage (p. 190), écrit ce qui suit : | |
«Il faut éviter une extension forcée de la tête qui doit, au contraire, rester facilement mobilisable. Par des mesures exactes de la pression autoscopique (à l'aide d'un dynamomètre fixé à la poignée de l'électroscope), Jai trouvé que, pour chaque patient chez qui on augmente peu à peu l'extension, il y a une position optima pour la facilité de l’autoscopie, et cette position, très souvent, est bien éloignée de l'extension maxima dans laquelle le larynx est comprimé par la colonne vertébrale rendue lordotique et devient une fente aplatie avec des parois très étirées. »
Von Eicken dit que le palient doit étendre légèrement la tête en arrière.
Killian, dans son article sur la Schwebe-Laryngoskopie, fait remarquer qu'au début on exagérait la déflexion de la tête.
Nous avons employé, nous aussi, la position classique, — tête en extension forcée où défléchie, — et nous avons souvent éprouvé des difficultés pour l’introductione du tube.
Nous avions de la peine à bien repérer toute l'entrée du larynx, car la déflexion forcée de Ia colonne cervicale faisait une courbure à convexité antérieure par suite de laquelle le larynx se portail encore
(1) Guisez. — Trachéo-bronchoscopie et œsophagoscopie (Paris,
plus en avant, ce qui nan son accès particulièrement difficile. Brünings avait déjà remarqué cet inconvénient,
et imaginé, pour y remédier, son « contre- presseur »
dont nous aurons l’occasion de reparler. | ces
b) Le corps du patient, étendu surla fable, né peut. pas être facilement mobilisé pour les besoins de lexamen. D'ailleurs, on ne s'occupe que de la position de la tête et du cou, on cherche à redresser l'angle buccopharyngien en défléchissañt la tête, et l'on ne tient pas compte de l'attitude du tronc qui, comme. nous le verrons tout à l'heure, joue un rôle très important.
c) Dans le décubitus dorsal, les rapports topographique sont changés. Il faut avoir une très grande habitude pour arriver à bien voir le larynx dans cette position. De plus, l'attitude qu'est obligé de prendre l'opérateur, afin de soutenir la poignée du tube, est très incommode et permet difficilement d'exercer une pression suffisante pour le refoulement des parties” molles. |
d) Si nous avons affaire à un malade salivant beaucoup ou ayant des sécrélions abondantes dans les bronches, la position couchée sur le dos ne facilite pas l’expectoration.
s e) Les personnes âgées supportent mal le décubitus dorsal, Ja tête pendante. D'autre part, si l’on traite des ‘vieillards athéromateux, les risques d'hémorragie cérébrale contre-indiquent la position de Rose
B. — DÉCUBITUS LATÉRAL. — On peut employer soit le décubitus latéral droit, soit le décubitus latéral gauche. Le malade est allongé sur la table, l’un des côtés reposant directement; le corps est placé en position reclligne, la jambe qui touche la table est étendue, l'au-
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tre légèrement repliée. C’est ainsi que Mickuliez plaçait les malades qu'il soumettait à une æsophagoscopie. La tête est maintenue en extension par un aide. Cette altitude du patient rend l'examen plus aisé que la précédehñte, surtout pour qui a l'habitude de l'introduction
du tube en posilion assise. Elle est mieux supportée par les malades, l'expectoralion est moins difficile, la. respiralion se fait mieux. Cependant, la position ainsi donnée au patient est loin de présenter le maximum de commodité. M. le professeur Mouret avait, dès le début, préféré, pour les examens œsophagoscopiques ou bronchoscopiques, le décubilus latéral droit. IF n'était pourtant pas entièrement satisfait el remarquait que la position rectiligne du lronc et des jambes du patient couché sur la table était fort génante pour lopérateur : l'entrée du larynx élait difficilement accessible et le malade portait ses épaules en arrière sous l’influence de l'extension forcée de la têle:; si l'aide maintenait les épaules, le bassin fuyait en avant; la position primitive devenait vicieuse dans lun et l'autre cas, et l'introduction du tube n'était plus possible. Cette constatation a amené M. le professeur Mouret à faire coucher le patient obliquement sur la Llable, le bassin ramené fortement en arrière, et maintenu par un aide près du bord postérieur de la table, la poitrine poussée au niveau du bord antérieur (Îf) par le coude gauche de l'aide qui soutient la tête avec sa main droite. L'axe du corps n'est plus placé suivant l'axe longitudinal de la table, mais fait un angle avec celui-
(1j Nous entendons par bord antérieur celui qui est situé du côlé
de la parlie antérieure du corps du malace,
à HONTE ÿ
Bronchoscopie en position latérale de M. le professeur Mouret.